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Formule E

Formule E : des modifications souhaitées

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La dernière saison de Formule E a certes offert un excellent spectacle aux amateurs de course, mais quelques situations de course très médiatisées ont démontré que certaines clauses problématiques sur les règlements devront être corrigées.

C’est du moins l’analyse du descripteur de la chaîne TVA Sports Bertrand Godin. En effet, la série tout électrique, dont la première saison a débuté il y a seulement sept ans, doit encore s’attarder à quelques signes de jeunesse évidents. Deux exemples sortent du lot: la première course de l’ePrix de Valence, puis la deuxième épreuve de l’ePrix de Londres.

Dans le premier cas, de nombreuses sorties de piste ont forcé plusieurs interventions de la voiture de sécurité. Lorsque celle-ci entre en piste, 1 kWh d’énergie par tour sous neutralisation peut être retiré de la réserve totale de 52 kWh, question d’éviter les injustices dans la gestion de l’énergie. Or, à Valence, ce sont 19 kWh qui ont été retirés, de sorte que seulement neuf pilotes ont vu le drapeau à damiers. Les autres n’ont pas eu assez d’énergie pour terminer ou ont simplement été disqualifiés.

Au Royaume-Uni, c’est une tactique de Lucas di Grassi (Audi), également lors d’une neutralisation, qui a jeté la controverse sur la série. Le pilote a en effet effectué un arrêt au puits inutile – échouant en fait à s’immobiliser complètement – qui lui a permis de passer de la huitième à la première position. Le Brésilien aurait réussi son pari s’il s’était complètement arrêté, mais il a plutôt été disqualifié.

«Ça a été une saison extrêmement intéressante, mais avec des choses à modifier, a ainsi indiqué Godin récemment. Par exemple: la règle du pourcentage d’[énergie retirée] avec la voiture de sécurité. Ce qu’on a vu à Valence, c’est une chose qui va être modifiée. Tout comme ce qui est arrivé à Londres avec di Grassi. Ce sont des choses qui nous font dire: "voyons donc"!»

Des discussions sont déjà en cours pour la gestion d’énergie et la Fédération internationale de l'automobile (FIA) devrait trancher bientôt. Dans le cas de di Grassi, une simple lumière rouge à la fin de la ligne des puits pourrait suffire à empêcher ce genre de situation, aux yeux de Godin.

Pas de chance

Quoi qu’il en soit, les critiques ont été nombreuses envers la jeune série. Certains partisans ont notamment affirmé que les multiples incidents en piste, mais également les situations mentionnées plus tôt, ont donné plus d’importance au facteur chance et ont diminué l’impact du talent dans la lutte pour le titre.

Godin apporte toutefois un bémol, faisant valoir que la gestion d’énergie est très clairement l’élément central de cette série et que la situation à Valence, notamment, est plutôt survenue en raison d’erreurs majeures de plusieurs pilotes et de leurs écuries. En effet, Nyck de Vries et Stoffel Vandoorne, de Mercedes, ont terminé respectivement premier et troisième en vertu d'une gestion impeccable.

«J’ai de la misère à [imputer] à la chance [le dénouement du championnat], a nuancé Godin. Je pense que chez Mercedes, on a bien anticipé le coup [à Valence]. Quand il pleut, tu sais qu’il va y avoir des sorties de route. Tu peux t’attendre à plusieurs [interventions] de la voiture de sécurité. (...) Les gens de Mercedes n’ont pas été chanceux, ils ont été brillants.»

«Je trouve ça dommage que certaines personnes disent que c’est de la chance. Non, non, et non, ce n’est pas de la chance! En Formule 1, quand tu ne gères pas bien tes pneus et que tu dois aller aux puits pour les changer. C’est la même affaire!»