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Français chez les Rangers: si c'était Guy Lafleur, ç'aurait revolé!

Français chez les Rangers: si c'était Guy Lafleur, ç'aurait revolé!

Michel Bergeron

Publié 03 avril
Mis à jour 03 avril

Quand j’ai entendu que les Rangers de New York avaient empêché Alexis Lafrenière de répondre aux questions du collègue Jean-François Chaumont en français, je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer ce qui serait survenu si, en 1988-1989, les Blue Shirts avaient empêché Guy Lafleur de faire une entrevue en français. Ç'aurait revolé !

Cela étant dit, je ne blâme aucunement Lafrenière. L’ailier québécois en est encore à ses premiers pas dans le circuit Bettman et il n’a pas encore atteint un statut lui permettant de s’opposer à certaines décisions de l’organisation.

J’irais même jusqu’à dire que je ne blâme pas les Rangers en général. L’équipe de relationnistes, a-t-on expliqué à Jean-François, n’a fait qu’appliquer la règle imposée par le directeur général voulant que toutes les entrevues doivent être faites en anglais afin qu’il puisse comprendre tout ce qui se dit sur son équipe.

Excusez-moi, mais on parle ici d’un homme en plein power trip !

En 1988-1989, j’étais l’entraîneur des Rangers et je dirigeais Guy, tout comme Marcel Dionne, Lucien Deblois, Michel Petit, Dave Pichette et Normand Rochefort. Jamais, au grand jamais, Phil Esposito a-t-il empêché les Québécois de répondre aux questions en français.

Si on avait osé faire ce genre de demande à Guy ou à Marcel, je peux vous assurer d’une chose, ce ne sont pas les relationnistes qui auraient eu le dernier mot.

Ce n’est pas compliqué, je m’imagine déjà Guy débarquer dans le bureau du directeur général pour lui dire : « Tu ne veux pas que je parle français avec les médias de ma province natale ? Parfait, échange-moi. »

J’aurais adoré que Lafrenière tienne son bout. Mais je comprends aussi très bien la situation délicate dans laquelle il se trouvait.

DEUX POIDS DEUX MESURES 

D’ailleurs, je me pose une question. Si un journaliste russe débarque à New York et désire s’entretenir avec Artemi Panarin, va-t-on réellement oser obliger le joueur vedette de l’organisation à s’entretenir dans une autre langue que celle de son pays natal ? Poser la question, c’est y répondre.

Encore une fois, je retourne à mes années dans la LNH. Il aurait été tout simplement impensable de demander à l’un des trois frères Stastny, Peter, Marian ou Anton, de ne pas parler en slovaque à un journaliste de leur pays natal.

Si quelqu’un s’était risqué à le faire ? Ouf, ça n’aurait pas été beau.

Les Rangers, et leur DG Chris Drury, on fait preuve de malhonnêteté dans ce dossier. Ils ont profité de la vulnérabilité d’un jeune joueur qui vient d’arriver pour imposer une règle aussi absurde qu’insultante.

Et ça tombe que c’est un Québécois francophone.

ET GALLANT ?

D’ailleurs, je me demande bien ce que Gerard Gallant en pense. Après tout, l’entraîneur-chef des Rangers a travaillé pendant plusieurs années dans la LHJMQ, puis à Montréal avec le Canadien et Michel Therrien.

Je suis pas mal convaincu qu’il n’est pas très heureux de cette directive de son patron. Évidemment, il ne le dira jamais publiquement.

Pendant ce temps, la LNH va faire comme elle le fait toujours : elle va assurer à tout le monde qu’elle prend le dossier au sérieux, va laisser passer la tempête et on n’en entendra plus jamais parler.

Plus ça change, plus c’est pareil.

Propos recueillis par Kevin Dubé

LES ÉCHOS DE BERGIE 

Un dossier complexe

Le dossier des Sénateurs d’Ottawa à Québec a fait jaser pas mal cette semaine. Tous les intervenants y sont allés de leur ligne dans les médias au cours des derniers jours et on en comprend que c’est un dossier hyper complexe. 

Une chose est sûre, toutefois : il s’agirait d’une excellente nouvelle pour la Vieille Capitale. Par contre, j’espère qu’on ne prendra pas ses amateurs de hockey pour des idiots. Si on présente réellement cinq matchs de la LNH la saison prochaine, il faudra que les adversaires des Sénateurs soient dignes de ce nom. 

Les gens de Québec ont déjà assez enduré les soporifiques matchs présaisons entre deux équipes présentant des formations de la Ligue américaine de hockey, qu’ils méritent un vrai spectacle. Pas de Columbus ou Winnipeg, on veut Montréal, Boston, Toronto ou New York. Si on respecte la population de Québec, je n’ai aucun doute qu’on remplira le Centre Vidéotron au maximum de sa capacité, incluant les loges corporatives, pour ces cinq matchs.

Les Nordiques dans l’air ?

Évidemment, on n’a pu s’empêcher, mercredi, de se demander si cette ouverture de la LNH à présenter des matchs à Québec avait quoi que ce soit avec un potentiel retour des Nordiques. 

Une chose est claire, c’est que la présentation du ministre Eric Girard à Gary Bettman a porté ses fruits. Bien sûr, il y a les Sénateurs qui se retrouvent en période d’incertitude avec le décès d’Eugene Melnyk, mais aussi, les Coyotes de l’Arizona qui joueront dans un amphithéâtre de 5000 places à partir de la saison prochaine. 

C’est insultant pour Québec qui a un amphithéâtre multifonctionnel et moderne.

McDavid au sommet

Ne me parlez pas de Nathan MacKinnon, Auston Matthews ou Sidney Crosby : le meilleur joueur de la LNH, et de loin, s’appelle Connor McDavid. Ce qu’il est en mesure d’accomplir sur une patinoire est inégalé aux quatre coins de la ligue. 

Quand je le regarde jouer, ça me rappelle l’époque où Wayne Gretzky et Mario Lemieux régnaient sur leur sport. McDavid a ce même genre d’impact. 

Malheureusement, ses détracteurs se plaisent à le rabaisser en rappelant qu’il n’a jamais gagné la coupe Stanley. Clairement, ils ne regardent pas les matchs des Oilers. McDavid est dans une classe à part et ce n’est pas sa faute son organisation a multiplié les mauvaises décisions depuis 10 ans.