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Une chance qu’il y avait Cody

Une chance qu’il y avait Cody

Patric Laprade

Publié 05 avril
Mis à jour 05 avril

L’an dernier, j’écrivais que j’avais vu le pire Raw d’après WrestleMania de l’histoire. Ce fameux rendez-vous annuel tant attendu des amateurs, le plus important Raw de l’année par le nombre de nouvelles qui en découle habituellement. Quelques nouveaux visages en provenance de NXT, des retours surprises et une foule sans scrupule.

Sauf que l’an dernier, il n’y avait pas de spectateurs à Raw. Alors je croyais qu’on s’était simplement dit, à l’année prochaine. Mais non. Pour le premier Raw d’après WrestleMania avec une foule depuis 2019, c’était franchement décevant. 

On a eu droit à deux retours hier.

Le premier était connu depuis quelques semaines : Veer. Ce dernier est venu attaquer les Mysterio. Pas très sexy, soyons honnête.

Nouveau look pour Elias, même rengaine pour KO 

Puis, on a eu droit à un autre retour. Celui d’Elias, avec une toute nouvelle personnalité.

Dans le fond c’est l’histoire d’un vagabond joueur de guitare, qui rencontre un ami d’enfance alors qu’il est à son plus bas dans la vie. Ce dernier lui donne une pilule de NZT, faisant activer toutes les cellules de son cerveau. Elias se souvient alors de son vrai prénom, Ezekiel, et il se souvient que lorsqu’il se rase, se coiffe et qu’il arrête de porter des fringues achetées au Tigre Géant, il ressemble soudainement à Bradley Cooper!

Bon. Oui. Je suis sarcastique.

Le nouveau look d’Elias a de quoi frapper. Ce dernier est venu interrompre Kevin Owens, un des plus détestés lundi soir. Je n’ai évidemment rien contre ce changement. Là où l’absurdité survient, c’est lorsque Owens le reconnaît et qu’Elias lui répond qu’il fait erreur, qu’il n’est pas Elias, qu’il est le jeune frère d’Elias, Ezekiel.

Vraiment? Vous nous prenez pour qui? Misère...

Owens a rendu le segment meilleur que sur papier avec son sens de la répartie et sa façon de s’énerver devant le refus d’Ezekiel, que KO a débaptisé trois ou quatre fois au cours de la soirée, de reconnaître qui il était vraiment.

De plus, à moins d’une surprise majeure et que cette rivalité soit positionnée en finale, je suis déçu qu’on n’ait pas gardé Owens dans le top tiers et qu’on l’ait

redescendu dans le milieu de carte. Après WrestleMania, il méritait mieux. Pourquoi ne pas avoir gardé l’équipe qu’il formait avec Seth Rollins? Ça coulait tellement bien.

Toutefois, Kevin, tout comme Sami Zayn, est souvent capable de tourner à son avantage un scénario plus faible. Ne soyons donc pas trop pessimistes. Mais il est tout de même difficile pour moi de ne pas voir un gars qu’on rémunère comme un des meilleurs joueurs de l’équipe, qui vient de marquer trois buts dans un match important et qu’on décide de faire jouer sur le troisième trio au match suivant.

Bref. À suivre.

Changement de titre incompréhensible 

J’en ai vu des changements de titres dans ma vie. D’excellents matchs comme des combats très moyens. Des trucs complètement ridicules comme Kevin Nash et Hulk Hogan et des trucs complètement fous comme RVD et John Cena.

Mais je dois avouer que le changement de titre auquel j’ai assisté hier est l’un des moins compréhensibles que j’ai vu de ma vie.

Revenons en arrière.

Le 8 mars dernier, Dolph Ziggler avait défait Tommaso Ciampa et le champion NXT Bron Breakker pour remporter le titre. Il avait battu Ciampa à la toute fin. Je me disais alors parfait, on veut permettre à Breakker de regagner son titre à Stand & Deliver lors de la fin de semaine de WrestleMania.

Samedi après-midi, devant une foule d’environ 5 000 spectateurs, Ziegler et Breakker s’affrontaient en finale. Sauf que contre toute attente, Ziegler a remporté le combat.

Lundi soir, on a eu droit au match revanche, six minutes en moins, dans lequel Breakker a finalement repris son titre.

Je ne comprends pas.

Samedi, ils avaient la chance de lui faire gagner le titre devant des partisans qui avaient payé pour voir le produit de NXT. Donc des amateurs de NXT.

À la place, ils l’ont fait gagner devant une foule indifférente à son personnage. Quelle insulte aux gens qui suivent le produit et qui auraient bien aimé voir un changement de titre devant leurs yeux. Au pire, attendez à mardi à l’enregistrement télé de NXT.

Ce qui m’amène à parler d’un autre constat: la foule régulière de la WWE n’écoute plus NXT.

Il y a quelques années, peu importe qui arrivait de NXT au Raw, ou même au SmackDown d’après WrestleMania, la foule se levait de son siège et s’époumonait afin d’accueillir la personne adéquatement. Enzo et Big Cass, Shinsuke Nakamura, Paige et AOP ont tous eu une réaction monstre.

Breakker?

On aurait pu entendre quelqu’un échapper son cellulaire sur le plancher durant son entrée tellement c’était silencieux. J’ai rarement vu un lutteur de NXT recevoir si peu de réaction lors de ses débuts, surtout au Raw d’après, qui contient généralement un public plus aguerri.

Alors de deux choses l’une. Ou bien la foule n’écoute plus le produit. Ou bien elle s’en balance éperdument.

