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Olympiques

Moment inimaginable pour Christine Sinclair

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Membre de l’équipe canadienne de soccer depuis 2000 à l’âge de 16 ans, Christine Sinclair ne croyait jamais vivre un tel moment.

«Quand j’ai débuté avec l’équipe nationale, on perdait 9-0 contre les États-Unis et nous sommes maintenant sur la plus haute marche du podium olympique, a raconté la capitaine canadienne incrédule de la tournure des événements. Je suis dépassée par ce que je vis présentement. Je ne peux pas croire ce qui arrive.»

«En 2011, après la Coupe du monde où nous n’avions pas remporté un match en phase de groupe, j’étais dévastée», s’est souvenue celle qui compte plus de 300 parties avec l’équipe nationale.

«Je pensais que le Canada serait capable de bien faire à un moment donné, mais j’étais convaincue que je ne serais plus là. John (Herdman) a tout changé quand il est arrivé comme entraîneur-chef. Il a changé la trajectoire du programme. Je pense qu’on lui doit beaucoup», a indiqué Sinclair.

Médaillée de bronze à Londres et à Rio et meilleure buteuse de l’histoire du soccer féminin avec 187 réussites, Sinclair ajoute une médaille d’or à son riche palmarès au grand plaisir de tout le monde au sein de l’équipe canadienne.

Une joueuse spéciale

«Christine méritait d’être championne olympique. Le groupe de joueuses a travaillé tellement fort pour que Christine Sinclair obtienne la médaille d’or qu’elle mérite tellement», a mentionné l’entraîneuse-chef Bev Priestman.

«C’est une personne tellement spéciale. Elle personnifie les valeurs canadiennes, elle est tellement humble. Elle est prête à tout pour que son pays soit fier et elle mérite ce moment exceptionnel», a enchaîné Priestman.

Cette dernière a souligné que ce fut un privilège de coacher Sinclair tout en ajoutant qu’elle croit bien que sa capitaine continuera à jouer encore trois ans jusqu’aux Jeux olympiques de Paris en 2024.

«Quand je l’ai remplacée en deuxième demie [80e minute], cela a créé un gros froid, mais j’avais besoin de jambes fraîches. Christine a apprécié chaque moment de la séance de tirs de barrage. Elle a fait preuve d’humilité.»

Sinclair confirme qu’elle aurait préféré demeurer dans l’action, mais elle a accepté la décision sans rechigner.

«C’est certain que tu veux continuer de te battre, mais j’avais confiance en l’équipe. Je voulais simplement aider l’équipe à gagner. Avec la prolongation, l’équipe avait besoin de jambes fraîches.»

Pas de décision

Âgée de 38 ans et même si elle n’a pas voulu se prononcer sur son avenir, Sinclair a peut-être disputé son dernier match olympique.

«Comme je l’ai toujours fait, je ne prends pas une décision dans la joie ou dans la peine. Je vais prendre le temps de réfléchir. Paris est encore loin, mais il y a une Coupe du monde avant.»

Pour avoir côtoyé Sinclair dans les deux derniers cycles olympiques, Stephanie Labbé était ravie que sa coéquipière puisse ajouter ce fait d’armes à son illustre carrière.

«Christine a porté l’équipe sur ses épaules pendant des années et les joueuses voulaient vraiment lui permettre de gagner cette médaille d’or», a mentionné la gardienne albertaine.

«Il y a maintenant des joueuses qui prennent la relève et qui sont prêtes à élever leur jeu d’un cran et c’est un bon signe de la direction que prend l’équipe. Christine va laisser un héritage incroyable», de conclure Labbé.

DES FILLES SUR UN NUAGE

Gabrielle Carle et Evelyne Viens flottaient sur un nuage après la dramatique victoire du Canada.

Pandémie oblige, chacune des joueuses remettait la médaille à la fille à côté d’elle. Viens a eu l’honneur de passer la médaille d’or au cou de la capitaine Christine Sinclair. «J’ai remis la médaille à la plus grande joueuse de l’histoire et à une légende et j’ai reçu ma médaille de Vanessa Gilles qui a connu un tournoi énorme. Jamais je n’aurais cru que j’aurais une médaille olympique au cou. Je cherche mes mots et c’est vraiment incroyable ce qu’on vit. Le groupe la mérite tellement cette médaille», a exprimé Viens.

Inspirer les jeunes

«Déjà gagner le bronze à Rio en 2016 était tout un exploit, renchérit Carle qui était réserviste au Brésil. Gagner l’or à Tokyo, je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. [...] Sur le but de la victoire de Julia, j’ai réagi en deux temps. Quand la gardienne a partiellement arrêté le ballon et quand le ballon s’est retrouvé dans le filet. J’étais confiante parce qu’on pratique les tirs de barrage quotidiennement depuis quarante jours.»

Viens avait une pensée pour les jeunes Canadiennes.

«On a réussi cet exploit même s’il n’y a pas de ligue professionnelle au Canada. On l’a fait pour notre pays. Si notre victoire peut inspirer des jeunes, tant mieux. On pourra dire mission accomplie.»

Même si elles n’étaient pas en uniforme pour la rencontre ultime, les deux anciennes du Dynamo de Québec ont reçu leur médaille puisqu’elles ont vu de l’action pendant le tournoi.