15 heures de route et plusieurs sacrifices: les pee-wee des Îles-de-la-Madeleine sont les plus grands «tripeux de hockey»


Stéphane Cadorette
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On s’imagine souvent que les équipes qui doivent se fendre en huit pour assurer leur présence au Tournoi de hockey pee-wee de Québec sont celles qui viennent de l’autre bout du monde. Pourtant, c’est peut-être à une équipe bien de chez nous que revient la palme du dévouement pour y arriver.
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Pour l’Escouade des Îles-de-la-Madeleine, en classe AA, c’est toute une épopée que de participer au plus célèbre tournoi pee-wee au monde, au Centre Vidéotron.
Entraîneure de la formation, Kimberly Thériault évoque un budget de 50 000 dollars pour déplacer l’équipe. Et dans le contexte économique actuel, même les paysages magiques des Îles ne proposent pas d’arbres dans lesquels l’argent pousse.
C’est pourquoi, afin d’assurer une cinquième présence seulement depuis 2000, l’organisation n’a reculé devant rien.

Nombreux moitié-moitié dans les matchs seniors sur le territoire des Îles les vendredis soirs, billets de tirage à vendre par l’Association de hockey mineur, week-ends d’emballage dans les épiceries, ramassage de cannettes, organisation d’un pool de hockey pour la Confrontation des 4 nations et encan avec artéfacts offerts par le natif des Îles-de-la-Madeleine et porte-couleurs du Rocket de Laval Vincent Arseneau...
Tous les moyens sont bons pour aider à couvrir les frais de voyage des joueurs, tandis que les familles doivent débourser de leur poche pour accompagner les jeunes.
Rien pour freiner les ardeurs des Madelinots!
«Il y a plein de familles des Îles qui n’ont pas d’enfant qui joue et qui se déplacent quand même à Québec.
«Mon conjoint et moi sommes entraîneurs et on a des enfants, mais pas dans l’équipe. Mes parents viennent quand même, tout comme des oncles et des tantes et personne là-dedans n’a d’enfant dans l’équipe. On est juste des tripeux de hockey!» résume parfaitement Kimberly Thériault.
- Voici la réaction des joueurs de l'Escouade des Îles-de-la-Madeleine lorsqu'ils apprennent qu'ils participeront au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec:
La patience est de mise
Pour se rendre à Québec, les plus chanceux sautent dans l’avion pour un vol de trois heures. Les autres se tapent cinq heures de bateau et 10 autres heures sur la route. Mme Thériault et son conjoint transportent une quinzaine de personnes dans un minibus qui permet ensuite des déplacements en ville.
L’entraîneuse s’attendait, au moment de l’entretien, à ce que près de 400 Madelinots envahissent le Centre Vidéotron.
«C’est clair qu’il y a beaucoup de vacances familiales qui vont passer dans le tournoi. Je pense que par famille, ça va monter autour de 10 000$. Ça coûte plus cher que d’aller dans le Sud, ça, c’est certain! On va être bruyants», ricane-t-elle de bon cœur.
Une histoire d’amour
Il faut dire que chez les Thériault comme dans bien d’autres familles des Îles, le tournoi de Québec représente un événement immanquable.
«Mon conjoint a joué au Tournoi pee-wee de Québec en 2001. Moi, je n’ai jamais eu la chance d’y aller, mais j’ai assisté à toutes les éditions où les Îles envoyaient une équipe.
«Mon conjoint m’a raconté qu’avant de sauter sur la glace [du Colisée] à l’époque, il avait vomi tellement le stress était énorme. On a de beaux arénas ici, mais c’est incomparable à ce que les jeunes peuvent vivre à Québec», raconte celle qui a joué au Cégep Lionel-Groulx, à Stanstead College et à l’Université de Moncton.
Une belle expérience

Tout ce dévouement des parents et entraîneurs, c’est évidemment dans l’unique but que les jeunes vivent une expérience inoubliable.
«On aime ça parce que les Îles se mobilisent toujours pour les gens de chez nous. On voulait vraiment faire vivre ça aux jeunes. On est super contents. Contrairement aux équipes de Québec et de Montréal qui vont beaucoup jouer à l’extérieur, ici, on parle toujours des mêmes joueurs qui s’affrontent. Ça va leur faire vivre une superbe expérience», se réjouit Kimberly Thériault.
L’Escouade amorcera son tournoi le 14 février contre le Frontenac de Québec Nord-Est.