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10 moments marquants entourant le match Ohio State c. Michigan

Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2023-11-26T22:30:00Z

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ANN ARBOR, Michigan | Que de belles rencontres, d’anecdotes cocasses et de moments émouvants ont rendu ma journée à Ann Arbor inoubliable dans le cadre du duel annuel baptisé «The Game» entre les puissances du football universitaire de la NCAA que sont les universités du Michigan et d’Ohio State! En voici 10 qui ont marqué ce séjour dans l’épicentre de cette intense rivalité.

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1. Une petite Bleue entre Canadiens
Stephane Cadorette
Stephane Cadorette

En me promenant à travers les innombrables espaces réservés au tailgates tous plus festifs les uns que les autres, mon regard s’est porté sur un drapeau canadien perché sur une tente bleue aux couleurs des Wolverines. Je me suis présenté et sans broncher, on m’a mis une cannette de Labatt Bleue dans une main, comme si c’était un prérequis avant d’entamer toute discussion qui se respecte. Je ne m’attendais pas à boire une Bleue entre Canadiens errants, mais on ne sait jamais, dans la vie, où le devoir nous mène et il faut démontrer professionnalisme et accepter l’offrande dans de telles circonstances. Les joyeux lurons avaient quitté Windsor, en Ontario, à 5h le matin pour le trajet d’une quarantaine de minutes, comme ils le font pour chaque match local.

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2. Du Nebraska au Michigan en Party Bus
C’est avec ce Party Bus que Roger Hale s’installe un peu partout avant les matchs de l’Université du Michigan.
C’est avec ce Party Bus que Roger Hale s’installe un peu partout avant les matchs de l’Université du Michigan. Stephane Cadorette

Difficile, dans la section des tailgates sur le golf d’Ann Arbor, de manquer un petit autobus décoré en l’honneur des Wolverines et qui regorge de mots pas très tendres à l’endroit des ennemis jurés, les Buckeyes d’Ohio State. L’homme derrière ce bijou de véhicule se nomme Roger Hale. En me présentant son «Party Bus», il m’explique qu’il habite au Nebraska, à une douzaine d’heures de route. Il a toujours eu un faible pour l’Université du Michigan et suit l’équipe partout à bord de son autobus unique depuis 12 ans. «C’est du temps, c’est de l’argent, mais j’ai rencontré des gens qui sont devenus des amis pour la vie. C’est surtout le cas ici où, à chaque match, le groupe grandit, grandit et grandit. Ce que je gagne, c’est une camaraderie que je ne trouverais nulle part ailleurs», m’a dit ce vrai Roger Bon-temps en m’invitant à goûter un délectable chili fort épicé.

Stephane Cadorette
Stephane Cadorette
3. Des billets de saison... à 13$!
Bob Spencer s’est fait plaisir récemment en retapant sa vieille grange aux couleurs de l’Université du Michigan.
Bob Spencer s’est fait plaisir récemment en retapant sa vieille grange aux couleurs de l’Université du Michigan. PHOTO FOURNIE PAR BOB SPENCER

Une autre agréable conversationn a été celle avec Bob Spencer, qui adule les Wolverines du Michigan depuis toujours. Il célébrait en quelque sorte son 50e anniversaire à titre de détenteur de deux billets de saison, qu’il s’est procuré jadis, en 1973, pour un grand total de 26$! «Quand je regarde ça, je me dis que j’ai fait un bon deal!», lance-t-il en rigolant. Loquace, il ajoute au passage que l’un de ses récents projets a été de retaper complètement la vieille grange sur son terrain aux couleurs des Wolverines. «Il fallait que je le rénove et tant qu’à y être, j’ai convaincu ma femme que c’était une bonne idée de la repeindre en bleu et jaune. J’y range tous mes outils. C’est là où je fais mes plantations en vue du printemps. Elle paraît très bien et m’apporte de la joie». Pour lui comme pour plusieurs partisans, le bonheur est dans les Wolverines!

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4. Des partisans hospitaliers
Stephane Cadorette
Stephane Cadorette

Plusieurs partisans des Wolverines rencontrés semblaient s’amuser de bon cœur avec ceux du clan rival. Il faut dire que les gens du Michigan ont la réputation d’être accueillants et peu enclins aux conflits. Selon leurs dires, l’environnement à Columbus, sur le campus de l’Université d’Ohio State, est beaucoup plus hostile. «J’y suis allé une fois, je n’y retournerai jamais», ont répété unanimement les différents partisans rencontrés. L’un d’entre eux, Markus Henne, n’y est pas allé de main morte. «Ils sont là à nous encercler en hurlant O-H-I-O! Je suis surpris qu’ils sachent épeler un mot de quatre lettres», a lâché le vilain garnement.

5. Faites comme chez vous!
Il n’est pas rare de voir que les cours de résidences privées soient utilisées pour le plaisir du tailgate.
Il n’est pas rare de voir que les cours de résidences privées soient utilisées pour le plaisir du tailgate. Stephane Cadorette

Si l’idée de festoyer durant l’avant-match sur un terrain de golf ne vous attire pas, sachez qu’il y a plein d’autres endroits. Plusieurs cours de petites maisons situées dans les rues avoisinant le stade se retrouvent d’ailleurs remplies d’adeptes de tailgates bien arrosés. Quand les pelouses ne sont pas pleines de gens, elles peuvent servir de stationnement. Il faut dire que les espaces de stationnement «officiels» sont souvent disponibles au-delà de 200$ sur les sites de revente. Dans leur cour, les résidents font signe aux gens de se stationner, souvent pour la somme de 80$, et les invitent à rester sur place.

