Crédit : Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Club de foot Montréal

Expérience acquise pour le CF Montréal

Expérience acquise pour le CF Montréal

Patrice Bernier

Publié 05 octobre
Mis à jour 05 octobre

La dernière ligne droite en vue des séries éliminatoires de la MLS s’annonce extrêmement serrée. Et si on a déjà reproché au CF Montréal de ne pas être en mesure de remporter certains matchs en «tuant le match», il faut dire que ce fut tout le contraire lors de son dernier duel face à Atlanta United.

En début de saison, les hommes de Wilfried Nancy ont échappé plusieurs points. Je pense ici aux verdicts nuls face à Nashville SC en avril (2-2) et juin (1-1), à la défaite contre Atlanta (1-0) en raison d’un but à la 93e minute, le 2-2 au Stade Saputo et, plus récemment, au verdict nul (1-1) face à l’Union de Philadelphie en août. Le CF Montréal nous a habitués à laisser ses adversaires leur arracher des points. 

Samedi dernier, il y a eu des signes encourageants dans la manière de faire. Le CF Montréal tirait de l’arrière, contrairement aux autres rencontres où il s’est fait remonter, et il est revenu rapidement grâce à deux buts.

Et c’est la fin de rencontre qui m’a intéressé, signe d’un apprentissage certain, en raison de petits gestes que l’équipe ne faisait pas avant.

Il y a eu Joaquin Torres, à la 76e minute, qui part en semi contre-attaque, ralenti et se dirige vers le coin du terrain au lieu d’aller seul au but et commettre un revirement. Ainsi il a permis à sa défense de souffler un peu.

Il y a eu Rudy Camacho, qui, à la 86e minute, a commis une faute tactique contre Ezequiel Barco pour freiner une contre-attaque et réparer l’erreur de Victor Wanyama tout juste avant les arrêts de jeu.

Et il y a eu Mathieu Choinière, qui a pris son temps pour faire une remise en touche, ce qui a clairement irrité l’adversaire.

Souvent, il y a des aspects de ruse dans le soccer pour tenter de casser la fin de match et de jouer dans la tête de l’adversaire et le CF Montréal a utilisé quelques-uns de ces stratagèmes. Le «vice» que Wilfried Nancy a souvent fait référence au cours de la saison a été dévoilé samedi dernier. 

Tourner la page   

Ce n’est qu’un match, mais les signes sont encourageants et l’expérience acquise semble vouloir payer. Ainsi, le CF Montréal peut commencer à tourner la page sur des moments plus néfastes du début et du milieu de saison.

L’équipe arrive en fin de saison septième au classement de l’Association de l’Est. Et on peut sembler oublier qu’il y a eu beaucoup de nouveaux venus dans l’équipe, à commencer par l’entraîneur-chef Wilfried Nancy. 

À Montréal, on a tendance à ne jamais être vraiment satisfaits, mais si l’on regarde les résultats à partir du 23 juin, après la pause de l’Euro, on se rend compte que les résultats du CF Montréal sont là. Si le Revolution de la Nouvelle-Angleterre (45 points en 20 matchs), Nashville SC (36 points en 20 matchs) et New York City FC (29 points en matchs) sont les trois meilleures équipes dans l’Est, le CF Montréal (29 points en 20 matchs) vient quatrième. Ainsi, il performe mieux que ses rivaux comme Orlando City SC, Inter Miami, l’Union de Philadelphie et Atlanta United.

L’attaque montréalaise s’est réveillée, les performances ont été plus convaincantes et l’équipe a progressé sur beaucoup de petites choses qu’ils faisaient moins bien en début de saison.

Oui, cette séquence est positive, mais rien n’est garanti. Le CF Montréal affrontera notamment l’Union, qui est le champion du Supporters' Shield. Puis, il y aura Orlando City SC, qui se souviendra probablement de sa défaite de 4-2 en Floride en plus d’avoir dans ses rangs Nani qui risque de vouloir se reprendre, lui qui avait écopé d’un carton rouge. Et il ne faut pas oublier le match contre le Toronto FC, contre qui il y a toujours de l’enjeu. Le classement ne veut rien dire dans une rivalité.

Ainsi, on va voir si les signes encourageants observés face à Atlanta United vont se perpétuer lors des six derniers matchs de la saison. Est-ce que l’expérience est acquise?

On attend tous la fin de cette pause internationale avec impatience pour voir si l'équipe peut prendre cette ruse de la victoire et la transposer sur six matchs dans cette course aux séries éliminatoires. 

Petite note: Djordje Mihailovic a égalisé la marque de 13 passes décisives sur une saison de Nacho Piatti. Il a 6 matchs pour s’approprier le podium.

À suivre.