WWE

Sami Zayn et Kevin Owens: les deux MVP de WrestleMania

Sami Zayn et Kevin Owens: les deux MVP de WrestleMania

Patric Laprade

Publié 04 avril
Mis à jour 04 avril

«Je m’occupe du samedi. Toi, prends le dimanche!»

Cette discussion fictive en est une qui aurait pu se produire entre deux talents exceptionnels, deux gars qui ont buché fort pour être où ils sont en ce moment, deux amis qui, encore une fois, se suivent dans leur destinée et leur chemin vers l’histoire.  

Vous aurez deviné. Je parle ici des deux Québécois, Kevin Owens et Sami Zayn.

Le premier a eu son moment de gloire samedi soir dernier en offrant à « Stone Cold » Steve Austin son dernier combat. À la suite de celui-ci, Zayn avait écrit un Tweet qui disait « Tellement FN fier! »

Le second a eu le sien hier soir, dans son combat face à Johnny Knoxville, vedette de la franchise des films Jackass. C’était au tour d’Owens d’écrire « Chaque seconde de ce match était bonne. Il n’y a personne de meilleur. »

Si la finale de samedi a presque été unanime dans les commentaires qu’on pouvait trouver sur les réseaux sociaux, le match de Zayn a trouvé sa part de détracteurs. Pas que les gens n’ont pas aimé, mais davantage parce qu’on trouve que Zayn a plus de talent que ce que lui offre la WWE.

Et voici pourquoi je suis en désaccord.

On parle de WrestleMania ici. Savez-vous à quel point il est difficile d’avoir un match sur cette carte?

On dénombre 80 lutteurs et lutteuses soient à Raw, soient à SmackDown. De ce nombre, un peu plus de la moitié s’est retrouvée dans un des 16 matchs de WrestleMania. Six matchs n’ont pas dépassé les 10 minutes. Celui de Sami? Un peu plus de 14 minutes, le deuxième plus long de la soirée de dimanche, le cinquième en combinant les deux événements.

J’ai lu des commentaires comme quoi Zayn mériterait mieux, mériterait d’être champion par exemple. Ok. Étant donné que les titres de la WWE et Universel sont hors de portée, il pourrait être champion des États-Unis ou Intercontinental, titre qu’il a d’ailleurs perdu dans l’histoire à cause de Knoxville.

Mais dites-moi. Ils étaient où Ricochet et Finn Balor ce week-end? Les deux ont lutté le vendredi à SmackDown. Et même si j’ai déjà dit que WrestleMania se dispute sur quatre journées avec SmackDown et Raw, la réalité est quand même différente.

WrestleMania c’était samedi et dimanche et les deux champions intermédiaires ne s’y trouvaient pas.

Auriez-vous préféré que Zayn ait un bon match de lutte, mais à SmackDown? Ou bien un match de six minutes contre Bobby Lashley? Ou un huit minutes contre Madcap Moss? Ou pire, se faire tasser de la carte du samedi pour avoir un match de moins de deux minutes le dimanche?

Poser la question c’est y répondre.

Sami Zayn a eu la chance de faire partie d’une longue histoire, d’un scénario qui a commencé en janvier dernier et qui s’est culminé hier soir.

Et c’était très bien ainsi!

Rejoindre Kevin Owens comme MVP de WrestleMania  

Le combat qu’il a offert a été l’un des plus divertissants de la soirée. Plusieurs disent qu’il a volé le show dimanche soir. Ils n’ont pas tort.

Alors que la carte de dimanche a été plus décevante que celle de samedi, le combat entre Zayn et Knoxville a été très bien reçu par la foule, a livré la marchandise et a permis à Zayn de démontrer qu’il était un lutteur complet. Il peut autant offrir un match cinq étoiles qu’une performance artistique sans faille.

De plus, Sami adore ce genre de rôle. Ça lui permet de montrer son côté versatile. Ça lui permet d’obtenir de précieuses minutes devant la caméra chaque semaine. Et hier soir, ça lui a permis de démontrer à quel point, lorsqu’une histoire est bien racontée, la foule va embarquer.

Knoxville a eu besoin de ses amis de Jackass pour venir à bout de Zayn, mais le vrai gagnant est le Québécois. WrestleMania je le répète, est la culmination entre le sport et le divertissement. C’est dans son ADN depuis le jour 1. Eh bien, côté divertissement, Zayn n’avait pas son égal ce week-end.

