John Denver

Crédit : Photo François-David Rouleau

Golf

Des Expos à la Coupe Ryder

Publié | Mis à jour

John Denver s’en souvient encore comme si c’était samedi. Et pourtant, d’ici trois jours, 17 années auront défilé. Il avait vécu de l’intérieur le dernier match des Expos à Montréal.

Ayant œuvré dans le monde des sports et des relations publiques durant toute sa carrière, l’Américain approchant bientôt la cinquantaine est maintenant le directeur des communications des championnats de la PGA d’Amérique depuis l’été 2015. Celle-ci gère entre autres les tournois majeurs masculin, féminin et sénior de son entité.

Et la fameuse Coupe Ryder.

Mais quand il a aperçu le représentant du Journal de Montréal à Whistling Straits cette semaine, il ne pouvait s’empêcher de parler de ses deux belles années à Montréal. Oui, même s’il y a travaillé durant toute la saga du déménagement vers Washington. Il a évoqué les Guerrero, Robinson et compagnie.

Il a même pris des nouvelles de Youppi! en s’inquiétant pour une possible garde partagée entre les futurs Rays-Expos et le Canadien.

Premier amour

L’Américain a donc encore bien à cœur le baseball montréalais. Rares sont les occasions d’en jaser dans le royaume de la petite balle blanche.

Il place son passage dans la métropole parmi les expériences les plus enrichissantes de sa carrière. «Elle fait partie de mon histoire. Je suis très fier de dire que j’ai travaillé pour les Expos dans les ligues majeures. C’est la première des trois équipes que je nomme», a relaté l’homme approchant la cinquantaine qui avait débuté avec les Padres de San Diego. Il avait d’ailleurs adoré la réaction des quelque 13 500 spectateurs au Stade olympique le soir du 6 août 1999 quand Tony Gwynn avait frappé son 3000e coup sûr en carrière.

«Quand les gens entendent le nom des Expos, ils s’éveillent. C’est une équipe très spéciale qui jouait dans une ville tout aussi spéciale», a ajouté celui qui a adoré les Z’Amours dès sa jeunesse. Il a grandi à Rochester, dans l’État de New York, à quelques heures de route de Montréal.

Temps arrêté

Le 29 septembre 2004, c’est comme si le temps s’était arrêté selon lui. «Cette journée s’inscrit parmi l’une des plus difficiles de ma vie. L’atmosphère était intense et profonde. J’y pense encore très souvent. Je vois encore les amateurs en larmes, ceux qui encourageaient l’équipe depuis plus de 30 ans. Pour bien faire, il aurait fallu que le dernier match soit disputé au Stade et non à New York. J’espère de tout cœur qu’une équipe reviendra s’installer à Montréal bientôt», a aussitôt enchaîné celui qui jette un œil sur les discussions de garde partagée avec les Rays de Tampa.

Ayant vécu les aventures des Expos à Puerto Rico, il estime que le concept pourrait fonctionner en divisant la saison en deux dans chacune des villes.

Du losange aux parcours

Pour la petite histoire expliquant qu’il a abouti dans un poste de direction au sein de l’Association des professionnels de golf d’Amérique, c’est qu’après avoir travaillé durant dix ans chez les Nationals à Washington, il voulait passer à autre chose.

Les saisons du baseball majeur sont longues et éprouvantes pour les membres des équipes. Loin de sa famille, il ressentait le besoin de rentrer à la maison auprès de ses enfants. Le domaine du golf lui permettait d’être présent autour de la table chaque soir.

«L’organisation des quatre grands championnats annuels de golf est prenante, car on recherche toujours la perfection, mais c’est un univers aux proportions internationales. Dans le contexte actuel, préparer la Coupe Ryder n’a pas été une mince affaire avec les règles internationales appliquées aux États-Unis. Nous sommes néanmoins parvenus à accueillir des gens d’Europe.»

Cette visite à Whistling Straits est aussi un retour sur les lieux de ses premiers pas dans l’univers du golf. Il avait fait ses débuts dans ses fonctions lors du Championnat de la PGA d’Amérique sur le Straits en 2015.

GARCIA LE MEILLEUR

Sergio Garcia est devenu, samedi matin, le plus prolifique golfeur de l’histoire de la Coupe Ryder en enregistrant une 24e victoire en carrière.

En compagnie de son complice espagnol Jon Rahm, il a battu Brooks Koepka et Daniel Berger de spectaculaire façon en revenant de l’arrière sur le retour.

Mais cette victoire n’était que la deuxième de l’équipe européenne lors des trois premières séances de la Coupe Ryder. Véritable guerrier et vétéran, Garcia n’avait donc pas du tout le cœur à la fête. Son équipe tirait alors de l’arrière 9-3 au pointage cumulatif.

Le record individuel a donc rapidement été relégué au second plan.

«C’est bien d’atteindre cette marque, mais dans le contexte, ce n’est pas réjouissant, a-t-il laissé tomber. Notre équipe doit gagner plus souvent et nous ne le faisons pas. Je n’ai su qu’à la fin du match que je battais le record, car quelqu’un me l’a annoncé. Je dois dire que je m’en fous.»

En débarquant à Whistling Straits avec 22 victoires en poche, il figurait à égalité au second rang avec la légende Arnold Palmer. Ses deux gains lui ont permis de surpasser l’Anglais Nick Faldo. L’Espagnol de 41 ans qui participe à un 10e tournoi de la Coupe Ryder cette semaine compte maintenant 13 gains en format par quatuor, ce qui lui permet de trôner au sommet parmi les Européens. Il a ajouté une 25e victoire samedi après-midi lors de la formule 4-balles alors qu’il a continué son excellent travail avec Rahm.

Avant même cette édition, Garcia était le golfeur le plus prolifique de l’histoire. Il compte maintenant 28,5 points en carrière, soit 3,5 points de plus que Faldo.