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Coupe Ryder: le golf à son meilleur

AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2021-09-25T01:47:01Z

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Aucun événement dans le monde du golf n’égale la poussée d’adrénaline et la nervosité sur le premier tertre de la Coupe Ryder. Une réalité tant pour les vétérans que pour les recrues.

Imaginez la scène dans l’amphithéâtre de quelque 10 000 spectateurs festoyant depuis les petites heures du jour. Des milliers d’autres longent les cordes.

L’atmosphère est survoltée durant les minutes menant au premier coup de départ de Sergio Garcia et Justin Thomas. L’aiguille des décibels frôle la limite.

Il faisait frais au lever du soleil d’une splendide matinée à Whistling Straits, vendredi. Mais déjà, l’alcool avait réchauffé les joyeux lurons dans les gradins. On en voit et on en entend de toutes les couleurs. Des milliers sont déguisés. Des centaines sont grivois. Mais il faut retenir les plus amusants qui entraînent la foule à crier les «USA, USA, USA» et entonner l’hymne national.

Les gradins vibrent, le son résonne à des centaines de mètres à la ronde. C’est totalement différent des départs en championnat majeur.

Pourtant, dans les jours menant au Tournoi des Maîtres à Augusta, tous les golfeurs affirment que le premier trou est le plus intimidant dans le monde du golf. Ils parlent surtout de la signification de ce premier coup de départ à un endroit mythique.

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Le premier coup de départ à l’Omnium britannique pèse aussi très lourd sur les épaules.

Mais quand un golfeur défend avec honneur sa nation dans une prestigieuse compétition biennale datant de 1927 devant l’Amérique, l’Europe et le monde entier, il faut des nerfs d’acier.

Inoubliable

Cette semaine, Justin Thomas se remémorait son premier coup en tournoi de la Coupe Ryder. Il n’est pas très loin. Il l’a exécuté au Golf National à Paris, en septembre 2018.

«Je m’en souviens encore comme si c’était hier. La configuration pour se rendre au premier tertre était absurde. Il fallait traverser un gros pont. Dès que j’étais à l’échauffement du jeu court, j’étais stressé», a-t-il raconté.

«Je jouais avec Jordan [Spieth], a poursuivi celui qui était une recrue à l’époque. Il avait été merveilleux, car il avait déjà vécu ce moment. Il savait ce que je ressentais.»

«En se rendant au tertre, il m’avait demandé qui frapperait cette première balle puisque nous jouions en formule à quatre balles. C’est moins important de déterminer le premier à frapper. Il m’avait alors demandé si je voulais le faire ou lui laisser le premier coup.»

«J’avais répondu que je voulais frapper en premier. Il m’avait aussitôt dit : “Tu l’as, vas-y”. Jordan savait que j’aurais à m’adapter à cette scène.»

«C’est un moment bizarre qui est très difficile à expliquer, mais j’ai toujours voulu le revivre.»

La jeune recrue américaine avec déjà deux titres majeurs en poche Collin Morikawa a apprécié cette expérience unique, vendredi matin.

«J’aurais préféré placer la balle dans l’allée, mais c’était vraiment plaisant. Tu ne vis ce moment qu’une seule fois. Je vais toujours m’en souvenir», a exprimé celui qui a d’ailleurs remporté son premier match en carrière en compagnie de Dustin Johnson.

Toujours intense

Les quatre groupes avaient tout juste pris le départ en matinée sur le coup de 8 h que les spectateurs affluaient déjà dans les gradins autour du premier tertre. Ils voulaient être témoins des coups de départ de la session d’après-midi.

Quatre heures plus tard, après avoir aligné les bières et avalé bon nombre de cocktails, la scène est toujours aussi intense. Les spectateurs sont bien avertis de respecter l’étiquette et de rester polis. N’empêche, alors que le tournoi est bien entamé, les Européens ne sont plus les bienvenus au Wisconsin.

On l’entend haut et fort aux quatre coins du Straits. C’est la magie de la Coupe Ryder.

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