Crédit : Photo d'archives, Pascal Huot

LHJMQ

Prêts pour le nouveau chapitre

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Si le cycle actuel des Remparts de Québec était un livre, on pourrait dire que l’élimination en trois parties face aux Saguenéens de Chicoutimi a mis le point final au chapitre intitulé «Reconstruction et développement». Déjà, Patrick Roy et son équipe ont entamé la rédaction du prochain, dans lequel ils espèrent pouvoir écrire les mots « victoires » et «championnat».

Roy et le président des Diables rouges, Jacques Tanguay, ont dressé le bilan de la dernière saison de l’équipe, hier. Évidemment, la progression des nombreux jeunes joueurs de l’équipe a été au centre de leur message et c’est ce qui mène Roy à croire que les Remparts feront partie des équipes de tête dès l’an prochain, surtout que Québec a clairement mentionné vouloir présenter le prochain tournoi de la Coupe Memorial, en 2022.

«Quand tu as Théo Rochette et Nathan Gaucher comme tes deux premiers centres et avec les ailiers qu’on a, c’est facile de penser qu’on peut viser les grands honneurs», a-t-il mentionné, soulignant entre autres au passage la progression des Evan Nause, James Malatesta, Viljami Marjala et Charle Truchon.

Il est toutefois évident qu’il manque encore quelques pièces au casse-tête. Le départ de Thomas Sigouin laisse un trou béant devant le filet et il semble que les Diables rouges ne confieront pas le poste de gardien no 1 au jeune William Rousseau. Hier, Roy a assuré avoir une transaction conclue avec un homologue qui amènera un autre cerbère à Québec et qui sera confirmée lors de l’ouverture de la période des transactions, au prochain repêchage.

Pas à tout prix

La dernière fois que les Remparts ont accueilli le tournoi de la Coupe Memorial, en 2015, le directeur général de l’époque, Philippe Boucher, avait dû travailler avec une banque de choix au repêchage et d’espoirs dégarnie et n’avait pas eu d’autre choix que de sacrifier ce qu’il en restait afin de mettre en place une équipe compétitive.

Les Diables rouges en ont payé le prix par la suite et l’équipe n’est pas parvenue à terminer plus haut que le huitième rang du classement général de la LHJMQ depuis. Hier, Roy a assuré que ce scénario ne se reproduirait plus. Premièrement parce qu’il possède une banque de choix au repêchage plus garnie qu’en 2015, mais aussi parce qu’il croit qu’il aura une formation capable de faire des ravages également dans deux ans, en 2022-2023.

«Oui, c’est le fun de gagner mais c’est aussi le fun d’être compétitif à chaque année. Jacques [Tanguay] m’a donné un mandat et c’est d’avoir une équipe compétitive année après année. Peut-être va-t-on sacrifier nos choix de première ronde cette année si on peut rentrer des éléments intéressants. Par contre, si ce n’est que pour ajouter un joueur qui ne sera qu’un an à Québec, ce sera plus difficile surtout pour le quatrième choix au total. Si on ne trouve pas ce qu’on cherche, on va repêcher et on va mettre la main sur un très bon jeune joueur.»

Euros et 20 ans

La plupart du temps, les équipes championnes de la LHJMQ comptent sur des vétérans de premier plan et des joueurs européens d’impact.

Aux dires de Patrick Roy, seul l’attaquant finlandais Viljami Marjala a son poste assuré parmi les joueurs cadrant dans ces deux catégories. L’autre «Euro», le défenseur Aapo Siivonen, n’a pas eu l’impact escompté cette saison et Roy a évalué à 50-50 les chances qu’il soit de retour avec l’équipe l’an prochain.

Quant aux joueurs de 20 ans, Gabriel Montreuil et Olivier Pouliot sont les deux seuls joueurs de l’alignement admissibles à occuper l’un des trois postes disponibles chez les Remparts à l’heure actuelle. Mais leur place est loin d’être acquise.

«On va voir quels sont les joueurs disponibles durant la période de transactions et on va prendre des décisions. Au moment où on se parle, Monty et Pouliot seront au camp d’entraînement et on va voir ce qui va se passer par la suite.»

De retour?

Nouveau congédiement dans la LNH, nouvelle rumeur impliquant Patrick Roy. Hier, l’annonce du licenciement de David Quinn par les Rangers de New York a fait ressurgir le nom de l’actuel entraîneur-chef et directeur général des Remparts. Mais ce dernier assure être à 100 % concentré sur la prochaine saison des Diables rouges.

Si le nom de Roy a circulé, c’est notamment en raison du lien qui l’unit au nouveau directeur général des Blue Shirts, Chris Drury, avec qui il a joué et gagné la coupe Stanley dans l’uniforme de l’Avalanche du Colorado.

«C’est flatteur et merci aux médias de mentionner mon nom, a-t-il tout d’abord indiqué. Par contre, tant que je n’ai pas d’appel, je n’ai pas de décision à prendre donc je me concentre sur le club [les Remparts]. De toute façon, vous me voyez aller, je suis très excité par rapport à la saison qui s’en vient. On a beaucoup de travail à faire et on a des munitions pour travailler.»

