Canadiens de Montréal

La réussite du plan Bergevin!

La réussite du plan Bergevin!

Jean-Charles Lajoie

Publié 09 juin
Mis à jour 09 juin

Il y a une semaine, je terminais cette chronique en écrivant : «Ça recommence à Winnipeg ce soir. J’ai hâte.» C’était le 2 juin. Nous sommes le 9 du même mois et c’est terminé pour les Jets. T-E-R-M-I-N-É depuis le 7, de surcroît. Ça aura pris six jours au CH pour en gagner quatre sans jamais tirer de l’arrière. Destination : le carré d’as !

En début de saison, plusieurs observateurs reconnaissaient au CH de belles qualités et voyaient en lui de grandes ambitions. Marc Bergevin aussi. Le DG était toutefois BIEN seul à croire à sa recette en fin de campagne. Et pourtant...

Ce parcours que l’on n’attendait plus s’explique par de multiples facteurs. Évidemment, la clé de la réussite d’un plan se trouve devant le filet. Carey Price est dans la tête de ses adversaires. Suis certain qu’il est même déjà dans celle de Vegas et du Colorado.

Bergevin a vu comment un gardien au passé ordinaire a pu devenir extraordinaire, et accessoirement millionnaire, en 2019 à St. Louis. Jordan Binnington avait devant lui un mur défensif qui empêchait toute incursion dans son demi-cercle de travail. Les tirs bloqués étaient légion. Les attaquants adverses savaient que le prix à payer pour marquer un but allait être aussi onéreux qu’un 2x4 de bois d’œuvre... 

Cette défensive ressemblait beaucoup à celle du CH de 2021. Le corollaire évident étant Joel Edmundson, qui est aussi utile à Montréal ce printemps qu’il l’était aux Blues il y a deux ans. Il y avait possiblement plus de qualité dans la profondeur de la défense de St. Louis en 2019, mais peut-on vraiment mettre dans la même phrase Binnington et Price ? 

Diversifiée et divertissante

L’attaque montréalaise, unidimensionnelle en saison, est diversifiée et divertissante en séries. Les buts proviennent des quatre unités. Ils se relaient pour faire scintiller la lumière rouge. Ils se challengent les uns les autres, se tirent vers le haut.

Le Canadien est un beau troupeau. Un troupeau bien mené par des bergers expérimentés. Corey Perry et Eric Staal ont manifestement pris le volant. Leur discours trouve toute sa force dans leurs actions concertées sur la glace. Ces deux gars-là sont en mission. Et l’homme-montagne aime ça. Pour cause. Shea Weber va disputer un premier carré d’as en carrière dans la Ligue nationale. 

Ensemble

Le succès du Canadien est d’abord celui d’une chaîne humaine déterminée à réussir. 

Geoff Molson a délié les cordons de la bourse alors que ses acolytes du bureau des gouverneurs se montraient avares de dépenses salariales. 

Marc Bergevin a sciemment utilisé les fonds autorisés. Il a au passage réglé un vieux dossier, remplacé le coach qui, selon moi, n’a jamais vraiment été le sien. Différends idéologiques profonds. 

Dominique Ducharme a accepté la galère. Il a sauté de l’avion conscient que le parachute menaçait de ne pas s’ouvrir.

Ensemble. C’est ensemble que la colonne de pouvoir du CH a travaillé. C’est ensemble que les joueurs se sont ralliés. La suite sera difficile, mais exaltante. Et si les doigts de Jeff Petry coopèrent, que la tête du jeune Jake Evans se tient sans douleurs, que d’autres blessures importantes sont évitées... Rien n’est acquis, c’est vrai, mais c’est désormais vrai dans les deux sens !