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Euro 2020

Zinchenko, modèle de persévérance et star en Ukraine

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Oleksandr Zinchenko sera à 24 ans l'atout-maître de l'Ukraine lors de l'Euro (11 juin-11 juillet) après avoir été contraint à l'exil par la guerre et s'être imposé à Manchester City, où il est arrivé sur la pointe de pieds.

Son avenir était tout tracé: formé au Shaktar Donetsk, Zinchenko devait intégrer l'équipe première du meilleur club ukrainien depuis le début des années 2000, vainqueur de la dernière Coupe de l'UEFA de l'histoire, en 2009.

Mais la guerre dans le Dombass força ses parents à fuir en Russie. Après plus d'un an sans jouer, il trouva un point de chute à Oufa, club de bas de tableau du championnat russe.

« C'était très dangereux en Ukraine, c'est pourquoi mes parents ont décidé de partir et tous les jours, je m'entraînais tout seul dans les rues de Moscou », avait-il expliqué au quotidien britannique The Guardian en 2018.

La chance lui sourit enfin lorsque Manchester City le recrute en 2016.

« Tant que je n'avais pas serré la main de "Pep" (Guardiola, l'entraîneur de Manchester City, NDLR), je ne pouvais croire que c'était la vie réelle », a raconté récemment le natif de Radomychl (ouest de Kiev) sur le site internet de son club.

« Le terrain d'entraînement, l'état d'esprit... J'étais genre +C'est l'endroit où je dois être, c'est l'endroit pour s'améliorer+ ».

Prêt aux Pays-Bas

Mais avant de s'imposer à City, il a dû repartir, pour les Pays-Bas où il a été prêté au PSV Eindhoven (2016-17), puis s'adapter aux exigences de Guardiola depuis son retour en Angleterre en 2017.

Après deux saisons marquées par des blessures et une opération à un genou, ce blondinet aux faux airs de Kevin de Bruyne a pris l'ascendant cette saison sur le champion du monde français Benjamin Mendy.

Moins percutant mais plus technique que Mendy, Zinchenko rentre mieux dans le plan de jeu mis en place par Guardiola, qui voit un latéral se recentrer au milieu en phase de possession, pour permettre à City d'attaquer à 5.

« Il est toujours concentré (...) Il ne fait pas d'erreurs. Quand vous dites quelque chose, il le comprend immédiatement », salue Guardiola, qui l'a repositionné au poste d'arrière après des débuts comme milieu offensif et en a fait l'un de ses protégés.

« Oleks (Zinchenko) s'est beaucoup battu pour être ici. Un transfert était envisagé et il a dit "Non, je veux être ici". Cela veut dire beaucoup », rappelle son entraîneur qui, comme tout le monde à Manchester City, loue son état d'esprit.

« Image de l'Ukraine »

Zinchenko a appris à partager l'ambition démesurée de son coach, au point d'être un des rares cette saison à avoir parlé ouvertement du quadruplé qu'était en mesure de réaliser City en remportant le Championnat d'Angleterre, la Ligue des champions et les deux Coupes nationales.

Pep Guardiola l'avait repris: « Je suis plus âgé que M. Zinchenko, j'ai plus d'expérience et je ne suis pas d'accord avec lui (...) Ce n'est jamais arrivé et je pense que ça n'arrivera jamais », avait-il asséné. Avec raison puisque Chelsea a ensuite éliminé Manchester City de la Coupe d'Angleterre et battu les Citizens en finale de la Ligue des champions (1-0). 

S'il n'est pas encore titulaire indiscutable à City, Zinchenko est en revanche un joueur clé de l'Ukraine avec ses 38 sélections (5 buts). International à 18 ans, buteur à 19 en battant le record de précocité détenu par le légendaire Andriy Shevchenko, il représente l'avenir de son pays.

Les qualifications pour l'Euro ont permis à quelque jeunes talents comme lui, le milieu de La Gantoise (Belgique) Roman Yaremchuk ou celui de l'Atalanta Bergame, Ruslan Malinovsky, de mûrir. 

« Zinchenko et Malinovsky sont l'image de l'Ukraine. Ils augmentent notre prestige », saluait d'ailleurs Shevchenko, aujourd'hui sélectionneur de l'Ukraine, quelques semaines avant l'Euro.