Forcé de vivre dans une tente: un couple de Montréalais rêve d'avoir «un toit sur la tête»
Itinérants depuis deux ans, ils ont peur de ne pas réussir à se sortir de la rue


Clara Loiseau
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Un couple ensemble depuis 17 ans et à la rue depuis 2 ans a dû se résigner à planter leur tente dans un parc montréalais et craint de ne jamais réussir à en sortir tellement les logements sont hors de prix.
«Tout ce que je veux, c’est avoir un petit appartement pour être en sécurité avec ma femme, avoir un toit sur la tête, une télé et peut-être un chien un jour», laisse tomber Stéphane Savoie, avant de sécher quelques larmes.
Depuis six mois, cet homme de 57 ans a construit un abri de fortune au parc Arthur-Therrien, dans Verdun, à Montréal. S’il s’est installé là, c’est pour être proche de sa femme, Valérie Rivard, qui est hospitalisée juste à côté à l’hôpital de Verdun.

«La journée, dès que je peux sortir, je viens le rejoindre ici pour passer du temps avec lui», raconte la femme de 48 ans, qui sort chaque jour avec son cathéter dans le bras et qui recommence à marcher depuis dix jours.
«On a besoin d’être ensemble, c’est comme ça qu’on tient», ajoute M. Savoie.
Dans la misère plutôt que d’être séparés
Ensemble depuis 17 ans, il était inconcevable pour le couple itinérant depuis deux ans, de rester loin l’un de l’autre.
«Tous les matins, je lui apporte mon déjeuner de l’hôpital et lui amène du café. On partage tous nos repas comme ça», explique celle qui est soignée pour des ulcères à la colonne vertébrale.
Évidemment, l’itinérance est loin d’être un choix pour ce couple qui vivait depuis deux dans des refuges, et dernièrement à l’Hôtel-Dieu, avant de se retrouver à la rue.
«C’est difficile, ce n’est pas sécuritaire. J’ai déjà eu quelqu’un qui est venu fouiller dans mes affaires en pleine nuit. On n’est pas à l’abri de rien», explique le menuisier qui avoue avoir fait plusieurs années de prison pour des magouilles.
Même si elle a hâte de sortir de l’hôpital, Mme Rivard anticipe déjà la suite.
«J’ai déjà peur de me retrouver de nouveau à la rue quand je vais finir ma convalescence», confie-t-elle.
Des appartements trop chers
Il y a deux ans, Valérie et Stéphane se sont retrouvés pour la première fois dehors après avoir été mis à la porte par une personne qui les logeait en échange de travaux.
«Nous on peut payer maximum 1000$, on n’a pas de bon crédit, moi j’ai des antécédents, donc je sais que les gens ne veulent pas de nous. On espère juste qu’un jour quelqu’un va nous laisser notre chance», poursuit M. Savoie.
Ce qu’il craint le plus, c’est l’hiver qui arrive, mais aussi de rester des années à vivre comme ça.

«Quand on va s’en sortir, je veux reprendre des études et devenir infographiste», explique Valérie Simard, qui était préposée aux bénéficiaires.
Comme eux, plusieurs autres personnes en situation d’itinérance ont érigé leur tente dans le parc, plus loin.
«Je sais que les autorités sont plus susceptibles de démanteler les camps plus gros, alors je préfère rester tout seul, à l’écart», indique l’homme de 57 ans.
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