CF Montréal

CF Montréal: une équipe à combustion lente

CF Montréal: une équipe à combustion lente

Patrice Bernier

Publié 11 avril
Mis à jour 11 avril

Tranquillement, la locomotive du CF Montréal se met à avancer si bien que les hommes de Wilfried Nancy ne perdent plus. L’adage dans le monde du soccer dit «qu’au football, la seule justice qui règne, c’est la victoire et non la manière.» À voir les performances de l’équipe montréalaise récemment, il n’y a rien de plus vrai. 

Le CF Montréal s’est imposé 2-1 contre les Red Bulls, samedi dernier, à New York. Et pourtant, c’est la formation new-yorkaise qui avait l’ascendant pendant 60 minutes et c’est le CF Montréal qui est finalement ressorti avec les trois points. Ainsi, les points perdus à Atlanta (match nul de 3-3 après une remontée d’Atlanta United) se sont transformés en points gagnés à New York.   

Voyez le segment de Patrice Bernier avec Jean-Charles Lajoie dans la vidéo ci-dessus.

Le CF MTL n’abdique pas. Mais son lent départ est compréhensible en raison du fait qu’il jouait en Ligue des champions de la CONCACAF et en championnat MLS. Regardez les autres équipes impliquées comme New York City FC, Seattle et Colorado, toutes ces équipes, elles n’ont pas des débuts de saison canon. 

La formation montréalaise est accrocheuse, résiliente par moment et elle trouve des manières de revenir dans les matchs. En début de saison, on sentait que la gestion des émotions était à améliorer. Maintenant, l’équipe est solidaire, confiante en elle et même si elle ne joue pas toujours bien, elle revient dans la rencontre. 

Narrative positive   

Il faut donner du crédit au CF MTL, qui a joué six matchs sur sept sur la route et y a amassé sept points en plus de ne pas avoir perdu à ses trois derniers duels. Et à New York, rien n’indiquait un résultat favorable. 

La narrative est maintenant positive, surtout avec l’arrivée prochaine au Stade Saputo, réel domicile de l’équipe. 

Un bel exemple est l’arrivée de Kei Kamara. Le joueur de 37 ans a obtenu ses premiers points contre le FC Cincinnati et, contre New York, il a dépassé le cadre de ses fonctions d’attaquant de pointe en jouant au gardien de but. À la 26e minute de jeu, Kamara retournait à sa place d’attaquant de pointe, mais a senti le danger et a décidé de se replacer derrière le gardien de but. Mais qu’est-ce qu’il faisait là? Le vieux routier avait vu juste en sauvant quelques instants plus tard Sebastian Breza. Avec l’âge, on perd en explosivité, mais on gagne en lecture de jeu. 

Il a joué au sauveur, car le pointage était déjà de 1-0 pour New York. Ainsi, le match aurait pu être plié. Kamara apporte clairement une valeur ajoutée à l’équipe, étant souriant et attachant, et ce, même s’il est arrivé par la bande en raison des blessures. 

Un autre point positif est la performance du défenseur Joel Waterman. Il est vrai que Rudy Camacho a marqué et réalisé une passe qui a mené au but gagnant, mais Waterman a joué un match complet, solide, sobre. Il est une valeur sûre, plus qu’on pourrait le penser. Alors que c’était 1-0, il a réussi deux internventions cruciales. Au cours de la partie, il a eu un pourcentage de réussite de 95%, bien au-dessus de la moyenne de 70% de l’équipe. 

Débuts chancelants   

Le seul bémol serait que le CF Montréal a énormément de difficulté dans les 15 premières minutes de chaque demie. Sur les 15 buts accordés cette saison, huit sont venus tôt dans la demie. Voilà un autre signe que c’est une équipe à combustion lente. En contrepartie, le club est dominant dans les 15 dernières minutes de la première mi-temps, marquant cinq de ses 11 buts. 

Le CF Montréal a tendance à prendre du temps avant de se mettre en marche. Mais une fois que la locomotive roule à pleine vapeur, l’équipe est en mesure de créer des choses. Il est toutefois clair qu’il faudrait remédier au problème des lents débuts.