Canadiens de Montréal

Séries LNH: les officiels pris entre l’arbre et l’écorce

Publié | Mis à jour

«Je vais te dire une affaire. Je n’aimerais pas ça être impliqué dans cette série-là. C’est tough en tabarouette. Surtout comparé à l’autre demi-finale, où il ne se passe pratiquement rien.»

Au bout du fil, Pierre Champoux. De 1988 à 2014, il a participé à 1516 rencontres de la LNH à titre de juge de lignes. Même loin de l’action, il n’a jamais cessé de suivre les activités du circuit Bettman, surtout en séries éliminatoires.  

Comme tout le monde, il a été témoin des soirées difficiles qu’ont connues Chris Lee et Dan O’Rourke au Centre Bell vendredi et dimanche soirs.

Selon lui, les deux arbitres et leurs deux collègues juges de lignes auraient dû décerner une punition de quatre minutes pour le coup de bâton que Jonathan Marchessault a asséné à Corey Perry lors de la prolongation du troisième match.

«Comme n’importe quel être humain, un arbitre peut commettre une erreur. Là-dessus, ils l’ont carrément manqué. Tu ne peux pas rater un geste comme celui-là, a-t-il lancé. Ça, c’est la responsabilité des quatre gars sur la glace.»

Voyez le passage de Pierre Champoux à JiC dans la vidéo ci-dessus.

Plus de pouvoir à Toronto  

D’ailleurs, Champoux est d’avis qu’il est temps pour les officiels à Toronto de pouvoir appeler au banc du chronométreur pour l’aviser qu’une infraction a été commise.

«Avec la vitesse du jeu, ça ne serait pas une mauvaise chose de pouvoir réviser un événement majeur comme un bâton élevé avec blessure ou une punition de match. Je pense qu’on est rendu là. Ça donnerait plus d’outils aux officiels.»

Pour le reste, il soutient que les arbitres ont souvent les mains liées. Au même titre que ceux qui patinent avec un bâton de hockey, l’objectif des officiels est d’atteindre la finale de la Coupe Stanley.

Plus permissifs en troisième  

Si les joueurs le font en gagnant des matchs, les officiels, pour leur part, y parviennent grâce au mérite. Et qui décide de l’identité des plus méritants ? Le bureau des opérations de la LNH.

«Ils sont pris entre l’arbre et l’écorce. Les arbitres reçoivent des directives du bureau des opérations hockey provenant de gars qui ne connaissent pas la réalité de ceux qui sont sur la glace. Ils n’ont jamais été dans le zoo, dans le jus. Ils ne peuvent pas comprendre toutes les implications d’une décision.»

«Rendus en troisième période, les arbitres se font dire d’appeler les punitions pour des gestes qui nuisent à la progression d’un joueur avec la rondelle : faire trébucher, accrocher, retenir. À l’inverse, ils se font un peu plus permissifs sur le jeu robuste si ça ne cause pas de blessure», a-t-il raconté.

D’où les doubles échecs dans le dos, les prises de lutte et les coups de poing qui demeurent impunis.

Savoir empêcher les escalades  

Néanmoins, Champoux n’est pas prêt à donner l’entière absolution à Lee et à O’Rourke.

«Un moment donné, il y a du game management à faire. Si tu laisses passer une infraction parce que tu en as raté une de l’autre équipe plus tôt ou si tu le fais parce que tu as laissé passer un coup qui était limite quelques minutes avant, ça se peut que tu te retrouves en troisième période et que tes mains soient menottées pour appeler le même type de punition.»

Ce qui nous amène à l’échauffourée de la fin du deuxième engagement, qui s’est conclue par une gauche de Brayden McNabb au visage de Nick Suzuki, sous les yeux de Lee.

Songeant à lever le bras, l’arbitre s’est ravisé au dernier instant et a fait mine de replacer son chandail en se grattant l’épaule. Assurément, il savait qu’il venait de commettre une erreur.

«Quand tu reviens dans le vestiaire après une situation comme celle-là, il n’y a pas un mot qui se dit. Tout le monde est songeur. Tu refais le fil des événements dans ta tête. Tu as 20 minutes pour retrouver ta concentration. Chaque fois, c’est ta job, ta carrière qui est en jeu.»

Quatre fois depuis le début de sa carrière, O’Rourke a officié en finale, dont l’an passé, dans la bulle d’Edmonton. Lee, de son côté, ne s’est jamais rendu à cette étape. Cela risque de ne toujours pas être le cas cette année.

GESTES IMPUNIS ENTRE LE CH ET VEGAS  

Match #2 

  • Aucune punition pour Vegas. 
  • William Karlsson a propulsé Joel Edmundson face première dans la baie vitrée. 
  • Corey Perry s’est fait malmener par Ryan Reaves et William Carrier pendant qu’il était couché sur la rondelle. Eric Staal a dit sa façon de penser aux arbitres. 
  • Joel Armia a frappé Alec Martinez de dos près de la rampe. 
  • «Ils ont été clean. Très clean», a lancé l’entraîneur-chef du Canadien, Dominique Ducharme.  

Match #3 

  • Un croc-en-jambe de Corey Perry sur Alec Martinez. 
  • Artturi Lehkonen est frappé de dos par Brayden McNabb. 
  • Coup de bâton de Jonathan Marchessault au visage de Corey Perry.  

Match #4 

  • Double échec de Joel Edmundson dans le dos de William Carrier. 
  • Coup de poing de Brayden McNabb à Nick Suzuki. 
  • Obstruction de Mark Stone sur Phillip Danault. 
  • Dispute entre Shea Weber et Tomas Nosek (on finit par les punir après une mise en échec par-derrière, un coup de poing derrière la tête, quelques coups de bâton et des taloches). 
  • Alex Tuch a renversé Phillip Danault.  

CES DEUX OFFICIELS EN BREF (EN DATE DU 1ER FÉVRIER 2021)  

Dan O’Rourke 

  • 1er match : 2 octobre 1999 
  • Saison régulière : 1085 matchs 
  • Séries éliminatoires : 148 matchs 
  • Finales : 2011, 2012, 2016, 2020  

Chris Lee 

  • 1er match : 2 avril 2001 
  • Saison régulière : 1179 matchs 
  • Séries éliminatoires : 86 matchs 
  • Finale : Aucune