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Dopage : et nous, là-dedans?

AFP
Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2024-08-05T23:00:00Z

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«Ça n’est pas humainement possible». 

C’est ce qu’a dit Brett Hawke, un entraineur australien, après que le Chinois Pan Zhanle eut pulvérisé, atomisé son propre record du monde au 100 mètres style libre en natation.

• À lire aussi: La performance d’un nageur «humainement impossible» selon un entraîneur

Onze nageurs chinois ont participé aux Jeux de Paris après avoir échoué des tests antidopage auparavant.

Ah, le dopage, chinois ou autre, en natation, cyclisme ou ailleurs...

Plus j’y pense, plus je réalise la complexité de la question.

Les athlètes se droguent pour se donner un avantage depuis des temps immémoriaux. Ils ont toujours un coup d’avance (ou plusieurs) sur ceux qui les traquent.

Le sport n’est pas si différent du reste de la société. Vous inventez les ordinateurs et vous venez, à coup sûr, de faire naître une cybercriminalité.

La lutte au dopage est aussi, globalement, très inefficace.

On ne pince qu’une petite fraction des tricheurs, souvent les plus maladroits, sauf bien sûr lorsqu’un athlète d’élite ou un de ses complices brise l’omerta.

Cette lutte n’a-t-elle pas aussi pour but, du moins en partie, de nous donner bonne conscience à peu de frais ?

Nous, les spectateurs, qui aimons voir des performances ahurissantes, souvent impossibles sans drogues, ne sommes-nous pas, dès lors, plus ou moins complices ?

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Et puisque ces drogues sont dangereuses, leur légalisation permettrait leur encadrement.

Bref, il y a des arguments pour d’autres approches que l’approche traditionnelle.

Risque

D’un autre côté, établir une liste de produits dopants légaux n’empêcherait pas un athlète de chercher le nouveau produit miracle.

La libéralisation n’empêcherait pas un dopage de riches et un dopage de pauvres.

Les médailles récompenseraient-elles l’athlète ou son équipe médicale ?

Veut-on voir nos enfants idolâtrer des sportifs légalement modifiés par la chimie et qu’ils voudront peut-être imiter ?

Tant que le sportif jugera que le risque en vaut la chandelle, il sera tenté de tricher.

Or, qui décerne la gloire et les millions ?

Nous, les gens dans les tribunes ou devant la télé.

Bon, je file à la lutte gréco-romaine.

BILLETS

À tous les jours, les organisateurs des Jeux remettent en vente des billets pour des épreuves. Les prix varient selon la discipline, le lieu, etc. Mais cela reste très cher. Pour les épreuves d’athlétisme de samedi au Stade de France, des rondes préliminaires, les prix débutaient à 275 euros, donc 416 dollars $ CAN, probablement dans les gradins du haut.

IMAGINEZ

Imaginez un instant, juste un instant, ce qu’aurait été la réaction des médias canadiens si la direction de l’équipe féminine de soccer coupable de tricherie avait été composée de Québécois francophones. Vous pensez qu’on regarderait de l’autre côté, qu’on leur trouverait des excuses, ou qu’on essaierait de relativiser en disant que d’autres trichent aussi ?

BOUFFE

Un Québécois qui arriverait à Paris pour la première fois de sa vie ne manquerait pas d’être étonné par le nombre ahurissant de boulangeries et de pâtisseries. Il se dira que les Parisiens doivent manger des kilos et des kilos de pain et de desserts. Pourtant, il y a beaucoup moins d’embonpoint.

COMIQUE

Je ne me lasserai jamais de regarder des Français s’engueuler dans le métro parce que l’un déborde de son siège, ou pose un sac d’épicerie sur le siège voisin, ou obstrue la porte au moment de la sortie. C’est parfois tellement loufoque qu’on se demande si ce n’est pas un sketch avec une caméra cachée.

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