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Formule E

FE: une course disputée... trop vite?

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Après l’analyse des simulations de course, la Formule E a décidé de diminuer la réserve d’énergie dont disposeront les pilotes à l’occasion de l’ePrix de Londres afin d’éviter un spectacle ennuyeux. Mais de l’avis de plusieurs, il pourrait s’agir d’un coup d’épée dans l’eau.

Selon les informations rapportées par le site The Race, chaque pilote pourra bénéficier de 48 kWh plutôt que de 52 en temps normal. Cette décision survient après que les équipes et les pilotes eurent milité en ce sens la semaine dernière, à l’occasion de l’ePrix de New York.

Le principal point d’inquiétude reposait sur le fait que les données prévoyaient une course disputée à fond sans se soucier de la gestion de l’énergie. Or, la gestion d’énergie est un facteur crucial dans cette série.

En effet, un système de récupération d’énergie au freinage permet généralement aux pilotes de récupérer, puis réutiliser, 30 % de l’énergie. À Londres, les estimations pointaient plutôt vers une récupération de seulement 10 % nécessaire pour terminer la course.

«Nous avons eu tellement de retours, de ceux qui disaient que nous devrions passer à 36 kWh jusqu’à ceux qui disaient que tout va bien», a expliqué à The Race le directeur de la FE au sein de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), Frédéric Bertrand.

«Donc, je pense que 48 kWh est un bon défi. Si on sent qu'il y a un ajustement à faire, peut-être qu'on jouera un peu avec le mode attaque, surtout si on peut aider à dépasser.»

Pas suffisant

Aux yeux de Jean-Éric Vergne, de l’écurie DS Techeetah, maintenir le niveau d’énergie régulier aurait fait très mal au spectacle, puisque la nécessité de lever le pied et de laisser la voiture user de son élan en entrée de virage n’aurait pas été nécessaire.

C’est pourtant grâce à cette technique, nécessaire pour gérer l’énergie, que de nombreux dépassements peuvent être observés. Les stratégies sont effectivement différentes d’une équipe à l’autre, ce qui fait en sorte que les occasions de se retrouver derrière un adversaire en mode économie multiplient les manœuvres de dépassement.

«Ce serait un train de voitures et personne ne ferait de dépassement en raison de la très faible économie d'énergie que nous aurions à faire, a fait valoir Vergne. Ça [aurait] vraiment mal paru si [la FIA n’aurait] rien fait. Nous nous [serions] juste heurtés les uns aux autres et ce [n’aurait] pas vraiment été une course.»

Alexander Sims, de Mahindra, abondait dans le même sens, ajoutant que la réduction de 4 kWh n’était pas du tout suffisante. Il espérait, quelques heures avant la première course, que des segments en mode attaque supplémentaires soient alloués pour améliorer le spectacle.

«D'après ce que je comprends pour le moment, même avec la réduction d'énergie, la course est susceptible d’être pratiquement disputée à fond, a-t-il déclaré à The Race. Avec des virages aussi lents et l'effet accordéon, je pense qu'il y aura des écarts significatifs au sein du peloton, donc les dépassements seront difficiles.»

«Je suppose que le mode d'attaque va être assez crucial pour bien faire les choses.»

Les deux courses londoniennes auront lieu samedi et dimanche et seront diffusées sur les ondes de la chaîne TVA Sports.