Les deux Québécois ont été les deux MVP de WrestleMania. Ils ont réussi à prendre une légende de 57 ans et un acteur de 51 ans, bien les faire paraitre et s’assurer que leur match respectif devienne quelque chose de mémorable. Deux moments qu’on va se souvenir pour des années à venir.

Je connais Sami depuis aussi longtemps que Kevin. J’étais là quand il a fait son deuxième combat en carrière. J’étais aussi présent à son premier match sous le masque d’El Generico. J’étais là lors de son dernier combat sur le circuit indépendant québécois en 2013.

Si à l’époque on voyait tout le talent qu’il avait dans l’arène, avec les années, il s’est développé une personnalité qui, ajoutée à un charisme naturel et une facilité à parler au micro, font de lui un des lutteurs plus complets à la WWE.

Comment ne pas être fier de lui?

Le spectacle de samedi, meilleur que celui de dimanche  

Je dois avouer que la carte de dimanche m’a quelque peu laissé sur mon appétit. Surtout quand on la compare à celle de samedi qui était de loin supérieur avec Rhodes contre Rollins, Lynch contre Belair et Owens contre Austin.

Le meilleur match de la soirée, en termes de lutte, a été le premier, celui entre les champions par équipe, RK-Bro, les Street Profits et Alpha Academy. Le petit surplus avec Gable Steveson, le médaillé d’or olympique sur qui la WWE fonde beaucoup d’espoir et Chad Gable était bien fait, même si Steveson doit travailler sur sa personnalité. C’est correct. Il commence. Je crains juste que, comme un choix de premier tour au hockey, on le monte trop rapidement. Même Kurt Angle était allé faire ses devoirs Memphis avant de faire ses débuts officiels.

Sinon, Lashley et Omos a non seulement été trop long, mais je ne comprends pas le but de faire perdre Omos à ce stade-ci. Et pour Lashley, battre un géant qui n’a encore rien fait dans la lutte, est-ce vraiment un plus?

Le match par équipe féminin a couronné les bonnes gagnantes en Sasha Banks et Naomi, mais le match comme tel, sans être mauvais, n’était pas mémorable non plus. Le combat opposant New Day à Sheamus et Ridge Holland était presque une insulte. Pas pour les fans, mais pour les cinq personnes impliquées (en incluant Butch). Ce que la WWE nous dit est que ce match a été coupé de la carte du samedi parce qu’il y a eu certaines longueurs. Alors on nous le donne le dimanche. Mais le match a duré une minute et 40 secondes. Je répète. Une minute et 40 secondes. On n’avait pas le temps samedi pour un combat de moins de deux minutes? Rendu là, pourquoi ne pas l’avoir présenté dans l’avant-gala du dimanche? Ou à SmackDown vendredi prochain tant qu’à faire. Je vous rappelle qu’il y a deux anciens champions du monde dans ce match. D’ailleurs, quelle chute pour Kofi Kingston. La dernière fois que j’étais présent à un WrestleMania, en 2019, il remportait le titre de la WWE. Et là, ça. Incroyable comment le vent peut rapidement tourner à la WWE et pas toujours pour le mieux.

Vince McMahon lutte à 76 ans!  

Edge et AJ Styles ont offert un bon combat, qui a débuté lentement, qui a été bon vers la fin, mais qui a très mal fini. Je comprends qu’il s’agit du genre de match qui sort beaucoup mieux à la télé qu’en personne. Toutefois, la fin du match était ordinaire autant en personne qu’à la télévision, alors que la seule présence de Damien Priest a été suffisante pour déranger Styles, qui a subséquemment perdu le combat. Faible au niveau créatif.

À l’opposé, Pat McAfee et Austin Theory a été un bon match pour les spectateurs présents. McAfee, ancien joueur de football dans la NFL, a montré qu’il était un très bon athlète et pas seulement un animateur/commentateur. Il a offert une excellente performance. Impressionnante même.

Maintenant, je ne comprends pas pourquoi c’est lui qui a gagné. Parce que dans les histoires, McAfee demeure un commentateur. Le lutteur c’est Theory. Celui qu’on tente de monter comme une prochaine vedette c’est Theory. Alors pourquoi un lutteur perdrait-il contre un commentateur? En quoi est-il avantagé?

