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Golf

Hadwin démarre en force

François-David Rouleau

Publié | Mis à jour

Adam Hadwin a choisi le bon moment pour sortir rapidement des blocs à l’Omnium des États-Unis, jeudi. Il s’est offert l’un de ses meilleurs scores en carrière à ce championnat majeur, ce qui lui a permis de percer le top 15 à l’issue de la première ronde.

Le Canadien de 33 ans a signé une carte de 70 (-1) sur le South Course de Torrey Pines, en banlieue de San Diego.

À une occasion à ses cinq participations précédentes au US Open, il avait fait mieux. C’était en 2017 à Erin Hills alors qu’il avait démarré le tournoi avec un 68 (-4).

Cette fois, il a profité des bonnes conditions climatiques après un départ retardé de 90 minutes en matinée en raison du brouillard. Le parcours plus tendre lui a permis de plonger sous la normale en saisissant ses opportunités. Le vent s’est ensuite levé par une journée ensoleillée.

«C’est vraiment un énorme bonus d’amorcer le tournoi ainsi. C’est une semaine si difficile, car il faut travailler d’arrache-pied durant quatre rondes. C’est un avantage de me retrouver dans cette position dès la première journée, car elle me permet de bâtir une certaine cadence en prévision des prochains jours», a expliqué l’auteur de trois oiselets et deux bogueys.

Précis, mais moins puissant des tertres, Hadwin s’est surtout démarqué par la qualité de ses coups de fer précis sur ses cibles et son jeu court. Ses 27 roulés lui ont permis de gagner de précieux coups sur ses adversaires.

Bonnes conditions

«Je suis confortable sur la côte ouest avec les surfaces des verts en “poa annua”. Je parviens à bien lire les ondulations et discerner les lignes de roulés. Et je suis resté patient toute la journée. Il faut traiter chaque trou et chaque coup comme il se doit.»

Selon le Canadien, l’herbe longue est moins pénalisante qu’il ne s’y attendait, car elle est plus sèche. Elle est donc plus facile à trancher. Ayant raté cinq des 14 allées, il estime avoir joué de chance à quelques reprises alors que sa balle était en bonne position.

Ses compatriotes ont toutefois connu plus de difficultés. Mackenzie Hughes a signé une carte de 73 (+2) tandis que Corey Conners et Taylor Pendrith en ont ramené une de 75 (+4).

Koepka encore dans le portrait

Double vainqueur de l’Omnium des États-Unis en 2017 et 2018, Brooks Koepka a aussi entamé du bon pied cette édition.

Toujours dangereux en tournois du Grand Chelem, le gaillard figure dans le haut du tableau principal avec un premier score de 69 (-2). Deux bogueys sur son retour l’ont fait reculer au classement.

«C’est impossible de gagner ce tournoi le jeudi, mais tu peux certainement le perdre. J’ai bien fait sur les verts, mais je dois revoir mes coups de départ sur de mon retour à savoir s’il s’agit de mon élan, de mon alignement ou de ma position de balle. Au moins, les fois où j’ai raté les allées, j’étais du bon côté selon l’emplacement du fanion.»

«Ce n’est pas ma meilleure performance initiale, mais je la prends volontiers, car je ne suis pas le plus confortable sur les surfaces des verts en “poa annua”. J’étais en confiance et j’ai réussi à exécuter les roulés sur les bonnes lignes. C’est positif.»

Henley au sommet

Au moment d’écrire ces lignes, Russell Henley trônait au sommet du classement par un seul coup en vertu d’une ronde de 67 (-4). L’Américain de 32 ans était pourchassé par plusieurs gros canons, dont Rory McIlroy, Jon Rahm et Louis Oosthuizen qui n’étaient toujours pas rentrés au pavillon.

La dernière fois qu'il avait mis les pieds à Torrey Pines, Henley avait mal paru avec une carte de 79 et 71 lors de l’Omnium Farmers Insurance... en 2014!

«C’est franchement difficile, mais j’ai confiance en mon jeu. Les allées sont plus fermes, ce qui me permet d'attaquer les fanions avec des fers plus courts. Il faut que je continue. C’est de bon augure, car je suis confortable. Je dois aligner quatre bonnes rondes, ce que j’ai rarement fait au US Open», a souhaité celui disant jouer le meilleur golf de sa carrière depuis près d’un an. Il se dit plus constant.

À ses 18 départs cette saison, il a terminé dans le top 10 à quatre occasions. Auteur de trois victoires sur le circuit de la PGA, il en cherche une depuis l’Omnium Shell de Houston en 2017.

À sa première présence au US Open à Pebble Beach en 2010, il avait remporté l’honneur du meilleur amateur avec un pointage identique à celui de Scott Langley. Il avait alors pris le 16e rang, sa meilleure performance à ce championnat.

Wolff réussit son retour

Matthew Wolff a choisi son moment pour effectuer un retour après des moments difficiles depuis février.

Le jeune Américain de 22 ans avait déclaré forfait au Championnat de la PGA d’Amérique à la fin mai. Au Tournoi des Maîtres à Augusta, il avait été disqualifié pour avoir signé une mauvaise carte de pointage.

Bref, Wolff ne s’amusait plus sur les parcours depuis un bon bout de temps. Son attitude le démontrait clairement d’ailleurs. En lever de rideau de l’Omnium des États-Unis jeudi, celui qui n’avait pas joué en tournoi depuis la Classique Zurich à la fin avril a ramené un score de 70 (-1). Ayant trôné au sommet du tableau pendant une partie de la journée, il a chuté en inscrivant un double boguey à son 16e fanion.

Il faut dire que celui qui avait pris le second rang du US Open à Winged Foot avait démarré sur les chapeaux de roue avec trois moineaux à ses quatre premiers trous. Il en a amassé huit durant sa folle ronde initiale aussi ponctuée de deux doubles bogueys et trois bogueys.

«Il y a beaucoup de bon et beaucoup de moins bon dans cette ronde. J’ai bien amorcé ma journée. Mais c’est le US Open, il faut accepter de trébucher. Je serais très surpris de voir un golfeur ne commettre aucun double boguey en 72 trous dans ces conditions. J’ai mieux géré les émotions que je le faisais par le passé.»

Un gros test

Bien que l’Omnium américain soit un grand défi pour effectuer un retour au jeu après avoir traversé des moments sombres, Wolff estime que le temps était venu de renouer avec l’action. «Ce parcours épouse bien mon style de jeu. Ce tournoi est le plus gros test de notre sport. Contrairement à certains, je ne crois pas que je pars avec un désavantage. J’essaie de m’amuser et de prendre soin de moi.»