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Alouettes de Montréal

Alouettes: des francophones qui dérangent

Publié | Mis à jour

Un point de presse des Alouettes, qui visait à dresser un bilan du dernier repêchage, a pris une tournure politique, mercredi. Le directeur général Danny Maciocia a été bombardé de questions sur les raisons du nombre important de Québécois francophones au sein de son équipe.

Surpris par ces interrogations, Maciocia a gardé son calme. Toutefois, il a dû avoir l’impression qu’il était l’acteur principal d’une mauvaise comédie.

Mardi soir, les Alouettes ont repêché trois Québécois francophones sur leurs cinq choix. Ils en comptent maintenant un total de 24 sous contrat en plus d’avoir les droits sur cinq autres.

C’est un virage, amorcé depuis 16 mois, qui semble déranger certains commentateurs du milieu de la LCF. Un de ceux-là a sous-entendu mardi que chaque joueur repêché par Maciocia était francophone ou qu’il pouvait s’exprimer en français.

«Je ne veux pas faire de politique, a indiqué Danny Maciocia. Mes choix ou mes décisions n’ont rien à voir avec le fait qu’un joueur parle français.

«Je continue de le dire. Je n’arrive pas à comprendre comment des joueurs comme Sean Thomas Erlington ont eu besoin de quitter leur ville natale pour gagner leur vie ailleurs.

«Si le noyau au Québec est bon, pourquoi ne devrait-on pas garder ces joueurs chez nous? Mercredi et l’an dernier, on a sélectionné de très bons joueurs de football et ils sont capables de s’exprimer en français. Et pas l’inverse.»

Ramener la fierté

Maciocia a également eu droit à des questions sur la philosophie qu’il a adoptée depuis son entrée en poste.

«Je ne tente pas de lancer un message en sélectionnant plus de francophones, a-t-il ajouté. Plusieurs joueurs québécois obtiennent des bourses d’études dans les universités comme Benjamin St-Juste ou Bruno Labelle.

«Il y a plusieurs bons joueurs de football dans notre province. Le Québec est une puissance au Canada. S’il y a un bon joueur de chez nous, on va tenter de retenir ses services.

«Chaque fois qu’un joueur a la chance de jouer pour l’équipe de sa ville, il est animé par un certain sentiment de fierté. Une qualité qu’on voulait ramener au sein de l’organisation.»

Coup de marketing?

Depuis son entrée en poste, Maciocia a tout fait pour retenir le talent québécois à Montréal. Il l’a fait avec les repêchages et le marché des joueurs autonomes.

Il n’a pas reçu de pression de la part de son président Mario Cecchini ou de son propriétaire Gary Stern pour emprunter cette direction. Il ne l’a pas fait non plus pour donner un coup de pouce à la vente de billets.

«Ce qui peut nous aider aux guichets, c’est de gagner des matchs, a souligné Maciocia. Si un joueur de chez nous peut contribuer aux succès de notre équipe et que ça fait vendre plus de billets, tout le monde sera gagnant.»

Ce n’est pas tous les Québécois qui pourront se tailler une place au sein de l’équipe cette année. C’est la réalité du football professionnel. Et la langue parlée des joueurs retranchés ne sera pas un facteur dans le processus décisionnel.

Satisfait des choix

Pour revenir au repêchage, les Alouettes ont sélectionné trois joueurs de ligne offensive, un botteur et un secondeur.

«On a été capables de répondre à certains besoins, a précisé Maciocia. C’était un casse-tête comme je l’avais anticipé.

«Avant le repêchage, on a fait quelques appels pour mettre la main sur un choix de premier tour, mais ça n’a pas débloqué.»

Malgré tout, il est parvenu à repêcher le joueur qu’il voulait en Pier-Olivier Lestage.

«Les Seahawks de Seattle ont des plans pour lui et ils sont contents de l’avoir mis sous contrat. C’est un risque calculé après les conversations que nous avons eues avec eux. Ça vaut la peine d’attendre après un joueur qui pourrait avoir un impact énorme dans la LCF.»