Renaud Lavoie

Le retour des Nordiques: une utopie?

Le retour des Nordiques: une utopie?

Renaud Lavoie

Publié 24 novembre
Mis à jour 24 novembre

Depuis une semaine, les Nordiques sont de retour dans l’actualité alors que le ministre des finances du Québec, Éric Girard, doit trouver des investisseurs et convaincre la LNH qu’il faut ramener l’équipe qui a quitté vers le Colorado en 1995. 

D’abord, il faut spécifier que Québecor veut encore investir dans le retour des Nordiques, selon les informations qui circulent, parce que l'entreprise est gestionnaire du Centre Vidéotron et propriétaire de TVA Sports. Il ne faut donc pas conclure que, même si d'autres investisseurs deviennent actionnaires, Québecor se retire du projet, bien au contraire.  

Deuxièmement, la CAQ reprend le flambeau dans ce dossier et tente de relancer la LNH pour déterminer s’il est possible de ravoir une équipe de la LNH dans la capitale nationale. L’objectif est noble, mais je serais très surpris que le dossier avance. Si Pierre Karl Péladeau et Brian Mulroney n’ont pas été en mesure de convaincre Gary Bettman, c’est qu’il faut comprendre que l’intérêt de la ligue est anémique dans ce dossier.

Pas assez d’argent à Québec? 

Je l’ai dit à plusieurs occasions et je vais le répéter une autre fois, mais tant que Gary Bettman sera commissaire de la LNH, le retour des Nordiques à Québec n’arrivera pas. Plusieurs fois le commissaire s’est objecté à toute possibilité qu’une équipe déménage à Québec ou encore que des matchs d’une autre équipe de la ligue soient disputés au Centre Vidéotron en saison régulière. 

La philosophie de Garry Bettman est simple: il veut que les futures franchises de sa ligue soient installées dans des marchés riches. C’est pour cette raison qu’il s’entête à garder les Coyotes dans la région de Phoenix parce que c’est le 16e marché le plus riche des États-Unis et le 11e plus gros marché télévisuel. 

Il y a près de quatre millions de personnes dans la région de Phoenix et moins d’un million de personnes dans la région de Québec. La question que la LNH devrait se poser est la suivante: quel marché peut amener le plus de revenus liés au hockey? Même s’il y a quatre fois plus de gens à Phoenix, je doute fortement que les revenus hockey seraient moins gros à Québec qu’en Arizona. Québec est un marché naturel, ce qui n’est pas le cas de la région de Phoenix et la preuve est là avec les centaines de millions de dollars qui ont été perdus dans cette aventure.

La LNH a fait des études de marché lorsqu’elle a accepté l’arrivée des Golden Knights et a déterminé qu’il y avait plus d’argent à Vegas qu’à Québec par habitant. Personne ne peut contredire cette information. Mais tant que les décisions seront prises avec cette prémisse, Québec ne pourra convaincre la LNH de l’importante de ramener une équipe. Il faut que la ligue pense aux revenus hockey et non aux revenus possibles pour déterminer les futurs marchés. Deux approches complètement différentes.