Le passé compliqué de Laine et le silence de son agent

Stéphane Cadorette
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Il y a quelques raisons qui expliquent qu’un attaquant talentueux comme Patrik Laine n’a pas coûté les yeux de la tête au Canadien. Son contrat en est une, mais il est aussi permis de se demander à quel point des relations de travail houleuses dans les dernières années ont pesé dans la balance.
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Le journaliste Aaron Portzline, qui couvre les Blue Jackets pour le site The Athletic, a mentionné sur les ondes de l’émission de radio Bishop & Friends qu’à l’issue de la saison 2020-21, un groupe de leaders de l’équipe formé de Cam Atkinson, Seth Jones, Zach Werenski et Gustav Nyquist avait conclu qu’il valait mieux couper les ponts avec Laine.
Le Journal a tenté d’y voir plus clair en contactant l’agent de l’attaquant finlandais, Andy Scott.
Peu loquace, ce dernier a répondu qu’il préférait ne pas intervenir dans les médias au sujet de cette relation fracturée avec les Blue Jackets, qui s’est terminée en demande d’échange.
«Tout ce que je peux dire, c’est qu’il va très bien cadrer dans l’environnement de Montréal», s’est-il limité à commenter, avant de refuser poliment de répondre à nos autres questions.
Un moment embarrassant

Aaron Portzline, qui a couvert les bons et moins bons coups de Laine sur une base régulière depuis son arrivée à Columbus, pointe vers un moment clair pour expliquer la cassure définitive entre les Blue Jackets et Laine.
En novembre dernier, l’entraîneur-chef Pascal Vincent avait décidé de rayer son franc-tireur de l’alignement, dans l’espoir de générer une étincelle. C’est plutôt une onde de choc qui en a découlé.
«Je pense que la relation a changé quand il a été laissé de côté. Patrik a dit lui-même que c’était la chose la plus embarrassante qu’il avait vécue. Ça l’a vraiment humilié et je ne pense pas que l’équipe ait réussi à le remettre sur les rails après coup», croit le journaliste.
Pas la première fois
La relation entre Laine et son équipe s’est donc encore terminée en queue de poisson, après une fin nébuleuse avec les Jets, un peu plus de trois ans plus tôt.
En 2021, lorsqu’il est passé de Winnipeg à Columbus, Laine avait laissé entendre, selon le média finlandais Iltalehti, qu’il s’était senti intimidé par Blake Wheeler et Mark Scheifele.
D’autres sources dans l’entourage des Jets laissaient plutôt entendre que les leaders de l’équipe tentaient seulement d’inculquer à Laine un meilleur sens des responsabilités.

Changement d’attitude
Quoiqu’il en soit, Aaron Portzline assure qu’il n’a jamais perçu Laine comme un cancer dans le vestiaire, loin de là.
«On sentait que la saison passée, plus que jamais auparavant, il essayait de s’établir comme un leader dans la chambre. Il a vraiment pris Adam Fantilli sous son aile. Fantilli est même resté chez lui pendant un moment», a-t-il raconté.
«Je ne crois pas que c’est le genre de chose qu’il aurait fait avant. Il a vraiment fait un pas. C’était quelque chose de nouveau pour lui», a-t-il poursuivi.
La pression de Montréal
Pour lui, il ne fait aucun doute que la décision de l’écarter de l’alignement en novembre a été le moment décisif en ce qui concerne son désir d’aller voir ailleurs.
«Ce qui est certain, c’est que même si l’organisation a changé de directeur général et d’entraîneur en plus d’amener de nouveaux joueurs, rien n’avait changé concernant Patrik Laine et son désir d’aller ailleurs», a mentionné le reporter.
Quant au fait que Laine a laissé miroiter la possibilité de renouer avec sa touche fatale, au point de viser le plateau des 40 buts ou plus, Portzline croit que rien n’est impossible vu l’immense talent de Laine et son tir foudroyant.
Ce qui reste à voir, c’est à quel point l’attaquant se plaira ou non dans un marché unique comme Montréal.
«Est-ce que cette pression va le pousser à exiger un plus haut niveau de jeu de lui-même? Est-ce que le fait d’être autant sous les projecteurs deviendra écrasant? J’espère pour lui que ce sera la première option. Il n’a rien vécu de comparable à Montréal», résume Portzline.