Canadiens de Montréal

«Je lève mon chapeau à Marc Bergevin» - Étienne Boulay

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L'annonce du retrait de Carey Price, qui va bénéficier du programme d’aide destiné aux joueurs du circuit Bettman, a causé une onde de choc dans le milieu sportif. «Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais sous le choc», a réagi Étienne Boulay, à vif.

L'ancien joueur de football admire le soutien de Marc Bergevin et du Canadien de Montréal à l'égard du gardien de but. 

«Quand tu as l’appui de ton organisation, une équipe aussi légendaire que le Canadien, il y a quelque chose de beau là-dedans, a-t-il noté jeudi, sur les ondes de LCN. Je lève mon chapeau à Marc Bergevin. On le sent que c'est un directeur général qui aime ses joueurs, donc j’ai plus de respect encore aujourd’hui pour l’organisation du Canadien que j’en avais déjà.»

Boulay révèle qu'aussitôt qu'il a vu la nouvelle, il l’a envoyée à son beau-fils de 13 ans.

«Si le plus grand gardien au monde, Carey Price, peut décider de s’en aller quelque temps pour prendre soin de sa santé mentale, bien je me dis que peut-être si mes enfants sont rendus là et sont au bout du rouleau, ils vont oser le faire eux autres aussi», a-t-il dit.

Boulay ne connaît pas personnellement Price.

«Je ne sais pas ce qu’il vit et ça ne me regarde pas, a-t-il poursuivi. Ce que je sais, c’est que c’est quelqu’un qui a décidé de quitter quelque temps pour prendre soin de lui. On a vu le beau message que sa femme, Angela Price, a partagé sur les médias sociaux. Il y a l’appui de l’équipe. Je pense que les gens ne comprennent pas à quel point, quand t’es un athlète, t’as pas le choix de te sentir un petit peu comme une machine.»

La nécessité de parler de santé mentale 

Boulay a expliqué qu'une vieille mentalité restait dans le milieu du sport ; celle d'être dur et silencieux.

«Il y a un modus operandi que quand tu te casses un bras, tu vas peut-être jouer avec un plâtre, mais quand ça arrive en haut des épaules, ce n’est pas la même chose. C’est important d’en parler et de l’adresser, et clairement, c’est ce que Carey Price fait présentement.»

«Il y a une raison pour laquelle il y a de plus en plus d’athlètes professionnels qui vont sortir et en parler, c’est pour ça que je pense qu’on s’en va dans la bonne direction, a ajouté Boulay. On pense à Jonathan Drouin, à Naomi Osaka, à Simone Biles aussi, et c’est le temps que ça se passe.»

Étienne Boulay explique que les athlètes vieillissent plus rapidement à cause du sport, et que ces blessures peuvent aussi causer des dépendances.

«Les courbatures et les rhumatismes arrivent un peu plus vite, a admis Boulay. Dans mon cas, ça a été facile, tomber sur les pilules antidouleur d’abord, et évidemment c’est un cercle vicieux qui peut t’emmener vers autre chose.»

L'ancien footballeur explique qu'un athlète professionnel se doit de se sentir invincible.

«C’est difficile des fois de faire la part des choses, entre le terrain ou la glace et la maison parce qu’on ne l’est pas invincible, a-t-il précisé. T’as le droit de te vendre l’idée que tu l’es pour te donner la confiance, voire l’arrogance que tu as besoin pour bien performer, mais ce n’est pas comme ça 24 heures sur 24, sept jours sur sept et c’est facile de s'y perdre.»

Boulay explique qu'il y a encore des préjugés face aux problèmes de santé mentale, contrairement aux problèmes de toxicomanie.

«C’est comme si les gens comprenaient la toxicomanie parce que ça vient avec le dépassement de soi et d'être dur, alors que la santé mentale, c’est la gestion de la pression. Moi je vivais mal avec ça parce que je me disais, je n’ai pas de plâtre, je n’ai pas de béquille, mais je ne vais pas bien», a avoué Boulay.

«Est-ce que c’est parce que je n’ai plus de cran comme avant? Tu te remets en questions, mais à partir de là, t’as besoin d’aide, et la meilleure façon d’aller chercher de l’aide, parfois c’est de s’isoler pendant un petit bout de temps entouré de personnes qui sont compétentes et ne sont pas émotivement impliquées aussi dans ta situation, des gens qui ont étudié là-dedans et qui vont comprendre le comportement humain.»

Aller chercher des ressources 

De l'aide en santé mentale est offerte aux joueurs, mais ce n'est pas tout le monde qui en profite.

«Je ne crois pas que ce n'est pas un problème de ressources. Je pense que ça part de l’humain d’abord, d’oser aller chercher les ressources quand elles sont là, a conclu Boulay. C’est ce bout-là qui est à la fois si simple et si difficile.»