Crédit : AFP

F1

Nicholas Latifi obtient son meilleur résultat

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Malgré une 18e place sur la grille de départ, Nicholas Latifi a su profiter du chaos pour réaliser la meilleure performance de sa jeune carrière en Formule 1.

Classé huitième à l’arrivée au Grand Prix de Hongrie, dimanche, au volant de sa Williams, le pilote canadien a vu son nom être inscrit au septième rang du tableau final quand les commissaires ont exclu Sebastian Vettel (deuxième), quelques heures après la conclusion de la course.

À l’inspection technique, l’Aston Martin du quadruple champion du monde ne contenait pas la quantité suffisante de carburant dans le réservoir exigée par le règlement.

L’écurie, dirigée par Lawrence Stroll, a contesté la décision et manifesté son intention de faire appel.

Devant son coéquipier Russell

À son 28e départ en F1, Latifi inscrit enfin ses premiers points (six) en F1.

«C’est un résultat incroyable pour l’équipe, a raconté le pilote canadien né à Montréal. Nous frappons à la porte du top dix depuis quelques courses et, finalement, nos efforts ont été récompensés.»

«C’est d’autant plus réconfortant que George [Russell] ait lui aussi récolté des points précieux.»

Le Britannique a terminé la course immédiatement derrière son coéquipier.

Un trou béant

Souvent associé à la fortune de son père, sans qui il n’aurait jamais accédé à la F1, Latifi a su faire taire les critiques en livrant une performance inspirante et surtout sans faille en Hongrie.

«J'ai tiré profit de l’hécatombe qui s’est déroulée devant moi après le départ pour me faufiler, a reconnu le pilote de 26 ans. Il y a eu soudainement un trou béant et ça m’a souri.»

Quand le drapeau rouge a été déployé, Latifi était passé de la 18e à la sixième place. Mieux encore, il s’est hissé au troisième rang à la relance, position qu’il a défendue courageusement jusqu’à son second arrêt au puits de ravitaillement, au 24e tour.

«On savait qu’il ne garderait pas longtemps son troisième rang, a expliqué l’ancien pilote de F1 Johnny Herbert sur les ondes du réseau britannique Sky Sports. Mais il s’est bien comporté et a su éviter les pièges. Ç’a été une belle démonstration de sa part.»

Ce qu’il faut retenir

Pénalités méritées pour Stroll et Bottas

Le Grand Prix de Hongrie a été de courte durée pour cinq pilotes forcés à l’abandon quelques mètres après le signal du départ. Autant Valtteri Bottas que Lance Stroll méritaient la pénalité de cinq places qui leur sera imposée sur la grille de départ du prochain Grand Prix. Le Montréalais a tenté une manœuvre de dépassement impossible quand il a essayé, les quatre roues hors-piste, de «faire» l’intérieur à Charles Leclerc. Ce dernier a été agacé par le comportement de Stroll. «Il a été imprudent, a dit le pilote monégasque. Il aurait dû savoir que ça ne passait pas.»

Merci, Fernando

Quatrième au classement, Fernando Alonso a non seulement démontré qu’à 40 ans (il a célébré son anniversaire jeudi), il avait encore l’étoffe d’un champion, mais il s’est aussi avéré un coéquipier hors pair. Esteban Ocon doit ainsi une fière chandelle à son partenaire espagnol au sein de l’écurie Alpine, sans qui il n’aurait probablement pas remporté sa première victoire en F1. Alonso a su tenir tête à Lewis Hamilton pendant quelques tours pour ralentir la remontée du Britannique. Un ou deux tours de plus et Hamilton aurait sans doute signé son 100e gain dans la discipline-reine du sport automobile.

Une première depuis... 1983

Quand Pierre Gasly a remporté une victoire inattendue au GP d’Italie, l’an dernier à Monza, il mettait fin à une disette de 26 ans sans gain pour un pilote français en F1. Voilà qu’à peine 11 mois plus tard, la Marseillaise a retenti à nouveau sur le podium. C’est aussi la première fois depuis le GP d’Autriche en... 1983 (Alain Prost) qu’un pilote français s’impose au volant d’une monoplace de conception française (Renault) et mue par un moteur français (Renault).

De retour après la pause

Place maintenant à la pause des vacances de quatre semaines! Prochain rendez-vous au majestueux circuit de Spa-Francorchamps, à l’occasion du GP de Belgique, le 29 août.