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Crédit : PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

LNH

Attentats du 11 septembre: souvenirs d’anciens hockeyeurs

Publié | Mis à jour

Deux décennies plus tard, plusieurs anciens de la Ligue nationale de hockey se souviennent très bien où ils étaient au moment des attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Voici quelques témoignages recueillis dans le cadre d’un reportage publié, samedi, par Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec.

PATRICK ROY

Ancien gardien de la LNH et entraîneur des Remparts de Québec

OÙ ÉTIEZ-VOUS QUAND VOUS AVEZ APPRIS L’AMPLEUR DES ATTENTATS ?

«On était en Suède, pour le camp d’entraînement de l’Avalanche du Colorado. On était partis pour jouer deux matchs en Suède et un match en Finlande, je pense, ou deux matchs en Finlande. Au moment où c’est arrivé, j’étais dans ma chambre d’hôtel. On venait d’arriver de la pratique.»

QUELLE A ÉTÉ VOTRE RÉACTION ?

«Je me souviens d’avoir ouvert la télévision et d’avoir vu un avion entrer dans un building. Je pensais que j’écoutais Die Hard, je ne comprenais pas trop ce qui se disait à la télévision, alors je l’ai fermée et je me suis allongé un peu. Après, j’ai entendu les gars de l’équipe qui couraient dans le corridor. C’est là qu’on a réalisé l’ampleur de la situation.»

EN QUOI CELA A-T-IL CHANGÉ VOTRE VIE ?

«Ça n’a rien changé pour moi comme tel, mais c’est sûr que ça nous a tous attristés. De penser que des gens ont succombé dans cet événement-là, c’est d’une tristesse incroyable. On était allés visiter le site avec l’Avalanche pendant la saison et on ne pouvait pas croire ce qui était arrivé.»

- Propos reccueillis par Jessica Lapinski

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PATRICE BRISEBOIS

Ex-défenseur du Canadien et de l’Avalanche du Colorado

OÙ ÉTIEZ-VOUS QUAND VOUS AVEZ APPRIS L’AMPLEUR DES ATTENTATS ?

«J’étais au camp d’entraînement du Canadien à Brossard. On a su que les attentats avaient eu lieu avant de sauter sur la patinoire. Je peux vous dire que ce n’était pas évident pour tous les joueurs de s’entraîner.»

QUELLE A ÉTÉ VOTRE RÉACTION ?

«Sur le coup, personne ne croyait qu’un tel événement pouvait survenir. Ce sont des scènes qui ne sont pas plaisantes à voir et on se demande comment ça peut arriver. Ça m’a beaucoup bouleversé. Tu penses aux gens qui ont vécu ces attentats, à leurs familles qui ne savent pas si leurs proches sur place ont survécu. La ville de New York a été attaquée, c’est inimaginable. Tu penses aussi aux secouristes, aux pompiers principalement, qui ont risqué leur vie. Bon nombre y sont d’ailleurs morts.»

EN QUOI CELA A-T-IL CHANGÉ VOTRE VIE ?

«Ça prouve qu’on n’est jamais à l’abri dans la vie, peu importe où on se trouve. Des attentats, peut-être avec moins d’ampleur, il y en a eu à Londres, à Paris et ailleurs dans le monde. Ça prouve que si les terroristes veulent faire du mal, rien ne va les retenir.»

- Propos reccueillis par Louis Butcher

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SIMON GAGNÉ

Ancien joueur de la LNH

OÙ ÉTIEZ-VOUS QUAND VOUS AVEZ APPRIS L’AMPLEUR DES ATTENTATS ?

«C’était la première journée du camp d’entraînement à Philadelphie. Un physiothérapeute nous est arrivé en disant qu’un petit avion Cessna était rentré dans le World Trade Center. On croyait qu’il s’agissait d’une erreur de pilotage. Puis on a tous vu en direct le gros avion qui rentrait dans la deuxième tour. Quelques minutes plus tard, on nous a dit qu’un troisième avion était rentré dans le Pentagone. Les gars commençaient à paniquer. La pratique a fini rapidement, on nous a dit de partir et d’aller chercher les enfants à l’école.»

QUELLE A ÉTÉ VOTRE RÉACTION ?

«On vivait de l’incertitude. C’était freakant... Les États-Unis étaient attaqués par des terroristes. Même quand le quatrième avion est tombé dans un champ, on continuait de se demander toute la journée s’il y allait y en avoir d’autres. On voyait ça comme si les avions étaient rendus des bombes qui allaient s’écraser partout aux États-Unis.»

EN QUOI CELA A-T-IL CHANGÉ VOTRE VIE ?

«À mes débuts dans la LNH, on rentrait dans les avions sans sécurité. On stationnait presque notre auto sur la piste pour embarquer dans l’avion. C’était tellement facile et agréable. La sécurité a complètement changé à partir du 11 septembre 2001.»

- Propos reccueillis par Louis Butcher

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MIKE BOSSY

Ancien joueur de la LNH

OÙ ÉTIEZ-VOUS QUAND VOUS AVEZ APPRIS L’AMPLEUR DES ATTENTATS ?

«J’étais à Rosemère, ça faisait plusieurs années que j’avais quitté New York. J’allais me chercher un café à une enseigne dont je vais taire le nom pour ne pas lui faire de publicité. Quand j’ai entendu ça à la radio, j’ai appelé ma femme et je lui ai dit d’ouvrir la télé, que quelque chose se passait à New York.»

QUELLE A ÉTÉ VOTRE RÉACTION ?

«Je pense que j’ai eu la même réaction que tout le monde. Je me disais : ben voyons, ça n’arrive pas ici des choses comme ça ! J’ai suivi ça à la télévision toute la journée. Je ne peux dire que j’étais encore beaucoup en contact avec des gens de New York à l’époque, ça faisait quand même 13 ans que j’étais revenu chez nous après ma carrière. Par contre, j’ai rencontré du monde, dont un homme qui est devenu un chum, qui travaillait dans une des tours près du WorldTrade Center. Il m’a raconté des histoires qui n’ont pas d’allure. Lui avait entendu juste des bruits, mais à un moment donné, ils ont évacué son immeuble et il a vu des choses atroces qui l’ont marqué à vie.»

EN QUOI CELA A-T-IL CHANGÉ VOTRE VIE ?

«Moi je reste toujours étonné de ce qui s’est passé. J’ai eu la chance de visiter les lieux quand je travaillais à New York et c’était quelque chose à voir. Ce dont on se rend compte, quand on visite les restes de lieux comme ça, c’est à quel point on est chanceux que ça arrive si peu souvent. Ç’a paniqué un peu pendant une journée ou deux, parce qu’on pensait que tout le monde se faisait attaquer.»

- Propos reccueillis par Stéphane Cadorette