30 secondes qui ont fait mal au Canadien
Rafaël Harvey-Pinard se blesse et les Stars marquent deux fois

Dave Lévesque
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C’est fou ce qu’une séquence de 30 secondes peut avoir comme effet sur un match. Dans le cas qui nous intéresse, elle est survenue en deuxième période.
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Ce sont ces 30 petites secondes qui ont fait la différence dans la défaite du Canadien par la marque de 3 à 2 contre les Stars de Dallas.
Ça s’est passé après moins de quatre minutes alors que le Canadien menait 1 à 0 à la suite d’un but de Nick Suzuki en tout début de période. Rafaël Harvey-Pinard s’est alors blessé au bas du corps en entrant en collision avec Joel Armia.
Pendant qu’il rampait sur la glace vers le banc des siens, Thomas Harley créait l’égalité et 24 secondes plus tard, Tyler Seguin, le premier de ses deux buts dans la période pour donner l’avance aux Stars, une avance qu’ils n’ont jamais perdue ensuite.
Pas d’impact
Ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais les joueurs du Canadien ont paru sonnés pendant quelques instants à la suite de la blessure d’Harvey-Pinard, qui revenait à peine d’une longue absence en raison d’une autre blessure au bas du corps.
«Je ne pense pas qu’ils avaient la tête ailleurs, a soutenu Martin St-Louis. On a surtout manqué d’engagement défensivement dans notre zone en deuxième période. Aussitôt qu’on récupérait une rondelle, ils revenaient sur nous et il faut être engagé pour s’en sortir.»
Pendant que Samuel Montembault confiait qu’il ne s’est rendu compte que plus tard que Harvey-Pinard n’y était plus, Juraj Slafkovsky abondait dans le même sens que St-Louis en mentionnant que la séquence n’a pas dérangé l’équipe.
«Je ne pense pas que ça nous a distraits, ils ont bien joué et ils ont marqué deux buts. Nous avons eu plein de chances pour revenir, mais ça ne s’est pas produit.»
Rythme cassé
Le Canadien n’a pas écopé de beaucoup de pénalités dans la rencontre, mais ce fut suffisant pour affecter la suite des choses. La punition de quatre minutes pour bâton élevé décernée à Jake Evans en fin de rencontre a particulièrement fait mal.
«On a joué un assez bon match, il y a certains événements sur lesquels on n’a pas de contrôle, mais on ne peut pas prendre autant de pénalités, a insisté Slafkovsky. Ça casse le rythme et avec six minutes à jouer, c’est difficile.»
Montembault, qui a été impérial avec 36 arrêts, a de son côté expliqué que l’utilisation différente des joueurs sur les unités spéciales affectait aussi l’allure du match.
«C’est dur de trouver un rythme parce qu’il y a des gars qui jouent plus souvent et d’autres qui restent sur le banc.»
Des occasions
Le Bleu-Blanc-Rouge a peut-être accordé 21 tirs aux Stars en deuxième période, celle où les visiteurs ont inscrit leurs trois buts, mais il a joué un match assez correct autrement.
«En première, on a joué une maudite bonne période et on n’a pas été capables d’aller chercher un but et ça aurait été le fun parce qu’on a eu de bonnes chances», a déploré Martin St-Louis.
«Ils nous ont fait mal en deuxième, on est allés chercher un gros but en fin de deuxième et on a joué une bonne troisième», a ajouté St-Louis.
Montembault a surtout fait remarquer que les Stars ont bien joué leur style de jeu.
«C’est une équipe qui amène beaucoup de tirs de la pointe, mais après, ils amènent la rondelle derrière le but et essaient de trouver un gars au milieu pour frapper. On l’a vu sur le deuxième but de Seguin.
«C’est une équipe qui est bonne devant le but avec un gars comme [Joe] Pavelski qui prend des retours. C’est à nous de prendre nos gars. En avantage numérique, on a fait de bons ajustements.»
Ça clique
L’avantage numérique n’a pas produit de but en quatre occasions, mais le Canadien a connu de bons moments avec un homme en plus.
«Ça commence à cliquer, a reconnu Mike Matheson, qui a récolté deux passes. On regarde le match et on a eu des chances de marquer, nous avons généré beaucoup de chances et c’est un peu frustrant de savoir qu’on est passés près d’avoir un impact positif sur le match.»
On se demande cependant s’il faut s’inquiéter du fait que le premier trio de Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky traîne l’équipe sur ses épaules offensivement. Ensemble, ils ont participé à 13 des 16 derniers buts de l’équipe. Contre les Stars, Suzuki a récolté un but et une passe pour un total de 10 points à ses six derniers matchs. Avec une passe, Caufield a porté à 11 sa séquence de matchs avec au moins un point, et Slafkovsky a inscrit l’autre but de l’équipe.
Il va falloir que les trois autres trouvent des façons de délester un peu de pressions sur les épaules des trois compères qui en font beaucoup ces temps-ci.
«C’est un défi et je ne sais pas si on va avoir les réponses tout de suite. C’est du jonglage et on va travailler là-dessus», a simplement mentionné Martin St-Louis.