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«2% de logements sociaux, c’est une blague»: Verdun face à une crise de l’itinérance sans précédent

Photo portrait de Axel  Tardieu

Axel Tardieu

2024-09-06T21:00:00Z

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La crise de l’itinérance frappe fort à Verdun. Cet arrondissement de Montréal connaît une année record en démantèlements de campements. Le comité logement local demande plus de logements sociaux.

Pour la première fois de sa vie, Nathalie, 58 ans, est à la rue. Ça fait trois mois que cette ancienne employée de l’industrie du textile vit dans une tente face au fleuve Saint-Laurent. Cette Verdunoise est partie de chez elle à cause d’un conflit familial.

«Ça a mal tourné à la maison pour l’été et je n’ai pas les moyens d’aller dans un motel à 100$ par jour», explique Nathalie, assise sous sa toile.

Nathalie lit le journal sur son campement le 4 septembre.
Nathalie lit le journal sur son campement le 4 septembre. Photo Axel Tardieu

Elle se lave dans le fleuve «avec les canards» et cuisine sur place des aliments qu’elle achète, «toujours en promotion», à l’épicerie du coin.

La cohabitation avec les autres sans-abri et les riverains est bonne, selon celle qui assure pouvoir retourner chez elle d’ici octobre.

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La misère humaine

À Verdun, ces abris de fortune sont éparpillés un peu partout. Au moins sept campements ont été démantelés cet été, selon l’arrondissement, qui admet par courriel que le problème n’a jamais été aussi grave.

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Pour éviter les démantèlements, les sans-abri s’installent dans un endroit isolé.
Pour éviter les démantèlements, les sans-abri s’installent dans un endroit isolé. Photo Axel Tardieu

Jocelyn Favreau, un riverain, fait le même constat. «Cet été, j’ai vu la misère humaine», avoue ce retraité de 71 ans qui habite dans un condo face au fleuve.

En 20 ans, c’est la première fois qu’il remarque que le paysage change autant. L’itinérance n’est plus seulement près des stations de métro De L’Église ou Verdun. Elle est devant chez lui. Un campement installé pendant trois semaines vient d’être démantelé.

«Je suis triste pour eux, dit-il. Il faut que ces gens habitent quelque part. Ces toiles ne me dérangent pas tant que c’est habité par des gens civilisés.»

Jocelyn Favreau observe l’espace public devant son jardin le 4 septembre.
Jocelyn Favreau observe l’espace public devant son jardin le 4 septembre. Photo Axel Tardieu

Ses voisins ont dû appeler le 911 plusieurs fois à cause d’une femme qui criait sans cesse en pleine nuit.

«Des voisins dormaient les fenêtres fermées. Je ne me sentais pas en sécurité», explique Jocelyn Favreau. Il espère que les autorités vont aider ces personnes en situation d’itinérance.

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Cohabitation difficile

La hausse de l’itinérance qui frappe ce quartier qui s’embourgeoise donne plus de travail aux associations qui aident les personnes en situation d’itinérance. Les interventions auprès de personnes en situation d’itinérance ont augmenté de 40% en seulement un an à l’organisme TRAC.

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Yannick St-Onge est travailleur de milieu à Montréal depuis dix ans.
Yannick St-Onge est travailleur de milieu à Montréal depuis dix ans.

Pour Yannick St-Onge, travailleur de milieu pour le TRAC, la situation empire à cause de la crise du logement et de la fermeture du Service d’hébergement d’urgence (SHU) Gordon, le 31 juillet, qui offrait 50 lits chaque soir.

«La cohabitation est difficile, constate-t-il. Les gens sont plus impatients et intolérants envers les personnes en précarité. La situation est décourageante, mais je ne suis pas découragé.»

• À lire aussi: Projet d’habitations modulaires: «Sortons les gens de la rue pour qu’ils ne soient pas dans des tentes»

2% de logements sociaux

Il n’existe qu’une seule solution, selon le Comité d’action des citoyennes et citoyens de Verdun (CACV): la construction de logements sociaux.

«Juste à côté de nous, [le quartier de] Pointe-Saint-Charles a 30% de logements sociaux. Nous, on en a seulement 2%, c’est une blague», décrit Lyn O’Donnell, intervenante au CACV.

Verdun a donc quatre fois moins de logements sociaux que la moyenne à Montréal, dont le parc locatif compte 12% de logements sociaux, selon des données du FRAPRU.

Les 15 et 16 septembre, le CACV et d’autres comités logement manifesteront devant les bureaux de François Legault, à Québec, pour exiger plus d’investissements.

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