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Frédérick Gaudreau : un mariage de raison et de cœur

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Les journées qui raccourcissent, le mercure qui descend, les hockeyeurs québécois qui quittent leur patelin pour rejoindre leur équipe respective : trois indicateurs signifiant que l’ouverture des camps d’entraînement approche dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Pour certains d’entre eux, c’est l’occasion de découvrir une nouvelle destination et de se familiariser avec les installations de leur nouvelle formation avant que le cirque ne se mette en branle.

C’est le cas de Frédérick Gaudreau, qui, au cours de l’été, s’est entendu avec le Wild du Minnesota. Le Bromontois de 28 ans n’a pas mis de temps à trouver preneur à l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

L’encan n’était ouvert que depuis quelques heures lorsque le Wild et lui se sont entendus sur les termes d’une entente qui lui rapportera 1,2 M$ à chacune des deux prochaines saisons.

Pour Gaudreau, le mariage était parfait. D’une part, Bill Guerin lui offrait une certaine sécurité en lui proposant un contrat à un seul volet. D’autre part, avec le Wild, Gaudreau retrouvera Dean Evason, qui fut, pendant quatre saisons, son entraîneur en chef chez les Admirals de Milwaukee, de la Ligue américaine.

«C’est l’une des raisons pour lesquelles je voulais m’en venir ici. Les deux, on s’aime beaucoup. Je pense que Dean a eu un mot à dire dans l’approche du Wild. Il sait de quelle façon je peux jouer», a estimé Gaudreau, en entrevue avec Le Journal de Montréal.

«Il y a une autre chose que je connais de lui : ton utilisation, ce n’est jamais quelque chose qui est acquis. C’est un entraîneur très équitable dans son approche. Si tu travailles fort et que tu donnes ton 100 %, il va t’en donner», a expliqué l’ancien des Predators et des Penguins.

Une équipe en transition

Le Wild n’a pas chômé au cours de l’entre-saison. Guerin a amorcé la saison morte en force, annonçant le rachat des contrats de Zach Parisé et de Ryan Suter. Dans ces temps difficiles où le plafond salarial pourrait demeurer stable pour quelques saisons, engloutir un peu plus de 15 M$ pour deux joueurs vieillissants n’était pas une stratégie très viable.

Lors de son annonce, le directeur général du Wild avait d’ailleurs indiqué que ses rachats s’inscrivaient «dans notre volonté de transformer notre formation pour un jour gagner la coupe Stanley.»

C’est la vision qui a séduit Gaudreau, même si le Wild n’a pas franchi le premier tour des séries depuis 2015.

«Bill et Dean ne sont pas ici depuis bien des années. Bâtir une équipe à leur image, c’est un processus qui ne se fait pas du jour au lendemain», a rappelé Gaudreau.

«L’an passé, ils ont perdu en sept contre Vegas. Donc, ç’aurait pu aller d’un côté comme de l’autre. Le cœur de l’équipe est encore là. Il y a plusieurs jeunes de grand talent. Je pense que l’objectif, c’est d’être ultracompétitif et de, ultimement, aller chercher un championnat dans les années à venir», a-t-il poursuivi.

Des repères faciles à trouver

De nos jours, l’aspect familial prend une grande place dans les décisions que prennent les joueurs de hockey. L’époque où ils imposaient à leur conjointe de façon unilatérale leur prochaine destination est maintenant révolue.

Non, la direction du Wild n’a pas offert de tour de ville en hélicoptère pour vanter à la compagne du Québécois les charmes de St. Paul, comme l’avait fait Bob Gainey avec la famille de Brendan Shanahan.

Premièrement, ç’aurait été trop vite fait. Aussi bien le faire en auto. D’ailleurs, le Minnesota vient rarement en tête dans la liste des destinations privilégiée, à moins d’une raison bien précise.

«Ma blonde vient d’ici. Tous les étés, on venait passer un peu de temps avant de retourner à Bromont, a expliqué Gaudreau, tombé amoureux lors de son séjour à Milwaukee [madame étudiait alors à l’Université Marquette]. Alors, je connais un peu le coin.»

«Côté familial, c’était une belle occasion. Ça n’a pas été difficile à accepter, a-t-il poursuivi. Ça a assurément pesé dans la balance, mais le gros de la décision a été basé sur le hockey.»

Un rêve de jeunesse

En cette matière, parmi les aspects intéressants, il y a la Classique hivernale, dont le Wild sera l’hôte le 1er janvier. Pour l’occasion, l’équipe accueillera les Blues de St. Louis au Target Field, habituellement le domicile des Twins.

«Juste d’y penser, c’est excitant. Depuis toujours, je regarde ça à la télé. C’est le rêve de tout jeune joueur de hockey, a soutenu le joueur de centre. Au Québec, on grandit en patinant sur les patinoires extérieures. Que ce soit dans la cour arrière ou dans les parcs. On s’imagine tous qu’un jour on va faire la même chose sur une vraie patinoire, avec de la peinture sur la glace et des partisans partout.»

Reste seulement à espérer que l’événement, tout comme la totalité de la saison, puisse se dérouler normalement.