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Formule E

F1 et FE: un monde de différences

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La tenue d’une première course de Formule électrique sur le même circuit que le Grand Prix de Formule 1 de Monaco a permis une première comparaison directe et les amateurs ont pu constater qu’il s’agissait de deux séries avec des philosophies diamétralement opposées.

D’abord, c’est la différence de vitesse qui retenait l’attention. À ce niveau, la F1 n’a pas déçu. Charles Leclerc a signé le temps le plus rapide en qualification en 1 min 10,346 s, tandis que Robin Frijn avait obtenu la position de tête avec un chrono de 1:31,638, deux semaines plus tôt. La différence entre les meilleurs temps en course était également d’un peu plus de 20 secondes.

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Au niveau du spectacle en piste, toutefois, la FE a eu le dessus haut la main. Le site officiel de la série électrique dénombrait près de 150 changements de position, dont 28 impliquant les six premiers pilotes au classement de la course. En F1, il y a eu moins de 10 dépassements et très peu d’occasions ou de tentatives infructueuses.

«Pour moi personnellement, ce qui est important, c’est le spectacle que tu vas avoir en piste, a d’ailleurs fait valoir Bertrand Godin, analyste des épreuves de FE sur les ondes de TVA Sports. Que la F1 soit plus rapide, il n’y avait aucun doute là-dessus. Cependant, la FE a des règles qu’elle s’est imposées que la F1 n’a pas.»

Disciplines incomparables

De multiples enjeux expliquent en effet le monde de différences entre les deux courses de monoplaces. Les voitures de F1 sont plus puissantes et misent sur une adhérence bien plus grande avec les pneus lisses, tandis que celles de FE sont plus proches du pneu conventionnel chaussé par les voitures de série. Ainsi s’explique principalement la différence de vitesse.

Les pneus de Pirelli, en F1, collent toutefois tellement à la piste qu’il devient presque difficile de faire des erreurs. Le spectacle en est ainsi affecté.

«Je trouve ça intéressant, des pneus beaucoup moins collants [en FE], a d’ailleurs lancé Godin. Je l’ai toujours dit: la course automobile devrait être un minimum d’adhérence pour un maximum de puissance. Ça devient un jeu d’erreurs, carrément. Et c’est là où ce sport prend tout son sens.»

Il n’y a pas que les gommes qui font la différence toutefois. Les monoplaces de F1 sont plus imposantes et plus sensibles à la traînée aérodynamique, ce qui complique énormément le travail des pilotes qui souhaitent doubler un adversaire sur une piste aussi étroite et bordée de rail de métal.

De l’autre côté, les voitures de FE sont beaucoup plus standardisées, donc plus proches en performances. Elles nécessitent une gestion de l’énergie constante qui met à l’épreuve la concentration des pilotes.

«Ce qui a fait en sorte que ça soit paritaire, c’est qu’il y a eu tellement de bagarres, de situations de course et d’erreurs de pilotage, a analysé Godin. Parfois, les pilotes sont à l’extrême, non seulement dans la gestion de l’énergie, mais à pousser la voiture aux moments opportuns. Ça donne qu’un pilote gagne, et la course d’après, il fait une gaffe.»

Une fois pour toutes

Faisant écho aux propos du champion en titre Antonio da Costa, qui avait dit avant l’épreuve monégasque que les deux séries ne pouvaient pas être comparées en raison de leur nature bien différente, Godin souhaite lui aussi écarter ce jeu de comparaisons.

«C’est aussi ridicule que de comparer le piano et le violon! Je n’aime pas comparer les deux parce qu’on ne peut pas le faire», a-t-il statué.

Il espère malgré tout que la qualité du spectacle dans la principauté a permis à certains amateurs de courses de changer leur opinion sur la FE.

«Si on regarde l’équité en FE, c’est proche les uns des autres. On a le meilleur des deux mondes. Je trouve ça un peu dommage de voir, parfois, des commentaires quasiment haineux sur la FE. On dirait que certaines personnes aiment la détester.»

«Et ceux qui sont ouverts et qui regardent, ils se disent: "mais quel spectacle!"»

Les deux courses de l’ePrix de Puebla, au Mexique, seront présentées sur les ondes de TVA Sports, samedi et dimanche.