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Tennis

Viser les sommets

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Des titres en Grand Chelem, des médailles d’or olympiques, des trophées en Coupe Davis et à la Coupe Billie Jean King. C’est ce à quoi rêve le nouveau vice-président principal du développement de l’élite chez Tennis Canada, Hatem McDadi.

Pour le successeur de Louis Borfiga, la performance «tellement inspirante» des Québécois Leylah Fernandez et Félix Auger-Aliassime aux Internationaux des États-Unis est donc un autre pas dans la bonne direction pour l’organisation qui chapeaute leur sport au pays. 

Car chez Tennis Canada, on ne se surprend plus de voir des Canadiens atteindre la deuxième semaine dans les tournois majeurs.

Quand on parle à M. McDadi de la finale de Fernandez ou du carré d’as d’Auger-Aliassime, il y voit des joueurs qui ont suivi le chemin tracé par Milos Raonic ou Eugenie Bouchard, finalistes à Wimbledon il y a quelques années.

«Ça nous a vraiment aidés que Milos et Eugenie fassent tomber les barrières, analyse M. McDadi, lui-même un ancien joueur professionnel. Bianca Andreescu a aussi inspiré la plus jeune génération en gagnant les Internationaux des États-Unis en 2019.»

Et maintenant, croit-il, les parcours de Fernandez et d’Auger-Aliassime vont servir d’exemple pour les Canadiens d’âge junior qui espèrent percer sur les circuits professionnels.

Inspirante Fernandez 

Directrice de clubs de haute performance pour Tennis Canada, Séverine Tamborero a été à même de constater l’impact que peuvent avoir les succès de Leylah chez les jeunes joueuses de tennis.

Mme Tamborero a fait le voyage jusqu’à New York, la semaine dernière, afin d’accompagner les Canadiennes qui prenaient part au volet junior du US Open, notamment la Montréalaise Annabelle Xu, 17 ans.

«J’ai croisé Leylah, j’ai croisé sa mère, on a parlé de tout et de rien. Les jeunes filles, quand elles ont vu ça, c’est sûr que ça les a inspirées à être meilleures et à continuer dans leur sport», souligne-t-elle.

Tant M. McDadi que Mme Tamborero assurent que la relève est belle pour le tennis au pays, comme c’est le cas depuis quelques années.

La route est longue 

C’est de bon augure, donc, pour atteindre les objectifs prestigieux que s’est fixés Tennis Canada.

Mais tous deux se refusent à nommer les potentielles vedettes de demain.

Car, disent-ils, il est long le chemin jusqu’à la gloire que connaissent aujourd’hui Auger-Aliassime, Fernandez, Andreescu et Denis Shapovalov, récent demi-finaliste à Wimbledon.

«Ça prend une combinaison de plusieurs facteurs, mentionne Mme Tamborero, qui est à l’emploi de Tennis Canada depuis plusieurs années. Comme entraîneuse, je vois que le succès n’est jamais rapide. Il faut du talent, un bon entourage, un bon équilibre, et de la chance.»

L’entraîneuse cite en exemple le clan Fernandez, qui croit au potentiel de Leylah depuis maintenant une dizaine d’années.

«Tout le monde a été surpris de son parcours à New York, parce que ça semble s’être fait sur une courte période. Mais si vous parlez à Leylah ou à son père, eux ne sont pas surpris. Parce qu’ils y croient depuis le début.»

Recette gagnante 

Quant à M. McDadi, il estime avoir hérité d’une machine bien rodée par son prédécesseur. Les efforts déployés par M. Borfiga durant les 15 dernières années ont à nouveau porté leurs fruits au cours des deux dernières semaines.

Et le Torontois ne compte pas changer une formule gagnante.

«Je vais vraiment continuer à travailler avec les bases laissées par Louis. Nous allons aider les athlètes d’élite et nous assurer d’avoir d’excellents entraîneurs et du soutien pour nos joueurs.»

Une défaite qui va motiver Leylah 

Séverine Tamborero connaît Leylah Fernandez depuis une dizaine d’années. Et même au début de l’adolescence, elle voyait chez elle cette détermination et cette volonté de se dépasser sur le terrain.

Mme Tamborero n’était donc pas surprise de voir la Québécoise si amère dans les derniers moments de sa finale face à la Britannique Emma Raducanu.

«Depuis qu’elle est toute jeune, elle déteste perdre», explique la directrice du développement U10 et des clubs de haute performance chez Tennis Canada.

«Pendant deux semaines, on l’a vue heureuse de ses victoires, on a vu qu’elle ne tenait rien pour acquis, ajoute-t-elle. Puis, vers la fin du deuxième set de la finale, on a vu de la frustration, de la déception.»

Pour l’entraîneuse, la joueuse de 19 ans va grandir de ces deux semaines à New York.

Mme Tamborero estime que ces belles émotions vécues au cours de la quinzaine, suivies de la déception en finale, la motivent déjà pour ses prochains tournois.

«Elle n’a qu’un but depuis qu’elle est toute petite : être numéro un mondiale !» pointe-t-elle.

Quinzaine payante 

Il faudra encore du temps et des victoires pour que Fernandez atteigne son objectif, mais elle peut tout de même se réjouir de l’énorme bond au classement que lui a permis de faire sa finale aux Internationaux des États-Unis.

Classée 73e au monde au début du majeur, elle s’est réveillée lundi matin au 28e échelon de la WTA, un sommet en carrière.

Le US Open a aussi été payant pour le demi-finaliste Félix Auger-Aliassime. Le Québécois de 21 ans se pointe désormais en 11e position de l’ATP, un saut de quatre rangs. Il s’agit aussi de son meilleur classement. Il était 15e avant le début du tournoi.

«FAA» n’est plus qu’à une centaine de points de la 10e place, détenue par le Norvégien Casper Ruud.

Félix devient aussi le Canadien le mieux classé de l’ATP. Il a tout juste dépassé Denis Shapovalov (12e), qui a perdu deux rangs après son troisième tour à New York.

La chute fut plus brutale pour leur compatriote Bianca Andreescu, défaite en ronde des 16. L’Ontarienne, championne à Flushing Meadows il y a deux ans, est descendue de 13 places et se retrouve 20e à la WTA.