Dans les deux cas, il n’y a pas beaucoup de positifs à y retirer. C’est simplement la nouvelle réalité avec NXT 2.0. Ceci dit, ça n’enlève rien au talent de Breakker, qui a toujours un grand potentiel si on n’échappe pas la balle avec lui.

Cody, le Batman de la lutte professionnelle 

Dans les points positifs de la soirée, notons la promo de Cody Rhodes pour ouvrir l’émission. Primo, c’était une belle façon de débuter le tout. Deuxio, Rhodes a été solide au micro.

Kevin Raphaël a la meilleure analogie pour décrire le retour de Rhodes au sein de la compagnie. Il dit que c’est comme si Batman arrivait dans l’univers Marvel exactement comme il était dans l’univers DC Comics.

Et c’est vrai.

C’est la même musique qu’à l’AEW, le même accoutrement de combat, le même habit de promo, le même tatouage dans le cou, la même énergie. On n’a rien changé au personnage Cody. RIEN! Tant mieux!

Un fan qui ne suit uniquement que la WWE, qui vit dans une bulle et qui n’a pas internet, ne comprend pas ce qui se passe. La dernière fois qu’il a vu Cody, il y a six ans, il ne ressemblait pas à ça du tout.

En fait sa réaction serait la même que la nôtre pour Elias hier!

Owens et Rhodes après Raw 

Cody a aussi lutté contre Kevin Owens après les enregistrements de Raw terminés, dans le tout premier match du fils du fils du plombier depuis son retour à la WWE. Un bon match de six minutes, qui a vu Owens avoir un peu d’offensive. Mais c’était surtout le match pour faire briller le retour de l’enfant prodigue.

Rhodes a remporté le combat avec le coude bionique popularisé par son père, suivi du Cross Rhodes. Fait cocasse, en allant à l’extérieur, Rhodes a demandé à Ata Johnson, la mère du Rock, assise en première rangée tout près des parents de Kevin, Terry et Suzanne, de tenir Owens afin qu’il puisse lui donner un coup de plus, au grand plaisir de la foule. Également, alors que Rhodes était au tapis, Kevin y est allé de la pose des Young Bucks, amis de longue date d’Owens et anciens partenaires de Rhodes avec All Elite Wrestling.

Entre sa promo, son match avec Kevin et une autre promo très émotive pour envoyer les gens à la maison, il a clairement été le MVP de ce Raw sans saveur. Une chance qu’il était là!

RIP Raw d’après Mania 

L’autre bonne nouvelle de la soirée est qu’on a enfin donné un gérant à Omos en la personne de MVP. Ce dernier s’est tourné contre son client de longue date, Bobby Lashley. C’est logique. Dans l’histoire, Lashley a de moins en moins besoin de MVP.

Ça va permettre à Omos de garder l’accent sur sa lutte. Il a maintenant l’un des meilleurs au micro à la WWE à ses côtés. S’il peut finir par s’améliorer dans l’arène, on va peut-être pouvoir le rescaper. Il reste aussi un gérant à trouver à Ronda Rousey.

Les moments forts n’ont malheureusement pas eu le dessus sur les moments plus faibles. Il est clair pour moi que la WWE a maintenant changé sa philosophie pour son lundi d’après WrestleMania. L’événement n'avait pas le sentiment d’un gros Raw. Finir avec Roman Reigns et son clan, on a vu ça mille fois. Les Street Profits contre Alpha Academy aussi. RK-Bro conte les Usos était la finale du Raw de la semaine dernière et ce n’est pas en y ajoutant Austin Theory ou Finn Balor que ça va changer quelque chose.

Je ne demande pas un retour surprise comme X-Pac en 1998. Je ne demande pas un début comme Brock Lesnar à Montréal en 2002. Mais est-ce qu’on peut avoir quelque chose pour nous faire réagir, autre que Veer, Bron Breakker qui va retourner à NXT maintenant qu’il est champion ou Bradley Elias Ezekiel Cooper?

Est-ce vraiment trop demandé?

Une fin de semaine occupée 

Ceci conclut mon sixième blogue en autant de jours.

Ce fut un week-end éreintant, mais tellement gratifiant et plaisant.

Je n’ai peut-être pas lutté neuf fois en trois jours comme le Québécois Mike Bailey. Je n’ai peut-être pas commenté huit événements pour un total de plus de 20 heures de lutte comme la Québécoise par alliance, Veda Scott.

Mais je suis tout de même très fier du travail accompli.

Depuis jeudi, j’ai assisté à 10 spectacles pour une durée totale de plus de 27 heures de lutte.

J’ai aussi donné huit entrevues à la radio, une pour un journal, deux à la télévision et une pour un podcast en anglais. J’ai également enregistré un épisode de mon propre podcast, tout ça pour un total de plus de cinq heures d’entrevues et de discussions sur les événements du week-end.

Et finalement, j’ai écrit plus de 11 000 mots en six blogues, sans compter les publications sur les différents réseaux sociaux.

Disons que je comprends un peu mieux ma moyenne de quatre heures de sommeil par nuit! Alors, laissez-moi faire un Barry Horowitz, un lutteur que je ne croyais pas voir lutter en 2022, et permettez-moi de me donner une bonne tape dans le dos!

Mais surtout, merci aux différents médias d’avoir accepté de parler autant de lutte et merci à vous, chers lecteurs, de m’avoir suivi au cours de ce périple à Dallas.

Sur ce, on se dit à l’année prochaine, à Los Angeles, c’est un RENDEZ-VOUS!