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6. Profanités interdites
Cette partisane de Michigan n’aurait pas été admise dans le stade sans cacher ce message on ne peut plus clair à ses rivaux de l’Ohio.
Cette partisane de Michigan n’aurait pas été admise dans le stade sans cacher ce message on ne peut plus clair à ses rivaux de l’Ohio. Stephane Cadorette

L’arrivée dans le stade a donné lieu à un moment plutôt loufoque. Armée de son porte-voix, une préposée aux billets a hurlé qu’il était interdit de porter des chandails ou d’amener des affiches incluant «toutes formes de profanités». Avant de scanner mon billet, on m’a même demandé d’ouvrir mon manteau pour voir mon chandail. «Ça va, c’est bon», m’a-t-on dit. Pour ce qui est des vilains mots prononcés par les partisans les plus bouillants une fois dans l’enceinte, c’est une autre histoire! Oreilles chastes, tenez-le-vous pour dit!

7. Pas d’alcool au match
Dans les tailgates à l’Université du Michigan, les bars sont complets et les messages sont clairs.
Dans les tailgates à l’Université du Michigan, les bars sont complets et les messages sont clairs. Stephane Cadorette

Les non-initiés comme moi qui ne connaissent pas les us et coutumes du Michigan Stadium peuvent se cogner le nez si une petite soif les tourmente en arrivant dans le temple. Rien de grave, ne vous en faites surtout pas pour moi, mais une fois sur place, il faut savoir qu’aucun alcool n’est en vente. Si au terme du match la sensation de soif persiste, les nombreux tailgates du matin repartent de plus belle en fin de journée pour le second acte. Sachez aussi, en grande primeur, qu’un préposé aux concessions m’a confié que dès l’an prochain, l’interdiction de vente d’alcool au stade sera levée. Vous l’aurez lu ici en premier!

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8. Un stade impressionnant
Plus de 110 000 spectateurs ont envahi le Michigan Stadium de jaune et bleu pour encourager leurs Wolverines.
Plus de 110 000 spectateurs ont envahi le Michigan Stadium de jaune et bleu pour encourager leurs Wolverines. Getty Images via AFP

Le Michigan Stadium est l’un de ces stades historiques qu’il faut voir. Il est le domicile des Wolverines depuis 1927 et au départ, il permettait d’accueillir 72 000 spectateurs. L’Université du Michigan a vite réalisé la popularité croissante de l’équipe et plusieurs agrandissements et rénovations ont été effectués depuis. Construit au coût de 950 000$ (l’équivalent de 12 millions aujourd’hui), il a reçu sa plus importante cure de beauté en 2010, pour la somme de 226 millions. La plus grosse foule de l’histoire du «Big House» a été de 115 109 spectateurs, pour un duel face à l’Université Notre Dame, le 7 septembre 2013. La manière dont le stade a été conçu est frappante dès l’arrivée à l’intérieur, puisque les trois quarts des gradins sont situés sous le niveau du sol. De l’extérieur, il n’apparaît donc pas si imposant.

9. «Let’s Go Zak!»
Zak Zinter a salué l’immense foule après avoir été soutenu par les fidèles partisans.
Zak Zinter a salué l’immense foule après avoir été soutenu par les fidèles partisans. Getty Images via AFP

Autant le Michigan Stadium peut être bruyant, autant il est devenu plus silencieux qu’un monastère lorsque le garde étoile des Wolverines, Zak Zinter, s’est blessé en deuxième demie. Celui qui est l’un des capitaines de l’équipe et qui est perçu comme un potentiel choix de fin de première ou début deuxième ronde au repêchage de la NFL en avril prochain, a subi une fracture du tibia et du péroné. La stupeur était telle dans le stade que certains autour de moi versaient une larme quand le personnel médical était autour de lui, avec ses coéquipiers et même ses parents sur le terrain à ses côtés. Lorsqu’il a finalement quitté le terrain assis sur un cart, l’immense foule de 110 000 personnes a spontanément scandé «Let’s Go Zak» d’une seule voix vibrante. Touchant...

10. Coach Harbaugh prend la pose
L’entraîneur-chef Jim Harbaugh a pris la pose avec plusieurs partisans, vendredi, au terme des derniers préparatifs des Wolverines.
L’entraîneur-chef Jim Harbaugh a pris la pose avec plusieurs partisans, vendredi, au terme des derniers préparatifs des Wolverines. Stephane Cadorette

Le scandale des signaux volés, qui entache actuellement la réputation du programme de Michigan, a résulté en une suspension de trois matchs pour l’entraîneur-chef Jim Harbaugh. Cela dit, Harbaugh a seulement perdu le droit de diriger sur les lignes de côtés pendant les matchs et il a le loisir de diriger ses hommes toute la semaine à l’entraînement et dans les réunions. Vendredi en fin de journée, il a quitté les bureaux de l’équipe au Schembechler Hall et on a pu constater que sa cote de popularité n’avait pas le moindrement baissé. Il s’est fait prendre en photo avec de nombreux admirateurs petits et grands en plus de signer des autographes. Après cet épisode houleux, les rumeurs l’envoient dans la NFL, lui qui avait dirigé les 49ers de San Francisco de 2011 à 2014. 

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