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Canadiens de Montréal

Montréal en 6! Si, si, si...

Montréal en 6! Si, si, si...

Jean-Charles Lajoie

Publié 18 mai
Mis à jour 18 mai

Le Canadien va prolonger le purgatoire de l’un des marchés les plus perdants de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH): Toronto! Rien que d’écrire cette première phrase est une petite victoire.

Elle ne voudra plus rien dire si le CH est officiellement en vacances dans 10 jours, mais, d’ici là, elle donne un bel élan à la série.

Vrai que Toronto a remporté 13 coupes Stanley. Mais la dernière conquête date de 1967. Autrement dit, jamais les Maple Leafs n’ont gagné après que la ligue eut compté plus que ses six équipes originales.

En contrepartie, le Canadien a soulevé 10 fois le Saint Graal dans l’ère post-expansion de 1967. Dix fois depuis la dernière conquête des Leafs.

Au fait, seulement pour être bien certain de me faire comprendre, Toronto n’a pas gagné la coupe depuis 53 ans. Pour être encore plus précis, ils ne la gagneront pas pour un 54e printemps de suite cette année.

Pire. La dernière fois que les plongeurs de la 401 ont avancé au deuxième tour des séries éliminatoires, c’était en 2004. Ça fait 17 ans qu’ils n’ont pas gagné une misérable ronde de séries.

Et il faudrait s’«aplaventrir»? Il faudrait ramper sur la glace devant les sacro-saints et tout-puissants Bleus? Il faudrait avoir peur? Merci pour moi.

Question de culture

L’organisation des Feuilles d’érable en mène large. Elle est riche et, ainsi, puissante. La concession est au deuxième rang des valeurs «Forbes» de la LNH, derrière les Rangers de New York et devant le... Canadien.

Mais il lui manque l’essentiel. La culture gagnante. Ce petit quelque chose qui intimide, qui affaiblit tout adversaire qui pose les lames sur la glace du Scotiabank Arena.

Cette sensation de tirer de l’arrière avant que la première rondelle ne tombe confère aux vraies grandes organisations un avantage marqué lorsque les gros tournois commencent.

L’ennui, c’est que le Canadien a pas mal perdu cet avantage indéniable. Mais là n’est pas la question.

Le fait est que les Leafs sont prenables. Ils sont prenables parce que, même avec un trop-plein de talents, ils ne savent toujours pas comment gagner.

C’est sur ce principe que le Canadien doit établir sa confiance. C’est à partir d’une absence de tout complexe que Montréal peut structurer son entreprise de couverture de honte de l’équipe qui baigne dans le fric.

Une première période cruciale

Pour y arriver, il faut survivre et attaquer dès le départ. Si Toronto marque rapidement dans le premier match, jeudi, le CH est dans le gros trouble. Aussi bête et simpliste que ça.

Comme en 2010, Montréal doit gagner la première période. Idéalement avec quelques prouesses de Price.

Rien que ça va semer le doute, va entrer sous les tatouages de Matthews et de Marner... Rien que ça va rappeler à Thornton qu’il n’a toujours pas gagné à 108 ans.

La première période gagnée, on risque fort d’avoir toute une série. Montréal en 6. Et ma prédiction vaudra son pesant d’or ou ne voudra plus rien dire après les 20 premières minutes, jeudi soir.

Je maintiens ma prédiction même si Caufield patine en bleu poudre aux entraînements. Celle-là me pousse dans mes retranchements.