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La folle épopée des Mets de 1986

La folle épopée des Mets de 1986

François Paquet

Publié 20 septembre
Mis à jour 20 septembre

La semaine dernière, je parlais des problèmes des Mets de 2021 et d’une saison très prometteuse qui sera finalement à oublier. Mais c’est aussi le 35e anniversaire de la conquête de la Série mondiale de 1986. Une équipe complètement folle, mais combien talentueuse.

Les Mets ont quand même connu un certain succès dans leur histoire. Après des débuts très difficiles comme club de l’expansion en 1962, la nouvelle équipe new-yorkaise a dû attendre jusqu’à la fin des années 60 avant de connaître du succès. En 1969, contre toute attente, les Mets ont remporté la Série mondiale face aux puissants Orioles de Baltimore, et ce, en cinq petites parties. Cette édition est devenue les «Miracle Mets» tellement cette victoire était inattendue.

Après s’être inclinés en Série mondiale en 1973 face aux A’s d’Oakland en sept parties, les Mets ont connu leur part de problème par la suite. Ce n’est qu’au début des années 1980 que les partisans ont retrouvé espoir lorsque l’équipe a repêché de nombreux bons jeunes joueurs tels que Darryl Strawberry et Dwight Gooden. Si bien qu’en 1985, les Mets gagneront 98 matchs sous la férule de Davey Johnson, mais termineront à trois parties des Cardinals et du premier rang. Et comme il n’y avait pas de meilleur deuxième à cette époque, les Mets ne participeront pas aux séries, mais reviendront avec le couteau entre les dents l’année suivante.

Évidemment, lorsqu’on parle de 1986, on pense à la gaffe de Bill Buckner des Red Sox de Boston lors du match numéro 6 de la Série mondiale. Mais au-delà de cette gaffe, les Mets avaient un club tellement talentueux, arrogant et autodestructeur. Mais Davey Johnson réussira, à travers vents et marées, à mener ce club de joyeux lurons, à une saison de 108 victoires et au championnat de la section Est de la Ligue nationale.

Les Mets de 1986 étaient un mélange de joueurs de tous âges et de toutes les sphères de la société. Les deux joueurs les plus talentueux de l’équipe, Dwight Gooden et Darryl Strawberry, étaient de gros fêtards, mais aussi de très gros consommateurs de cocaïne, ce qui amènera certains problèmes. D’autres, comme Lenny Dykstra et Randy Myers, étaient des bêtes en cage à contrôler.

Plusieurs joueurs aimaient faire la fête, puisqu’un bon nombre de joueurs importants de l’équipe n’avaient pas 30 ans et n’étaient pas mariés. Alors, la plupart d’entre eux buvaient beaucoup, consommaient beaucoup et les vols d’avion de l’équipe sont devenus mémorables pour différentes raisons. Que ce soit pour célébrer une victoire ou pour oublier une contre-performance, les raisons étaient toujours bonnes pour lever le coude dans l’avion, se chamailler entre coéquipiers et causer beaucoup de brouhaha dans l’équipe.

Avec des caractères bouillants comme Lenny Dykstra, Keith Hernandez, Wally Backman et compagnie, les Mets ont aussi été impliqué dans de nombreuses bagarres générales sur le terrain. Malgré tout, la troupe de Davey Johnson s’est amenée au match des étoiles avec pas moins de 13 1⁄2 d’avance dans sa section. Et malgré quelques embûches sur le terrain, mais aussi en dehors, les Mets gagneront facilement le championnat de la section.

Encore là, la plupart des amateurs se rappellent de la Série mondiale face aux Red Sox, mais la série de Championnat face aux Astros est encore considéré aujourd’hui comme une des meilleures de l’histoire. Dans une série où ils devaient battre Mike Scott et Nolan Ryan, les Mets ont gagné la série en six matchs de façon spectaculaire. Puis, la gaffe de Bill Buckner dans le match numéro 6 a ouvert la porte aux Mets qui ont finalement gagné la Série Mondiale en sept rencontres.

Lorsque les Mets ont célébré leur championnat avec un défilé, il y avait un absent de marque : Dwight Gooden. L’as lanceur était introuvable puisqu’en raison de ses problèmes de drogue, il a regardé le défilé bien assis (et bien gelé) dans le sofa de son revendeur de drogue. C’était le début de la fin pour Gooden qui a, par la suite, connu sa part d’ennui avec la justice. Même chose pour Lenny Dykstra et Darryl Strawberry qui ont eu à faire face à la justice pour de multiples raisons.

Certains autres ont mieux réussi dans leur après-carrière, comme Keith Hernandez et Ron Darling, qui sont maintenant analystes à la télévision des Mets, en compagnie de l’excellent descripteur Gary Cohen.

D’autres personnalités de cette équipe complètement folle sont devenues des gérants, comme Ray Knight, John Gibbons, Lee Mazzili, Wally Backman, pour ne nommer que ceux-là. Mais le plus ironique de l’histoire, c’est que parmi tous ces joueurs qui faisaient la fête et qui abusaient de l’alcool et la drogue, c’est le plus sage d’entre tous qui nous a quitté le premier. Si certains joueurs ont abusé de bonnes choses dans cette équipe, Gary Carter, lui, se donnait corps et âme à l’équipe, à sa famille et à la religion. Et pourtant, il a succombé à un cancer du cerveau en 2012 et a laissé un grand vide dans la famille des Expos, mais aussi des champions de la Série Mondiale de 1986, les Mets de New York.