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CF Montréal: des groupes de partisans bannis du Stade Saputo

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Coup de tonnerre mercredi chez le CF Montréal, qui a annoncé la fermeture immédiate de la section 132 du Stade Saputo pour une période indéterminée.

Cette section est située derrière le filet du côté ouest du stade et elle accueille l’Association des supporters, qui comprend notamment les Ultras Montréal 2002, principal groupe de partisans de l’équipe qui contribue à l’ambiance.

Cette décision draconienne, qui sera en vigueur dès le match de samedi, affecte environ 150 détenteurs d’abonnement de saison qui n’ont pas eu d’autres options pour trouver une autre place dans le stade, même dans le cas de ceux qui ne sont affiliés à aucun groupe de partisans. On leur a simplement offert un remboursement pour les matchs restants.

«La décision qui a été prise est vraiment en raison d’un enjeu de sécurité au stade, a précisé le directeur des communications du club, Patrick Vallée. On veut que le Stade Saputo soit sécuritaire pour tout le monde, que ce soit les partisans, les joueurs ou le personnel.»

Sur les réseaux sociaux, beaucoup de partisans estiment que c’est une section au complet qui paie pour quelques délinquants. Les Ultras, eux, n’avaient pas encore réagir au moment de publier ce texte.

Récidive

«Des agissements répétés de violence, d’agression verbale et physique, d’intimidation et de vandalisme ainsi que l’utilisation fréquente de fumigènes, de dispositifs incendiaires et autres items pyrotechniques non autorisés ont continué à croître dans la section 132», précise le communiqué

«Depuis 2012, il y a eu 49 sanctions pour des individus ou des groupes dans la 132, précise Patrick Vallée. Que ce soit des personnes bannies ou des pertes de privilèges lors de matchs.»

Cette saison, cinq individus ont été bannis de la section 132 du Stade Saputo. De plus, la section au complet a été sanctionnée d’une suspension de privilèges de match (bannières et fumigènes notamment) après la rencontre du 17 juillet.

Comme la sanction, qui était applicable lors de la rencontre du 4 août, n’a pas été respectée, les privilèges ont à nouveau été révoqués pour trois parties.

La goutte

Le mois dernier, un partisan s’est plaint d’avoir été agressé parce qu’il s’est glissé dans cette section en portant un maillot du CF Montréal. Selon sa version, on lui aurait demandé de retirer le maillot, ce qu’il aurait fait.

Mais la goutte qui semble avoir fait déborder le vase est survenue le 27 août dernier lors d’une visite du Toronto FC au Stade Saputo.

Des partisans de la section 132 auraient alors été impliqués dans une altercation avec des partisans torontois qui auraient été agressés physiquement à l’extérieur du stade.

La situation a mené le Toronto FC à demander de ne pas émettre de billets pour les partisans montréalais dans la section des supporters adverse pour le match du 23 octobre au BMO Field, ce que la ligue a accepté.

D’ailleurs, la MLS n’écarte pas la possibilité d’imposer d’autres sanctions contre le club et ses partisans si de tels incidents devaient se reproduire.

Dialogue de sourds

Les relations entre le club et les partisans de la section 132 n’ont pas toujours été harmonieuses.

Mais elles se sont sérieusement détériorées depuis le changement identitaire de l’équipe, au début de l’année. Depuis le retour de l’équipe au Stade Saputo, les Ultras ont beaucoup insisté sur leur désir de voir partir le président, Kevin Gilmore, qui est l’artisan de ce changement d’identité.

La très grande majorité des partisans qui se retrouvent dans cette section son farouchement opposés au changement d’identité du club qui est passé de l’Impact de Montréal au CF Montréal, en janvier dernier et le club demeure lui aussi campé sur ses positions.

D’ailleurs, une récente rencontre entre les groupes de partisans et le club qui devait traiter de divers sujets a tourné en rond en raison du fameux «rebrand».

Le club n’a pas encore embauché un gestionnaire des relations avec les groupes de partisans, une fonction qui existe dans de nombreux clubs.

L’ancien membre des Ultras, Eric Chenoix a proposé ses services comme médiateur indépendant, mais son offre n’a pas eu de suite même si on lui a demandé son CV.

La question est maintenant de savoir si les deux parties veulent régler la situation. Par sa décision, le club démontre au minimum qu’il veut reprendre un certain contrôle sur les groupes de partisans.