Crédit : Kirby Lee-USA TODAY Sports

Patrice Bernier

Une brèche à colmater en défense

Une brèche à colmater en défense

Patrice Bernier

Publié 06 juillet
Mis à jour 06 juillet

Le CF Montréal est revenu d’un séjour dans l’Ouest en ayant en poche un succès plutôt inattendu contre les Sounders de Seattle et un revers contre le Galaxy de Los Angeles alors qu’il s’agissait de l’équipe considérée la plus «prenable» entre les deux. 

La défaite de 4-0 contre Los Angeles était peut-être un peu «sévère», comme dirait l’entraîneur Wilfried Nancy, mais en même temps, la défense a maintenant encaissé 33 buts cette saison en MLS, ce qui représente le deuxième plus haut total de la ligue à ce point-ci. 

Tout ça, avec des buts projetés à 23,4, ce qui veut dire qu’il y a huit ou neuf buts qui auraient pu être évités depuis le début de la campagne. Ça démontre que, même si l’attaque va très bien avec 33 buts marqués, au quatrième rang dans la ligue, la défense n’arrive pas à maintenir une certaine constance. À mi-chemin dans la saison, l’équipe n’a réalisé qu’un seul jeu blanc alors qu’elle en avait réussi huit en 2021. On est également déjà tout près du record défensif de l’an dernier, qui était de 44 buts encaissés sur toute la saison. 

Il reste du soccer à jouer en 2022, certes, mais on est très loin des standards défensifs de la saison dernière. 

Suivre le ballon, mais pas que 

Au cœur des ratés défensifs du club, il y a ce qu’on appelle le «ball watching», qui est en cause dans quatre des cinq buts encaissés lors des deux derniers matchs. On parle beaucoup de «prise d’information» au soccer, au plan offensif d’abord, où un joueur qui a le ballon va «scanner» le terrain et comprendre ce qui se passe avant de prendre une décision, mais cet aspect touche aussi le côté défensif du jeu. 

Sur ces quatre buts encaissés, ce qu’on remarque beaucoup, c’est que les joueurs de Montréal ont les yeux rivés sur le ballon. Ce qui est normal : tout le monde veut voir le ballon, ce qui se passe, pour rester à l’affut de l’action, mais il est aussi important de balayer le terrain des yeux afin de voir ce qui se passe autour pour ne pas être pris au dépourvu par un joueur dangereux qui se fait oublier. On a pu le voir sur le but inscrit par Jordan Morris à Seattle et sur le premier filet de «Chicharito» Hernandez à Los Angeles, voire sur les deux filets de Rayan Raveloson par la suite. 

Les arrières montréalais étaient chaque fois obnubilés par le ballon, sans porter attention au positionnement des joueurs dangereux qui ne l’avaient pas. C’est un aspect du jeu défensif du CF Montréal qui est grandement à améliorer. Il faut remettre de l’ordre là-dedans, parce que l’attaque ne va pas toujours marquer deux buts par match. Il n’y a rien d’alarmant à ce point-ci, mais si la défensive ne s’ajuste pas, le CF Montréal va connaître d’autres matchs comme celui de lundi. 

On l’a vu contre Seattle, une équipe dont le CF Montréal se méfiait probablement plus : les joueurs étaient plus alertes, concentrés et on n’a rien donné outre le but de Morris. Mais contre le Galaxy, on a été un peu moins alerte, moins aux aguets et même si on n’aurait pas dû prendre quatre buts, on a quand même laissé l’adversaire jouer librement et efficacement. 

Crédit photo : Joe Nicholson-USA TODAY Sports

Le mercato s’agite 

On le voit depuis un certain temps, la MLS a changé et les équipes convoitent désormais les services de joueurs plus jeunes, même s’il existe des exceptions. En ce sens, il est intéressant de regarder l’approche prise par le Revolution de la Nouvelle-Angleterre sous l’égide de l’entraîneur Bruce Arena. 

Dans le passé, l’équipe ne vendait pas vraiment de joueurs, à l’exception de Clint Dempsey et c’était il y a plus de quinze ans. Acheter des joueurs ne faisait pas tellement partie de la philosophie du club non plus. Depuis qu’Arena est là, on a vendu Tajon Buchanan, Matt Turner et Adam Buksa, ce qui a ramené 24 millions $ dans les coffres de l’organisation. 

Mais on ne s’est pas arrêté là : le club a aussi acheté quelques joueurs pour relancer le projet et remplacer ceux qui sont partis, dont Dylan Borrero, Giacomo Vrioni (en provenance de la Juventus Turin) et le gardien Djordje Petrovic. 

Ce n’était vraiment pas la façon de faire du club dans le passé, mais il s’est ajusté à cette nouvelle ère afin d’être compétitif même si la présente saison est jusqu’ici beaucoup moins bonne que la dernière, où l’équipe avait terminé au sommet du classement général. 

Avant, le Revolution et son propriétaire Robert Kraft ne représentaient pas un choix invitant pour beaucoup de joueurs, parce qu’on ne sentait pas que ce club avait de réelles ambitions. Maintenant, la donne a changé alors que les «Revs» développent, vendent et achètent des joueurs. 

Crédit photo : Winslow Townson-USA TODAY Sports

Toronto sort le chéquier 

Il est impossible de passer outre les récents coups d’éclat du Toronto FC, qui ne connaît pas une bonne saison jusqu’ici. Le dernier en liste est le départ du milieu offensif Alejandro Pozuelo vers l’Inter Miami, qui devrait ouvrir la porte à l’arrivée de l’Italien Federico Bernardeschi, lui aussi en provenance de la Juventus. 

Des bruits de coulisses nous rapportent aussi que le club chercherait à obtenir le milieu canadien des Rapids du Colorado Mark Anthony Kaye, un joueur que l’entraineur du TFC Bob Bradley a dirigé à Los Angeles il y a quelques années, ce qui a beaucoup de sens. N’oublions pas non plus les arrivées de Lorenzo Insigne et de Domenico Criscito, sans parler des rumeurs au sujet de l’international canadien Junior Hoilett. 

Ils ne s’arrêtent pas. Même si leur saison n’est pas excellente, ils poussent la note et n'ont pas peur de sortir le chéquier afin de relancer ce club qui va moins bien depuis deux ans. On avait d’abord cru à un certain virage jeunesse à Toronto, mais il était surtout question de donner des opportunités à de jeunes joueurs alors que le club traversait un creux de vague. Finalement, on mise de nouveau sur des vétérans qui sont encore à un bel âge pour performer.