Patinage de Vitesse (Canada)

Crédit : THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

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Patinage de vitesse courte piste : la «carotte» tentera de causer la surprise

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À travers les Kim Boutin et Courtney Sarault, chez les filles, puis Steven Dubois et Charles Hamelin, du côté masculin, les Championnats canadiens de patinage vitesse courte piste représentent la compétition la plus importante de la saison pour bon nombre d’athlètes. Pour certains, il pourrait même s’agir du point tournant de leur carrière sportive.

Alexis Marceau, 22 ans, n’est pas dupe: il sait que ses chances sont minces de finir parmi les quatre premiers patineurs, à compter de samedi à l’aréna Maurice-Richard, et ainsi se qualifier pour les Coupes du monde. À l’entraînement, l’athlète originaire de Rivière-du-Loup est d’ailleurs celui qui s’entraîne davantage avec les filles, devant contribuer à leur développement.

«Avec les filles, mon rôle, c’est comme d’être une carotte qui leur permet de pousser un petit peu plus à l’entraînement, a-t-il imagé. En général, avec un gars sur la glace, ça donne la possibilité à l’entraîneur d’atteindre une meilleure vitesse. Je suis comme la carotte pour Kim, Courtney, Florence [Brunelle] et les autres filles, si on peut dire.»

«Dans le cas de Kim, si j’arrive un peu fatigué ou pas prêt à un entraînement, ça ne prend pas de temps qu’elle me dépasse et ça remet les pendules à l’heure», est venu d’ailleurs préciser Marceau, en riant.

Le sympathique jeune homme aime bien la mission qui lui est confiée. Cela ne signifie toutefois pas qu’il a mis de côté ses ambitions personnelles. Il rêve toujours d’intégrer l’équipe nationale senior.

«Je suis le gars qui s’entraîne avec les filles. Donc, si jamais je fais un top 4, je pense que le monde du patin serait bouleversé, a affirmé Marceau, amusé. Ce serait la surprise de la décennie. Mais c’est aussi ce qui est plaisant. Je n’ai rien à perdre et tout à gagner.»

Atteindre le prochain niveau

De pouvoir finir parmi les 10 premiers patineurs au terme de ces championnats nationaux serait déjà un bel exploit pour Marceau. Cela lui permettrait de s’entraîner avec l’équipe canadienne, mais aussi d’obtenir un appui financier nécessaire à la poursuite de sa carrière. En 2019, l’étudiant en génie mécanique à l’Université McGill avait d’ailleurs pris le 12e rang des Championnats canadiens, ce qui avait été une belle réussite.

«C’est probablement la compétition la plus importante de ma carrière jusqu’à maintenant, a qualifié Marceau. Au niveau junior, j’ai participé aux Championnats du monde, mais là, pour atteindre le prochain niveau, c’est maintenant. Il y a beaucoup de choses qui se jouent pour moi dans cette compétition-là.»

La situation est semblable pour plusieurs autres patineurs, dans un contexte où le Canada a toujours démontré une grande profondeur dans le monde du courte piste.

«Tout peut arriver»

Nicolas Perreault, 20 ans, espère aussi profiter des Championnats canadiens pour passer à la prochaine étape de sa carrière.

«Je sais que ce ne sera pas facile, mais je crois que tout peut arriver, honnêtement, a lancé Perreault, qui est pour sa part originaire de Sherbrooke. Je vise davantage les Jeux olympiques de 2026 [en Italie] que ceux qui s’en viennent. Je vais quand même tout faire pour essayer de me classer.»

Parmi les filles, Ann-Sophie Bachand, qui vient de célébrer ses 17 ans, dit surtout souhaiter se servir de ces Championnats canadiens pour acquérir de l’expérience.

«Ce n’est pas mon année, je le sais, a-t-elle avoué. Je veux prendre de l’expérience, mais je ne veux pas non plus me laisser faire. Je compte prendre ma place et simplement savoir que j’ai tout donné à la fin de la compétition.»

- Les Championnats canadiens de patinage de vitesse courte piste sont prévus les 21, 22, 25, 28 et 29 août à l’aréna Maurice-Richard, à Montréal.