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Tennis

Emma Raducanu: l’autre Cendrillon

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Deux Cendrillon ont été invitées au bal cette semaine à New York. Il y a bien sûr la Québécoise Leylah Fernandez, 19 ans, mais aussi son adversaire en finale, la Britannique Emma Raducanu, 18 ans, et 150e mondiale.

En battant la Grecque Maria Sakkari jeudi sur le court Arthur-Ashe, Raducanu est devenue la première joueuse issue des qualifications à atteindre la ronde ultime d’un tournoi majeur dans l’ère moderne. Une première tant chez les hommes que chez les femmes.

« Je n’y crois pas. C’est un choc, c’est fou ! a lancé la jeune étoile en conférence de presse, après avoir éliminé la 17e favorite. Être en finale à ce stade de ma carrière... je n’ai pas de mots. »

On peut la comprendre de ne pas y croire. Car avant ce parcours incroyable aux Internationaux des États-Unis, Raducanu n’avait disputé que six rencontres dans le tableau principal d’un tournoi de la WTA.

Il y avait certes eu cette épopée éblouissante jusqu’en ronde des 16 à Wimbledon, en juillet. Profitant d’un laissez-passer, la Britannique avait dû déclarer forfait en plein match face à l’Australienne Ajla Tomljanovic, aux prises avec des étourdissements.

« Une supervedette en devenir »

Mais rien ne se compare à cette quinzaine new-yorkaise, au cours de laquelle Raducanu n’a perdu aucune manche et ne s’est jamais rendue jusqu’au bris d’égalité.

Si son parcours n’a pas été aussi compliqué que celui de Fernandez, qui a dû éliminer quatre favorites, la jeune surprise est tout de même venue à bout de deux têtes de série : la Suissesse Belinda Bencic, 11e, et Sakkari, 17e.

« C’est une supervedette en devenir, a commenté la légende Martina Navratilova aux médias américains. On ne veut pas trop lui mettre la pression, mais elle a ce truc qu’on a vu la première fois avec Rafael Nadal ou Novak Djokovic. »

« Je pense que le fait d’être jeune donne un sentiment de liberté sur le terrain, a reconnu Raducanu. En vieillissant, je vais sans doute ressentir plus de pression. La roue va tourner, d’autres jeunes vont arriver. »

Un passeport canadien

Mais en attendant, voilà deux adolescentes en finale du US Open pour la première fois depuis 1999, alors que Serena Williams, 17 ans, avait remporté le premier de ses 23 titres majeurs face à Martina Hingis, 18 ans.

Deux adolescentes qui ont des points en commun, dont un passeport canadien. Car Raducanu est née à Toronto. Ses parents et elle ont quitté le pays quand elle avait 2 ans.

Troisième confrontation

Deux adolescentes qui se connaissent, aussi. Leur première rencontre remonte à l’Orange Bowl, chez les moins de 12 ans.

« Je me souviens que nous avions fraternisé parce que je suis née à Toronto et qu’elle est Canadienne, a raconté Raducanu. Mais nous n’avons pas réellement gardé contact depuis. Nous nous saluons quand nous nous croisons dans un tournoi. »

Raducanu et Fernandez se sont déjà affrontées chez les juniors, à Wimbledon en 2018. La Britannique l’avait emporté 6-2 et 6-4.

Des juniors à la finale des Internationaux des États-Unis en seulement trois ans. Même si une seule Cendrillon sera couronnée samedi, le monde du tennis se souviendra longtemps de cette quinzaine comme l’un de ses plus beaux contes de fées.