Un nouveau champion du monde en ville!

Ian Gauthier
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Le boxeur cubain Osleys Iglesias a remporté le championnat du monde IBF des super-moyens, jeudi soir, en s’imposant par K.-O. technique à la fin du huitième round devant le Russe Pavel Silyagin au Casino de Montréal.
C’est le coin de Silyagin (16-1-1, 7 K.-O.) qui a lancé la serviette entre les huitième et neuvième rounds. Le Russe, qui restait courageusement devant Iglesias (15-0-0, 14 K.-O.), n’était pas vraiment dans le coup et avait le visage tuméfié. C’était la première fois qu’il boxait à l’extérieur de la Russie et c’était aussi la première défaite de sa carrière.
La carte préliminaire était présentée à TVA Sports 2.
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Le protégé d’Eye of the Tiger Management détenait déjà le titre mondial IBO, mais sa nouvelle ceinture en est une d’envergure et elle le rendra inévitable dans la catégorie des 168 livres. Pour la petite histoire, ce titre IBF des super-moyens est celui qu’a détenu l’ancien favori de la foule montréalaise Lucian Bute de 2007 à 2012.
Le protégé d’Eye of the Tiger Management a donné le ton dès les premiers instants du combat, atteignant solidement Silyagin d’un uppercut qui a laissé sa trace sous l’œil gauche du Russe.
Iglesias a ensuite entamé un travail de sape qui s’est prolongé dans les sept rounds suivants. Silyagin s’est d’ailleurs retrouvé avec le nez passablement amoché après avoir encaissé une solide gauche à la huitième reprise.
C’est à la suite de ce round particulièrement difficile que le coin du boxeur de Novossibirsk a décidé d’en finir. Silyagin ne s’est jamais présenté pour le neuvième round.
« Ça m’a vraiment surpris qu’il puisse encaisser autant », a souligné Iglesias, avec l’aide d’une interprète, après le combat.
« Mais je voyais que ça s’en venait, a-t-il poursuivi. Ce n’est pas qu’un coup, c’était l’accumulation de plusieurs qui a fait qu’il n’en pouvait plus. »
Le « boss » aux anges
Les larges sourires étaient nombreux dans le camp d’Eye of the Tiger après cette victoire cruciale.
« C’est vraiment magnifique, on a fait l’histoire, ce soir, au Casino », a commenté le grand patron de la firme de promotion, Camille Estephan.
« Ce combat-là a été écouté partout dans le monde et on a le champion », a-t-il également mentionné, avant de lancer des fleurs à sa « pépite ».
« Il a démontré qu’il sait boxer, ce n’est pas juste la puissance, a-t-il expliqué. Il a complètement dominé Silyagin, qui était très courageux. Son œil était vraiment magané dès le début. Il voulait continuer, mais à un moment donné, c’était juste trop. Je suis bien heureux qu’ils aient arrêté le combat. »
Iglesias regarde déjà devant
Dans les minutes suivant son éclatante victoire, Iglesias, un Cubain établi en Allemagne, regardait déjà devant.
« J’ai travaillé fort pour ces deux ceintures, mais il m’en reste deux autres à aller chercher et c’est mon objectif », a-t-il souligné.
Il sera très attentif aux prochains combats pour les autres titres de la division, dont certains sont encore vacants à la suite de la retraite de Terence Crawford, qui les détenait tous. Iglesias se verrait bien, d’ailleurs, boxer en sous-carte d’un autre protégé d’Eye of the Tiger, Christian Mbilli, si ce dernier parvient bel et bien à obtenir un duel contre le célèbre « Canelo » Alvarez en septembre prochain.
Quoiqu’il advienne, Iglesias se croit capable de battre tout le monde.
« Je suis le monstre de cette division », a-t-il déclaré sans détour.
Biyarslanov remporte une guerre
En demi-finale, l’Ontarien d’origine russe Arthur Biyarslanov (21-0-0, 17 K.-O.) a remporté un duel explosif par arrêt de l’arbitre au septième round devant le Mexcain Jimerr Espinosa (17-3-1, 16 K.-O.) pour conserver son titre NABF des super-légers. Il s’agissait d’une cinquième défense victorieuse pour lui.
