LPHF: «Il y a des gens qui pensent qu’on gagne des millions!» -l’attaquante québécoise Catherine Dubois


Mylène Richard
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Le dévoilement des salaires de la LPHF a surpris les joueuses, mais cela pourrait toutefois aider à l’amélioration des conditions des hockeyeuses.
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« Il y a des gens qui pensent qu’on gagne des millions ! Ça va faire réaliser que ce n’est pas pour l’argent qu’on fait ça et ils vont comprendre un peu plus notre réalité », a commenté Catherine Dubois, après un entraînement de la Victoire de Montréal la semaine dernière.
« J’ai joué pendant 10 ans au hockey sans faire un sou, a raconté sa coéquipière Laura Stacey. C’est donc fantastique qu’on puisse vivre de notre sport, sans être obligées d’avoir un autre boulot. »

Le cas des trois réservistes par équipe est toutefois différent, puisqu’elles empochaient 15 000 $ US (20 900 $ CAN) en 2024-2025.
Ainsi, 69 % des joueuses ont reçu moins que le salaire moyen de 56 650 $ US (78 845 $ CAN) la saison dernière, selon les données publiées par le collègue Patric Laprade à la fin mars pour le compte du magazine The Hockey News. Plus de 45 % des filles ont gagné 40 000 $ US (55 670 $ CAN) et moins.
Dubois était l’une des sept joueuses de Montréal à avoir touché le minimum de 36 050 $ US (50 100 $ CAN).
« Dans la place que j’occupe, je ne peux pas commencer à regarder ça, a-t-elle admis. L’important, c’est de me concentrer sur ce que j’ai à faire. Les salaires, ça récompense les joueuses qui ont bien fait. »

Un « choc »
Cette « importante transparence » pour la Québécoise a néanmoins été vécue comme « choc » par Stacey, présidente de l’Association des joueuses professionnelles de hockey.
Ses membres ont voté pour que les rémunérations demeurent entre les filles et leur agent, le circuit – avec un propriétaire unique en Mark Walter – n’en étant qu’à ses balbutiements.
« Ce n’est pas quelque chose que nous voulions nécessairement ni que ça soit dévoilé de cette manière », a expliqué l’Ontarienne.
« Nous sommes en début de processus, à nos années 1, 2 et 3, a-t-elle poursuivi. Notre ligue grandit. À la troisième campagne, les arénas sont remplis, alors je pense que nous aurons un autre vote sur la question. »
Une fois le coup encaissé, Stacey a reconnu que la situation pourra aider les hockeyeuses à négocier leur contrat en ayant des comparatifs.
« Nous devons continuer dans cette direction, pousser pour obtenir plus, afin d’élever les standards du hockey féminin, parce que ça fonctionne. Des parties sont disputées à guichets fermés, le calibre augmente et nous voulons garder ce momentum », a mentionné la fougueuse attaquante, qui était payée 89 974 $ US (125 225 $ CAN) en 2024-2025.

Poulin n’est plus la mieux payée
À l’instar de la gardienne Ann-Renée Desbiens et de la capitaine Marie-Philip Poulin, Stacey a accepté une diminution de salaire avant la présente campagne, afin d’aider la Victoire à bâtir une formation gagnante.
À 121 570 $ US (160 200 $ CAN), Poulin était la joueuse la mieux rémunérée de la LPHF la saison passée. Ce n’est plus le cas depuis qu’elle a dit oui à une baisse de quelque 20 000 $ CAN, selon Patric Laprade, qui a aussi dévoilé les salaires des équipes d’expansion.
C’est sa nouvelle partenaire de trio, Abby Roque, qui domine avec 116 699 $ US (162 400 $ CAN). The Hockey News précise que son ancien club, les Sirens de New York, lui verse encore environ 32 000 $ US (44 500 $ CAN).
▶ La Victoire tentera de remporter un septième duel de suite vendredi à la Place Bell de Laval, en recevant le Fleet de Boston, qui accuse quatre points de retard sur le premier rang occupé par Montréal.

Les joueuses les mieux payées de la LPHF la saison dernière
1-Marie-Philip Poulin, attaquante (Montréal) 121 570 $
2-Brianne Jenner, attaquante (Ottawa) 118 450 $
3-Abby Roque, attaquante (New York) 113 300 $
4-Hilary Knight, attaquante (Boston) 103 000 $
4-Emily Clark, attaquante (Ottawa) 103 000 $
4-Renata Fast, défenseure (Toronto) 103 000 $
7-Kendall Coyne Schofield, attaquante (Minnesota) 97 850 $
7-Alex Carpenter, attaquante (New York), 97 850 $
9-Ann-Renée Desbiens, gardienne (Montréal) 94 972 $
10-Micah Zandee-Hart, défenseure (New York) 93 625 $
11-Sarah Nurse, attaquante (Toronto) 92 700 $
11-Megan Keller, défenseure (Boston) 92 700 $
Les montants sont en dollars américains
Source : The Hockey News

Le salaire des joueuses de la Victoire de Montréal en 2024-2025
Marie-Philip Poulin, attaquante, 121 570 $
Ann-Renée Desbiens, gardienne, 94 972 $
Laura Stacey, attaquante, 89 974 $
Erin Ambrose, défenseure, 82 400 $
Maureen Murphy, attaquante, 82 400 $
Kristin O’Neill, attaquante, 82 400 $
Kennedy Marchment, attaquante, 66 950 $
Kati Tabin, défenseure, 61 000 $
Cayla Barnes, défenseure, 54 000 $
Dominika Laskova, défenseure, 51 000 $
Lina Ljungblom, attaquante, 46 000 $
Jennifer Gardiner, attaquante, 42 500 $
Abigail Boreen, attaquante, 42 000 $
Alexandra Labelle, attaquante, 41 284 $
Amanda Boulier, défenseure, 40 000 $
Elaine Chuli, gardienne, 40 000 $
Claire Dalton, attaquante, 39 000 $
Clair DeGeorge, attaquante, 39 000 $
Mariah Keopple, défenseure, 38 000 $
Sandra Abstreiter, gardienne, 36 500 $
Dara Greig, attaquante, 36 500 $
Anna Wilgren, défenseure, 36 500 $
Catherine Dubois, attaquante, 36 050 $
Mikyla Grant-Mentis, attaquante, 36 050 $
Kaitlin Willoughby, attaquante, 36 050 $
Catherine Daoust, défenseure, 36 050 $*
Gabrielle David, attaquante, 36 050 $*
Kelly-Ann Nadeau, défenseure, 36 050 $*
Tricia Deguire, gardienne, 36 050 $*
Les montants sont en dollars américains
*Réserviste ayant signé au moins un contrat régulier de 10 jours
**Joueuse libérée après avoir signé un contrat de 10 jours
Source : The Hockey News