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Euro 2020

Mbappé veut percer les défenses

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Depuis le début de l'Euro, Kylian Mbappé ouvre les brèches au sein de l'attaque française, laissant le rôle de finisseur à Antoine Griezmann et Karim Benzema. Le huitième de finale lundi contre la Suisse (21h00) pourrait lui permettre de débloquer son compteur de buts.

« Pendant les trois matches il s'est créé beaucoup d'occasions, il ne les a pas mises au fond mais il a participé aux actions offensives de l'équipe », a relevé samedi Presnel Kimpembe. « La compétition n'est pas encore finie, marquer ne va pas être un problème pour lui », a poursuivi le défenseur à propos de son équipier au PSG, un joueur « au service de l'équipe ».

Pour l'heure, la flèche parisienne a plus fait trembler les défenses que les filets adverses. Toutefois, ses dribbles, ses passes, ses percussions et ses coups de rein n'ont pas servi à rien, comme en témoigne le penalty obtenu avant la mi-temps contre le Portugal (2-2).

Face à la Hongrie (1-1) au match précédent, l'égalisation française est également venue d'un énième déboulé de Mbappé. Il aurait pu être crédité d'une passe décisive si Benzema n'avait pas manqué sa reprise à la demi-heure de jeu, voire marquer si le gardien n'avait pas sorti le grand jeu.

« J'aime tellement regarder jouer Mbappé. Tellement incroyablement bon », en a salivé l'ancien avant-centre anglais Gary Lineker, désormais consultant renommé.

Impliqué défensivement pour le match d'ouverture contre l'Allemagne, altruiste mais pas en réussite après, le champion du monde de 22 ans se montre plus disponible dans la construction du jeu qu'en Russie.

Quatre matches sans marquer

Après le match d'ouverture contre l'Australie en 2018, Didier Deschamps avait ainsi reproché à l'attaquant un manque de courses à haute intensité, comme s'il ménageait ses forces pour être plus efficace face à la cage.

« Si je n'ai pas envie de courir, autant ne pas jouer! », en avait plaisanté Mbappé avant le début de l'Euro. « Je vais essayer de tout donner pour mon équipe, que ce soit offensivement ou défensivement », avait-il alors promis.

« Bien sûr qu'il faut aider les coéquipiers mais les attaquants sont là pour être au bout de la chaîne, être dans les 30 derniers mètres et essayer d'être le plus décisifs possible », avait-il ajouté.

En bout de chaîne, c'est pourtant les deux autres segments du « triangle d'or » des Bleus, Griezmann et Benzema, qui ont accaparé les honneurs jusqu'ici à l'Euro. Et cette panne de buts pourrait commencer à démanger « KM7 », meilleur canonnier de la Ligue 1 ces trois dernières saisons.

Depuis son but en préparation contre le pays de Galles (3-0), agrémenté d'une passe décisive pour Griezmann, Mbappé n'a toujours pas fait parler la poudre. Quatre matches ont suivi, pour un total de 382 minutes sans but. Au total, « Kyky » n'a marqué qu'une seule fois sur ses neuf dernières sélections...

« Chaud de le contrôler »

Face à la « Nati », qu'il n'a jamais affrontée en 47 sélections, sa vitesse pourrait aider à percer le verrou défensif.

« Pour la Suisse ce sera chaud de le contrôler, peut-être qu'il faut doubler (défendre à deux, NDLR) », avance auprès de l'AFP l'ancien international helvète Stéphane Chapuisat. 

Le sélectionneur Vladimir Petkovic mettra probablement en place « un bloc bas », car il faut « donner le moins d'espaces dans le dos de la défense à un joueur comme Mbappé, mais aussi à Benzema », fait valoir l'ancien attaquant.

Encore plus qu'au Mondial russe, les défenses adverses essayent d'anticiper les fulgurances de l'attaquant du PSG.

« En 2018, c'était ma première compétition, c'était le moment de confirmer, de mettre les pieds dans le grand monde. Depuis j'ai fait trois saisons pleines, j'ai gagné pas mal de titres collectifs et individuels », disait le Français avant l'Euro.

« Je suis à une étape différente de ma carrière et je dois encore confirmer, mais ce sera à l'aide du collectif. Il ne faut jamais s'isoler du collectif », avait-il aussi assuré.

Il y a cinq ans, l'ex-Monégasque avait enflammé la planète foot en éliminant de la Coupe du monde l'Argentine de Lionel Messi (4-3), avec une chevauchée fantastique conduisant à un penalty, puis un doublé qui avait mis les Bleus devant. C'était en huitième de finale...