Même s’il a visité le tapis à deux reprises lors du troisième round, Espinosa a fait montre d’une ténacité louable, mettant même Biyarslanov en difficulté durant ce round. Mais après avoir essuyé un barrage de coups au début du septième round, Espinosa semblait en grande difficulté et l’arbitre Martin Forest en avait assez vu.
Cette victoire devrait permettre à Biyarslanov de grimper encore un peu dans les classements mondiaux chez les 140 livres. Le principal intéressé, lui, se sent prêt pour le sommet.
« Je veux les titres mondiaux maintenant, a-t-il déclaré dans l’arène, après sa victoire. Je veux Dalton Smith pour la WBC. Je veux Richardson Hitchins pour l’IBF. Dans ces deux classements, je suis cinquième. Je veux avoir ma chance. »
Santana, à l’arraché
Dans un rude combat où il a visité le tapis au quatrième round, le Montréalais Luis Santana (16-0-0, 7 K.-O.) a arraché une victoire par décision partagée devant le boxeur de Brossard Chann Thonson (18-2-0, 15 K.-O.).
Santana, un protégé d’Eye of the Tiger Management, a ainsi mis la main sur la ceinture NABF des poids légers.
Les deux hommes, dont le dégoût mutuel s’était déjà manifesté lors de la pesée, mercredi, se sont livré une guerre sans merci.
« Le combat était très serré, je m’attendais à plus facile, a admis Santana, après sa victoire. Il est venu avec un bon plan de match, un bon jab. Ça m’a mis de la misère, mais à la fin de la soirée, j’ai gagné. »
Après s’être retrouvé au plancher, Santana a néanmoins su garder son calme.
« Quand tu te fais envoyer au plancher, tu veux toujours revenir plus fort, mais il faut que tu fasses attention, parce que tu es quand même fragile. J’ai quand même pris une petite pause pour revenir encore plus fort dans les rounds suivants. »
Retour victorieux pour Leïla Beaudoin
Dans le troisième combat de la soirée, la Québécoise Leïla Beaudoin (14-2-0, 2 K.-O.) s’est imposée par décision unanime devant l’Argentine Victoria Noelia Bustos (26-10-1) au terme d’un affrontement un peu échevelé.
Ancienne championne du monde, Bustos représentait un vrai test pour Beaudoin, qui revenait d’une défaite subie en combat de championnat du monde à Miami, en décembre dernier.
La pugiliste du Témiscouata était confrontée à une adversaire rugueuse, qui s’accrochait beaucoup, mais elle en a fait assez pour ressortir avec la victoire.
Beaudoin a ensuite révélé qu’elle se battrait de nouveau pour une ceinture mondiale lors de son prochain combat, le 11 juin, à Québec.
Gaumont sur le derrière
Envoyé au tapis au 10e et dernier round de son combat, le Québécois Alexandre Gaumont (14-1-0, 9 K.-O.) a néanmoins arraché une victoire par décision unanime devant le Croate Luka Lozo (16-5-2, 15 K.-O.) dans le deuxième combat de la soirée.
Gaumont avait bien entamé le combat, mais il a connu une baisse de régime dans les derniers rounds, ce qui a ouvert la porte à son rival. Le pugiliste de Gatineau en avait cependant assez fait pour obtenir la victoire aux points.
Israyelyan décisif
Dans le premier combat de la soirée, le Montréalais d’origine arménienne Erik Israyelyan (5-0-0, 3 K.-O.) s’est imposé devant le Chilien Franco Filgueira (5-2-0), qui a abandonné à l’amorce du quatrième round.
Dès les premières secondes du combat, Israyelyan a imposé son rythme et ne semblait pas vouloir s’éterniser dans l’arène. Filgueira s’est d’ailleurs retrouvé en difficulté assez rapidement, mais il a tenu deux autres rounds avant de lancer la serviette.