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François Paquet

Mets: pouce en bas pour tout le monde

Mets: pouce en bas pour tout le monde

François Paquet

Publié 13 septembre
Mis à jour 13 septembre

Vous avez probablement vu dans les dernières semaines, les images de Francisco Lindor et de Javier Baez qui, lorsqu’ils réussissaient un bon coup en attaque, pointaient les deux pouces pour vers le bas en signe de désapprobation.  

Certains joueurs des Mets voulaient faire connaître leur mécontentement par rapport à l’attitude des partisans face aux joueurs, surtout dans les moments difficiles. Cependant, le manège n’a pas duré longtemps puisque les joueurs en question ont dû s’excuser le lendemain, à la demande des dirigeants de l’équipe. Et l’événement a laissé un certain malaise dans l’organisation pour trois raisons :  

  1. Lindor a signé une prolongation de contrat de 12 ans et 340 millions $ avec les Mets et semble déjà malheureux.  
  2. On espérait faire signer une prolongation de contrat à Javier Baez, qui deviendra joueur autonome à la fin de la saison.  
  3. Les grands bonzes des Mets savent très bien qu’on ne critique jamais les partisans, car ce sont eux qui achètent les billets et qui endossent le produit.    

Je ne sais pas si les Mets regrettent la prolongation de contrat, surtout avec les chiffres très ordinaires de Lindor et son attitude envers les partisans. Peut-être que Lindor lui-même se dit qu’il aurait dû être plus patient et profiter pleinement de son autonomie.

Mais disons que chez les Mets, la controverse leur colle aux fesses depuis quelques années. Et difficile de blâmer d’autres personnes que l’organisation elle-même pour ses différentes embauches. Pas plus tard que la semaine dernière, le directeur général de l’équipe, Zach Scott, a été arrêté en état d’ébriété. Ce même Scott, qui a remplacé Jared Porter, qui lui-même avait été congédié, seulement quelques mois après son embauche, pour des histoires d’inconduites sexuelles. Comme quoi, les Mets n’avaient pas fait un grand travail pour s’assurer que leur nouveau directeur général ne cachait pas de squelettes dans son placard.

Et ce n’est pas plus rose quand on parle des gérants. Rien à reprocher à Luis Rojas, qui tente de garder la tête hors de l’eau avec toutes ces vagues. Mais rappelez-vous que les Mets avaient d’abord engagé Carlos Beltran à titre de gérant, avant que ce dernier se fasse prendre dans l’histoire de vol des signaux des Astros de 2017. Et comme il était le frappeur de choix principal de l’équipe, il semblerait qu’il était un des joueurs les plus actifs dans le stratagème. Alors seulement quelques semaines après l’annonce de l’embauche de Beltran, ce dernier a été congédié avant même d’avoir dirigé un seul match.

En fait, les Mets ont voulu amener Beltran pour changer la culture de l’équipe, car l’équipe ne gagnait plus et plusieurs histoires de harcèlement sexuel ont commencé à se faire entendre. Et la plupart de celles-ci impliquaient... le gérant, Mickey Callaway. Ce dernier s’est trouvé ensuite un emploi comme entraineur des lanceurs avec les Angels de Los Angeles, avant d’être suspendu un an par le baseball majeur à la suite de son comportement inacceptable avec les Mets.

Lorsque les Mets ont changé de propriétaire majoritaire en 2020, plusieurs espéraient un changement positif. L’arrivée de Steve Cohen, un multimilliardaire du monde des finances qui vaut plus de 15 milliards $, a certainement plu à la plupart des partisans des Mets puisque le nouveau propriétaire voulait gagner, et ce, dès maintenant. Les différentes signatures d’agents libres et la transaction avec Cleveland pour amener Lindor et Carasco des Indians de Cleveland ont tout de suite démontré le sérieux du nouveau propriétaire.

Mais le nouveau boss a aussi démontré très peu de patience envers ses joueurs, se permettant même de critiquer les joueurs sur Twitter, lors d’un passage à vide au mois d’août. Il est certainement passionné par les résultats de son équipe, mais il a semblé dépasser une limite que les joueurs n’ont pas appréciée. Je ne sais pas s’il deviendra le Georges Steinbrenner des temps modernes, mais l’ancien propriétaire des Yankees aurait été encore plus désagréable si les réseaux sociaux avaient existé lorsqu’il était propriétaire des Yankees.

À travers les différentes controverses, les Mets avaient connu un début de saison plus que respectable et ont réussi à conserver le premier rang de la section Est pendant quelques mois. Mais après un certain temps, la logique a rattrapé les Mets et les blessures les ont achevés ou presque. La perte de Jacob deGrom aura certainement été le point tournant, alors que les Mets ont connu un mois d’août horrible avec un dossier de 9 victoires et 19 défaites. Les chances de participer aux séries sont plutôt minces puisqu’ils devront non seulement rattraper les Braves, mais aussi dépasser les Phillies en cours de route. Et si les Mets ne font pas les séries, c’est possiblement Luis Rojas qui en payera le prix et qui sera congédié. Et pourtant, il est un des rares dans l’organisation qui n’a absolument rien à se reprocher.