Départ groupé au patinage sur longue piste: la «country girl» Ivanie Blondin conclut sa carrière olympique en beauté
La patineuse de 35 ans remporte sa quatrième médaille olympique grâce à un sprint final phénoménal


François-David Rouleau
Partager
MILAN | La jeune femme d’Ottawa qu’elle était il y a 15 ans n’aurait jamais cru qu’elle conclurait sa carrière olympique en patinage de vitesse avec une quatrième médaille. À 35 ans, Ivanie Blondin a mis la patte sur sa deuxième médaille d’argent dans un phénoménal sprint final.
• À lire aussi : Curling féminin : le Canada prend sa revanche sur les États-Unis et remporte le bronze
• À lire aussi : « Je me suis fait voler »: un skieur canadien crie à l’injustice après sa disqualification
Dans l’après-midi à Milan, elle s’est tapé pas moins de 12 000 mètres sur ses lames en regroupant la demi-finale et la finale qui a pris des allures de querelle de chats de ruelle, remportées par la Néerlandaise Marijke Groenewoud. L’Américaine Mia Manganello a complété le podium.

Celle qui occupe le troisième rang mondial de l’ISU dans cette épreuve éreintante et qui a terminé au deuxième rang au Championnat du monde l’an dernier en Norvège avait retrouvé ses jambes au lendemain de sa course au 1500 mètres.
Redoutable constance au podium
Toujours redoutable au départ groupé, Blondin a parfaitement dicté son rythme tout au long de l’après-midi pour conclure la compétition avec éclat en finale. Abonnée aux podiums sur la scène internationale dans cette discipline, elle croit son corps adapté à ce style de course, ponctuée de trois sprints intermédiaires au fil des 16 tours.
«[Mon corps] est construit pour ce type de course. Je suis comme une chasseuse de primes. Je patine de prime en prime en étant capable de bien récupérer. Mon corps contient ce volume et mon esprit compétitif m’aide énormément », a-t-elle expliqué, sa médaille d’argent au cou.

« Je suis vraiment fière d’être un espoir de médaille dans des courses semblables, si imprévisibles et variables. Ça démontre mon caractère et le style de patineuse que je suis. »
Passages difficiles
Autrefois étoile montante du patinage de vitesse sur courte piste, Blondin a fait le saut vers la longue piste au tournant des années 2010. Elle accordait ainsi une deuxième chance à la discipline.
Car elle se relevait alors de blessures, de nombreuses déceptions, de remises en question, de moments dépressifs et d’un trouble du comportement alimentaire.

« J’ai souvent pensé à quitter mon sport. J’étais retournée à la maison à Ottawa. Mes parents me disaient que c’était terminé en voyant les dommages que le sport avait créés», a raconté Blondin, lançant un message d’espoir au passage.
« Mais j’ai décidé de donner une chance au patinage sur longue piste », a ajouté celle qui a représenté son pays à Sotchi en 2014, trois ans après avoir changé de discipline.
Plus de liberté
Blondin a retrouvé ses repères en déménageant à Calgary. Celle qui se dépeint comme une « enfant sauvage » a retrouvé une forme de liberté dans un environnement d’entraînement fort différent en Alberta.
« J’ai toujours été le type de fille rurale, une country girl [prête] à se salir les mains et les pieds dans la boue. Calgary a donc épousé parfaitement mon style de vie : [...] jouer à l’extérieur près des montagnes. »

L’air lui a fait grand bien, puisqu’elle n’a jamais cessé son ascension. Elle est rentrée de Pékin en 2022 avec l’or, pour la poursuite par équipe, et l’argent, pour le départ groupé. Quatre ans plus tard, à Milan, elle a refait le même coup.

Très heureuse
À sa quatrième présence olympique, âgée de 35 ans, elle a achevé son dernier tour de piste olympique en tout point fidèle à son image.
« Je ne pourrais être plus heureuse de cette fin, même si Ricky Bobby prétend que si tu n’es pas premier, tu es dernier », a-t-elle lâché en riant, reprenant la philosophie du pilote de NASCAR lourdaud, personnifié par Will Ferrell dans le populaire film Ricky Bobby : Roi du circuit (2006).
« J’en ai même la plaque sur ma voiture », a-t-elle dit en rigolant.
« Mais non, en ignorant cette philosophie, je suis très heureuse de cette médaille. »
C’est la fin de son chapitre olympique. La country girl sportive rentrera à Calgary pour caresser ses nombreux animaux et mettre de l’avant ses projets personnels.
Maltais, fière de s’être relevée
La Québécoise Valérie Maltais a malheureusement chuté avant le premier sprint alors que les patineuses se resserraient dans le peloton. Elle a dû combler son important retard pour retrouver ses compétitrices, brûlant beaucoup d’énergie au passage. Maltais a finalement conclu au cinquième rang grâce à un très bel effort en fin de course.
Il s’agit d’excellents Jeux olympiques pour les deux femmes qui ont remporté l’or en compagnie d’Isabelle Weidemann à la poursuite par équipe. Maltais a ajouté deux médailles de bronze au 1500 m et au 3000 m.

Plus tôt chez les hommes, le Sherbrookois Antoine Gélinas-Beaulieu avait causé une surprise en terminant premier lors des demi-finales. Il a finalement conclu l’épreuve au septième rang.
– Avec la collaboration de l’Agence QMI.