Les jeunes sous la loupe de Patrick Roy

Nathan Gaucher

«On ne peut pas passer sous silence Nathan Gaucher. C’est incroyable sa progression depuis qu’il est arrivé à Québec. C’est un gars qui joue sur 200 pieds, il a été appelé à jouer un rôle en avantage numérique, en désavantage numérique et à cinq contre cinq, et ce, à seulement 17 ans. En plus, c’est un late, c’est ce qui est le plus épeurant.»

James Malatesta

«La barre était très haute pour James après sa saison de 16 ans et on a tendance à être plus exigeants envers les joueurs qui ont connu une grosse première saison. À partir du moment où les attentes ont diminué à son endroit, ça lui a enlevé de la pression et il a commencé à bien jouer. Quand on l’a jumelé à Nathan Gaucher, ils ont été des joueurs très importants soir après soir.»

Evan Nause

«Plus la saison avançait, plus il jouait avec confiance. C’est un joueur qui occupe une chaise plus offensive que défensive et comme on lui a mentionné, quand il joue un style nord-sud, il est de toute beauté à voir. On essaie le plus possible d’éliminer ses “est-ouest”. Son jeu défensif a aussi progressé même s’il peut encore améliorer certains aspects. En séries, il a vraiment bien joué. À 17 ans, on l’a fait jouer entre 25 et 27 minutes par match, ce qui n’est pas peu dire.»

Viljami Marjala

«Il a une vision extraordinaire. Le dernier joueur que j’ai vu qui avait un sens du jeu comme lui, c’est Nikita Kucherov. Il bouge bien la rondelle et il voit des choses que personne ne voit. C’est une vision sur deux patins.»

«Ça va prendre quelqu’un qui crie plus fort que moi»

Advenant le cas où vous aviez l’intention de parier sur l’identité du prochain joueur américain qui allait se laisser tenter par l’offre des Remparts de Québec en vue de la saison 2021-2022, on vous conseille d’investir votre argent ailleurs.

Questionné sur la possibilité d’attirer des joueurs dont ils ont les droits provenant de l’autre côté de la frontière, Patrick Roy a été catégorique.

«Il n’y en a aucun qui est dans les plans, a-t-il tranché. De toute façon, le territoire qu’on a est complexe et difficile. Je dois faire attention à comment je parle parce que ça appartient à la Ligue canadienne de hockey (LCH) d’améliorer notre territoire et de s’assurer que le territoire des trois ligues soit équitable. Le taux de succès des équipes de la LHJMQ avec les joueurs américains est quasi nul. Il nous est impossible de rivaliser avec les programmes universitaires de la région de Boston et notre seule façon de les attirer, c’est en leur offrant des bourses d’études américaines et c’est très difficile pour les équipes de le faire.»

Ce n’est pas la première fois que Roy critique la division du territoire américain à travers la Ligue canadienne de hockey.

«Éventuellement, ça va prendre quelqu’un qui crie plus haut et plus fort que moi parce qu’il va falloir que ce soit équitable. Quand tu regardes les bassins des régions de New York, Chicago, du Minnesota ou de la Californie, on a un petit problème.»

Les Remparts, tout comme le reste de la LHJMQ, n’ont pas eu la main heureuse avec les joueurs américains dans les dernières années. Le dernier qu’ils sont parvenus à convaincre est le défenseur Braeden Virtue en 2017. Ici, Virtue avec les Olympiques de Gatineau.

Infériorité numérique

Le problème est toutefois complexe puisqu’il faudra convaincre la Ligue de l’Ouest (WHL) ainsi que la Ligue de l’Ontario (OHL) de céder une partie de leur territoire afin d’accommoder la LHJMQ.

À l’heure actuelle, le propriétaire de l’Océanic de Rimouski, Alexandre Tanguay, ainsi que celui des Mooseheads d’Halifax, Bobby Smith, siègent au sein du conseil de la LCH qui, d’ailleurs, s’est réuni hier pour parler de la Coupe Memorial de 2022, entre autres.

«Le dossier du territoire américain est au neutre en ce moment, a révélé Tanguay en sortant de cette rencontre. Je dirais qu’avec la pandémie, il y a d’autres sujets qui étaient davantage prioritaires. Par contre, nous avons notre position et l’OHL et la WHL ont également la leur. J’ai l’intention de ramener le sujet et on devra avoir de bonnes discussions.»

Des joueurs de talent

Parmi les principaux joueurs américains sélectionnés par les Remparts au cours des dernières saisons, on compte notamment l’excellent espoir du prochain repêchage de la LNH Matthew Beniers qui a passé la dernière saison avec le Wolverines de l’Université du Michigan.

Le gardien Drew Commesso, un choix de deuxième ronde des Blackhawks de Chicago en 2020, a lui aussi été repêché par les Remparts lors de la séance de sélection américaine de 2018.