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Le Lightning loin d’être rassasié

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Remporter la coupe Stanley est un exploit en soi. Le faire deux fois de suite est un tour de force. Trois fois? Pratiquement mission impossible. Même si pareille séquence ne s’est pas vue depuis les quatre sacres de la dynastie des Islanders, au début des années 1980, c’est avec cet objectif que l’état-major du Lightning de Tampa Bay a amorcé la saison morte.

«Les décisions que nous allons prendre au cours des prochaines semaines le seront dans le but de gagner une autre coupe. C’est l’objectif de l’organisation. Les attentes sont encore élevées», a indiqué Mathieu Darche, en entrevue au «Journal de Montréal». 

Ce qui compliquera la tâche, c’est que le Lightning devra faire des choix déchirants. Pour respecter le plafond salarial, qui sera une fois de plus fixé à 81,5 millions $, Julien BriseBois, le directeur général de l’équipe, devra se départir d’effectifs qui l’ont aidé à soulever le précieux trophée à deux occasions.

«Ce ne sera pas facile. Même participer aux séries risque d’être tout un défi dans la section Atlantique. Mais on est confiant, on aime notre noyau», a soutenu Darche.

Le noyau dur du Lightning devrait donc demeurer intact. Les Nikita Kucherov, Steven Stamkos, Brayden Point, Victor Hedman, Andrei Vasilevskiy n’iront nulle part.

On peut penser que Tyler Johnson, que le Lightning a souvent tenté d’envoyer sous d’autres cieux en raison de son salaire annuel de 5 millions $ (à qui il reste encore trois saisons), ne sera pas de retour. Peut-être BriseBois tentera-t-il de le refiler au Kraken de Seattle moyennant un dédommagement?

David Savard, Barclay Goodrow et Blake Coleman deviendront joueurs autonomes sans compensation à la fin du mois. Qu’adviendra-t-il d’eux?

Bonne question. Déjà, BriseBois et Darche ont retroussé leurs manches pour s’atteler à la tâche.

«On n’est pas en train de se dire: "Ah non. Il faut faire des changements. On ne sera pas aussi bons." Ce qu’on fait, c’est essayer d’aller chercher une autre coupe», a martelé Darche.

Des minutes angoissantes 

Malgré ce rapide retour au boulot, le Québécois a tout de même eu l’occasion de célébrer cette deuxième conquête consécutive. Une deuxième en autant d’années depuis son embauche par le Lightning.

«Je suis chanceux», a-t-il reconnu.

«Gagner la coupe, tu es prêt à le faire de n’importe quelle façon: dans une bulle comme l’an passé, sur la route. Mais réussir à le faire à domicile, dans un édifice plein où tout le monde est debout et euphorique, c’est merveilleux. Contrairement à l’an passé, on était devant nos partisans, avec les membres de notre famille. Je pense qu’on est rentré à la maison à 5 h du matin.»

Avant les célébrations, il y a eu quelques minutes d’intense nervosité. Avec un seul but d’avance, le Lightning a vu le Canadien de Montréal accentuer la pression en tentant désespérément de niveler le pointage.

«On a été nerveux jusqu’à la toute fin. On ne donnait pas beaucoup d’occasions de marquer, mais le Canadien, c’est une équipe qui ne lâche pas. Ils ont fait de gros "comeback" toute l’année et dans les séries. Il y avait quelque chose de spécial avec eux. On était à un but que ce soit égal», a-t-il analysé.

«Le trio de Yanni Gourde a été exceptionnel. Pendant les dix dernières minutes, ils ont joué à chaque deux présences. Et je revois le tir qu’a bloqué Barclay Goodrow en se jetant devant Shea Weber qui patinait depuis le banc pour prendre un lancer sur réception. C’est assez impressionnant.»

De passage au Québec 

Ce qu’il y a également d’impressionnant, c’est de savoir combien de joueurs continuaient de lutter, malgré de sévères blessures.

«Kucherov a joué avec des côtes cassées (depuis le sixième match contre les Islanders de New York). On pensait qu’il n’allait pas rejouer. On devait le geler avant chaque match. Alex Killorn s’est cassé le péroné. Le lendemain, il s’est fait installer une tige de 12 pouces dans la jambe dans l’espoir de revenir. Hedman doit se faire opérer pour un ménisque déchiré dans un genou. Ryan McDonagh et Goodrow jouaient avec des mains cassées», a énuméré Darche.

La plus belle récompense, c’est que tout ce beau monde aura droit à sa journée avec la coupe Stanley, ce qui avait été impossible l’an dernier, sauf pour ceux qui étaient demeurés à Tampa.

Le précieux trophée sera donc de passage au Québec pendant quelques jours au cours des prochaines semaines. Les dates restent à déterminer.

«L’an dernier, je l’ai eu à Tampa. Mais, cette fois, j’aimerais l’amener à Montréal. Je veux partager ce moment avec la famille et les amis», a indiqué Darche.