L’après-match était spécial alors que Vince McMahon a décidé de venger la défaite de son protégé en affrontant McAfee. Oui oui, le patron de 76 ans a eu un match face à un non-lutteur pendant près de quatre minutes. Un mauvais match en plus. Et non seulement l’a-t-il affronté, il l’a défait! Donc si on récapitule, McMahon a battu McAfee, qui lui a battu Theory. C’est à ce moment-ci que l’emoji de la paume au visage serait nécessaire.

Mais ce n’est pas terminé.

Après tout cela, « Stone Cold » Steve Austin est venu rectifier le tir sous une ovation monstre! Il a appliqué son Stunner sur Theory, avant d’en appliquer un sur Vince McMahon. Mais ce dernier a trébuché après le coup de pied au ventre qui précède le coup de l’assommoir, dans ce qu’on se souviendra comme étant le pire Stunner de l’histoire. Heureusement, celui sur McAfee pour terminer le segment a très bien sorti. En fait, en l’espace de quelques minutes, on a eu droit à deux des meilleurs Stunners de l’histoire ainsi qu’au pire. Assez spécial, disons.

Et pour ceux et celles qui voudraient aller là, non, ça n’a absolument rien enlevé au match de Kevin Owens de la veille. Des interventions comme celle-ci, Austin en a faites des dizaines au cours des 19 dernières années. Un match, il n’en a eu qu’un seul.

Cependant, j’espère vraiment avoir assisté à la dernière confrontation physique entre Austin et McMahon. Vince ne se fait plus jeune et ça a paru. Laissons l’une des, sinon la meilleure rivalité de l’histoire de la WWE se terminer avec ce dernier Stunner, qu’il ait été réussi ou pas. C’était à Dallas, c’était à WrestleMania, ça demeure une belle fin. De toute manière, McMahon n’a jamais été capable de bien prendre cette manœuvre.

Roman contre Brock : pas le plus gros match de l’histoire  

Finalement, Roman Reigns a vaincu Brock Lesnar pour devenir le champion unifié. Pour combien de temps? L’histoire ne le dit pas encore. Honnêtement, le match m’a déçu. Tout comme celui entre Charlotte Flair et Ronda Rousey la veille. Ils ont fait la même chose qu’ils font habituellement. Aucune surprise. Aucune créativité.

LuFisto se distingue à Dallas  

Je veux prendre le temps de revenir sur un événement de lutte féminine auquel j’ai assisté samedi après-midi.

Il s’agissait de Mission Pro Wrestling, la promotion appartenant à la championne féminine d’AEW, Thunder Rosa.

La Québécoise LuFisto a fait les frais de la finale, alors qu’elle a affronté la championne de la promotion, Holidead. Les deux ont eu le match de la journée. Après le combat, toutes les lutteuses sont venues rejoindre les deux compétitrices dans l’arène et la championne a tenu à remercier la Soreloise, qui a reçu une belle ovation des 250 spectateurs et des deux dizaines de ses pairs. Des applaudissements bien mérités.

Dans mes coups de cœur, j’aimerais mentionner Thunder Rosa, bien entendu, Trish Adora et Allie Katch, que je voyais pour la toute première fois. Solide dans le ring, beaucoup de charisme et une personnalité qui passe super bien avec la foule, Katch sera à surveiller sur la scène féminine.

Et NXT dans tout ça?  

En terminant, un petit mot sur NXT. C’est fou comment trois ans font une différence, alors qu’en 2019, un événement de NXT la fin de semaine de WrestleMania était un des spectacles les plus courus.

En 2016 à Dallas, c’était la frénésie pour voir Sami Zayn contre Shinsuke Nakamura.

Cette année, un entrefilet à la fin d’un article.

Mon moment préféré du spectacle a été la présence de Triple H qui est venu serrer dans ses bras Tomasso Ciampa, qui selon toute vraisemblance, quitte NXT pour fort probablement s’en venir à Raw. Un moment touchant pour celui qui aura eu une belle carrière pour l’organisation.

Quelqu’un va devoir m’expliquer pourquoi Bron Breakker a perdu face à Dolph Ziggler. Tout comme pourquoi Mandy Rose est encore et toujours championne.

Je dois avouer que je n’avais pas un grand intérêt avant l’événement. Je n’en ai pas davantage après. Et ça m’attriste.

Dernier blogue demain  

Ceci est mon cinquième blogue en autant de jours. Il m’en reste un, demain, alors que je reviendrai sur ce qui est habituellement le plus gros Raw de l’année.