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Hockey

Des JO sur la glace

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À sa première année comme commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), Gary Bettman avait remis la Coupe Stanley à Guy Carbonneau. C’était le 9 juin 1993 au Forum de Montréal après une victoire de 4 à 1 contre les Kings de Los Angeles lors du cinquième match.

«Félicitations au Canadien de Montréal qui a gagné la Coupe Stanley.» Un jeune Bettman avait prononcé cette courte phrase en français avant d’offrir le trophée au capitaine de l’équipe, comme le veut la tradition. Mais à cette époque, il y avait une tradition qui n’existe pas encore.

Bettman avait prononcé son discours sans les huées des partisans. À quelques heures de la finale de la Coupe Stanley de 2021 entre le Canadien et le Lightning, l’Américain de 69 ans a replongé brièvement dans ses souvenirs. Pour une première fois depuis ses débuts dans la LNH, il retrouve le CH en grande finale.

«Donner la Coupe Stanley, c’est toujours une expérience spéciale, a rappelé Bettman avec le sourire. C’est un honneur. C’est la chose que je préfère. Et même si ça fait des années, je me souviens de cette soirée de 1993 comme si c’était hier. C’était excitant.»

À l’instar de l’an dernier, Bettman a procédé à sa conférence à l’aube de la finale aux côtés de son adjoint, Bill Daly. Comme c’était le cas en septembre dernier à Edmonton, le commissaire a pris la parole en visioconférence.

«J’espère qu’on procédera ainsi pour une dernière fois, a-t-il noté. À l’extérieur du Amalie Arena, il y règne déjà une belle ambiance. C’est important de renouer avec nos partisans. On a encore du travail à faire et des précautions à prendre. Mais l’atmosphère que les partisans produiront reste un signe que le retour à la normale reviendra sous peu.»

Pékin encore des doutes

Bettman a exploré une multitude de sujets dans une conférence de près d’une heure. La participation de la LNH aux Jeux olympiques de Pékin au mois de février 2022 a retenu l’attention.

Si on croyait que les JO de Pékin représentaient une certitude, ce n’est plus le cas. La LNH envisage de publier son horaire pour la saison 2021-2022 entre la conclusion de la finale et le repêchage (23 juillet).

«On ne le sait pas encore s’il y aura une pause dans l’horaire pour les JO, a dit Bettman. Ça nous cause des problèmes. Ça représente des enjeux pour la saison prochaine. On commence à s’inquiéter pour l’impact de la saison.»

«Il y a encore du travail à accomplir, toutes les parties sont engagées, a renchéri Dalay. Avec des JO à Pékin et l’insécurité pour le virus (COVID-19), on ne parle pas de la situation idéale. On avait négocié de bonnes fois avec les joueurs pour y aller. Ça reste notre position. Mais si les conditions sont bonnes, nous allons être d’accord et soutenir d’aller aux JO. Nous nous référons à l’AJLNH. Mais le temps va manquer. Nous souhaitons avoir une résolution bientôt.»

Pour accepter d’ouvrir la convention collective pour le retour au jeu après la pause reliée à la Covid-19 à l’été 2020, l’AJLNH avait fait plusieurs sacrifices financiers, mais en retour, il y avait un bonbon avec la participation des joueurs aux prochains Jeux olympiques.

En 2018 à Pyeongchang en Corée du Sud, la LNH avait choisi de renoncer au tournoi olympique pour une première fois après des présences en 1998 (Nagano), 2002 (Salt Lake City), 2006 (Turin), 2010 (Vancouver) et 2014 (Sotchi).

Historiquement, la LNH n’a jamais aimé interrompre son calendrier pour plus de deux semaines. Et la logistique est encore plus grande quand ça se déroule en Asie. À ce casse-tête, on doit aussi ajouter la pandémie qui n’est toujours pas terminée avec la présence des variants, comme le Delta.

«Il reste quelques problèmes, a précisé Daly. Un des problèmes est la tenue des JO en soi, avec ou sans spectateurs et comment les JO de Tokyo auront un impact sur Pékin. Il y a des enjeux d’assurances liés à la COVID-19 pour les joueurs et les familles. On a réglé plusieurs des problèmes de base, mais on demeure en territoire inexploré quant à où on en sera en février par rapport à la COVID-19.»

Dans les règles

Questionné également sur le Lightning qui dépasse le plafond salarial de plusieurs millions avec le retour de Nikita Kucherov pour les séries, Bettman n’y voit pas un enjeu. Il ne songe pas à ouvrir la convention collective pour y inclure un nouveau règlement par rapport à la gestion du plafond pour les séries.

«Ça pourrait faire l’objet de négociations si les équipes ou les joueurs le veulent, a répliqué Bettman. Le système est bon et rien d’inapproprié n’a été fait. Les astres étaient alignés pour Tampa. Le Lightning a pu ramener un joueur important.»