Crédit : TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Football universitaire RSEQ

À quand le prochain quart québécois chez les pros?

Jean Carrier

Publié | Mis à jour

Gerry Dattilio est le dernier pivot québécois à avoir commencé un match professionnel avec les Concordes en 1984.

Qui sera en mesure de briser le plafond de verre et prouver qu’un quart-arrière québécois a sa place au niveau professionnel?

Pourtant la qualité du jeu des quarts québécois a progressé depuis le début du millénaire. Selon des intervenants interrogés, la question n’est plus de savoir si cela va arriver, mais bel et bien quand.

Nombreux voyaient en Hugo Richard la solution au problème.

Celui qui a mené le Rouge et Or à deux conquêtes de la coupe Vanier a pourtant préféré prendre sa retraite en juin dernier après une saison dans l’équipe de pratique des Alouettes.

«Je n’ai rien à envier aux quarts qui étaient à Montréal tant sur la puissance du bras que de l’intelligence au jeu. Je n’étais aucunement déclassé et j’étais à ma place. La vérité c’est qu’il aurait fallu que j’attende un minimum de quatre ou cinq ans avant d’avoir ma chance de m’établir comme partant. C’est la réalité du football professionnel à moins de posséder des aptitudes vraiment supérieures aux autres. C’était un sacrifice que je n’étais pas prêt à faire.»

Marché du travail

L’ingénieur de profession a préféré investir du temps dans son champ professionnel. Une décision qu’il ne regrette aucunement.

«C’est un facteur qui entre dans l’équation pour plusieurs joueurs provenant du circuit USPORTS. On sort de l’université avec un diplôme et il revient à chacun d’évaluer si ça vaut la peine de mettre son avenir en veilleuse pour avoir la chance d’évoluer dans la Ligue canadienne de football (LCF). Il n’y a pas de garantie que tu vas finir par avoir ta chance, ça demeure une business.»

La XFL

Richard assure qu’il n’y a rien qui cloche avec les méthodes inculquées dans le réseau du football au Québec.

«J’ai eu accès à tous les outils pour me développer au Québec. Ce n’est pas le problème à mon avis, c’est une question de volume. Il y a tellement plus de quarts au sud de la frontière que ça devient difficile de s’imposer avec un nombre restreint de postes. Je pense qu’une nouvelle ligue comme la XFL pourrait aider la cause en diluant un peu le talent et en créant plus d’opportunités.»

Nuance importante

Le grand manitou des Alouettes Danny Maciocia, est bien placé pour analyser la situation des quarts au Québec après avoir passé neuf saisons à la barre des Carabins. Il assure que l’écart s’est beaucoup rétréci entre le niveau professionnel et le palier amateur québécois au fil des ans.

«Ce n’est pas tout à fait vrai que les quarts québécois n’ont rien à envier aux quarts pros. La précision, la technique et la puissance de bras sont similaires, mais la vitesse de réaction n’est pas encore la même.»

Des solutions?

Pour pallier ce manque, le dirigeant des Alouettes croit en une alternative simple.

«Il faut trouver une façon pour que les quarts canadiens voient de l’action réelle dans les matchs. C’est de cette façon qu’ils vont s’améliorer et combler cette vitesse de réaction qui fait légèrement défaut dans la prise de décision.»

Maciocia entend faire une proposition aux autres dirigeants de la LCF afin de donner une meilleure chance aux quarts canadiens.

«J’ai entamé les pourparlers avec les autres dirigeants. Je regarde cette année la conférence du RSEQ et je ne me souviens pas d’avoir vu autant de bons quarts. Je pense vraiment qu’on est sur la bonne voie.»