Crédit : Photo Annie T. Roussel

Canadiens de Montréal

LNH: des scènes horribles à décrire

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Pour la deuxième fois dans le parcours éliminatoire du Canadien de Montréal, le descripteur de TVA Sports Félix Séguin a eu à faire quelque chose dont il a horreur : décrire une scène à glacer le sang, en direct.

À la fin du premier match du Tricolore contre les Jets à Winnipeg, une mise en échec sournoise de Mark Scheifele à l’endroit de Jake Evans a assombri la victoire de 5 à 3 des visiteurs. 

«Je crains tellement d’avoir à décrire un jour, sans le savoir et sans le vouloir, une mort en direct sur la patinoire, a mentionné Séguin, lors du plus récent épisode du balado "Sur la passerelle", jeudi. Je ne veux pas que ça l’arrive et hier [mercredi], il aurait pu se casser le cou, il aurait pu tomber contre la bande.»

Le jeune attaquant de l’organisation montréalaise venait de pousser la rondelle dans une cage déserte et se trouvait dans une position vulnérable quand le patineur des Jets est venu le mettre en échec. Evans a passé de longues minutes sur la patinoire avant d’être sorti sur une civière. Le Canadien a confirmé par la suite qu’il a souffert d’une commotion cérébrale. Cependant, le hockeyeur n’a pas passé la nuit à l’hôpital, lui qui est retourné à l’hôtel avec ses coéquipiers.

«C’est un geste vicieux, disgracieux. Il n’y a aucun doute là-dessus, surtout quand tu revois la séquence, a ajouté Patrick Lalime, qui accompagne le descripteur lors des matchs du CH. Dans sa tête il s’est dit : "je vais terminer ma mise en échec. Je vais frapper quelqu’un qui est dans une position vulnérable" et c’est la façon dont il l’a fait qui rend le geste impardonnable. [...] C’est des gestes que tu ne veux pas voir dans le hockey.»

Lors du premier match de la série contre les Maple Leafs de Toronto, Séguin était aussi à la description du match quand John Tavares, sur un geste purement accidentel, avait reçu le genou de Corey Perry directement au visage. Le capitaine des Leafs était resté de longues minutes sur la patinoire avant d’être transporté à l’extérieur, sur une civière. Tavares a raté le reste de la série contre le Canadien en raison d’une commotion.

Quelle punition à prévoir? 

Au moment d’enregistrer leur épisode, Séguin et Lalime ne connaissaient toujours pas le sort qui allait être réservé à Scheifele par le service de la sécurité des joueurs. Toutefois, les deux hommes étaient en accord sur un point : le circuit Bettman devait sévir sévèrement le geste.

«J’espère que ce sera au moins cinq matchs, mais j’ai quand même une petite inquiétude et c’est ce que je n’aime pas, parce qu’on dit qu’on ne se fie pas à l’historique d’un joueur, a expliqué Lalime. Par contre, si tu regardes les suspensions par le passé, on regarde toujours si c’est un récidiviste. [Si c’est] oui, dans ce cas-là on augmente la charge. Dans le cas de Scheifele, c’est la première fois.»

«J’espère que la Ligue nationale va mettre ses culottes et qu’on va le suspendre pour au moins cinq rencontres, mais il y a une petite voix [dans ma tête] qui est inquiète que ce soit moins que ça. Si c’est ça, la ligue l’échappe.»

«Ça s’appelle le département de sécurité des joueurs, a conclu Séguin. Si tu veux protéger les joueurs, il faut que tu sois sévère.»