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«C’était assez fou!» - Benjamin St-Juste

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Lorsque le téléphone a sonné tard vendredi soir et qu’à l’autre bout du fil, la voix de l’entraîneur-chef Ron Rivera a résonné, Benjamin St-Juste peinait à y croire. Quelques minutes plus tard, le demi de coin devenait le Québécois repêché au plus haut rang du repêchage de la NFL en 25 ans et du même coup, un fier membre de l’équipe de Washington.

Peu de temps avant de prendre le micro en troisième ronde, au 74e rang, l’organisation est entrée en contact avec St-Juste. Le jeune homme de Rosemère regardait le repêchage en compagnie de la famille de sa copine, en Géorgie, tandis qu’une vingtaine de ses proches se joignaient à lui virtuellement, par le biais d’une visioconférence.

Soudainement, il est devenu le Québécois qui a entendu son nom le plus tôt au repêchage depuis le porteur de ballon Tshimanga Biakabutuka, en première ronde, en 1996.

«C’était assez fou! J’ai répondu à l’appel et c’était coach Rivera au bout du fil. Il m’a dit que dans deux ou trois rangs, ils allaient me choisir. C’était bizarre, je ressentais tellement d’émotions en même temps. J’étais sur un nuage», a confié St-Juste, en matinée samedi, lors d’une entrevue avec les journalistes québécois.

Un beau choc

Humain même s’il a tenté tant bien que mal durant le processus menant au repêchage de s’isoler des projections, St-Juste s’attendait à obtenir sa chance en troisième ronde, mais pas si tôt.

C’est avec le dixième choix du troisième tour, que Washington avait obtenu l’an dernier en échangeant le bloqueur étoile Trent Williams aux 49ers, que le destin de l’ancien du Cégep du Vieux-Montréal a changé.

«Je savais que ça arriverait cette soirée-là, mais le fait que ce soit arrivé aussi vite, je vais m’en rappeler toute ma vie. Je pensais que ça allait se passer avec une autre équipe vers la fin de la troisième ronde et c’est plutôt arrivé avec Washington dans le top 10 de la ronde. Ça faisait un bout que j’avais fait une entrevue avec Washington et j’avais comme oublié un peu. Quand ils m’ont appelé, c’était un choc, un vrai beau moment», a-t-il raconté.

Un rôle à définir

Pour l’instant, il est trop tôt pour envisager quel rôle pourrait tenir St-Juste au sein d’une défensive qui semble en fulgurante progression depuis deux ans. Il a affirmé hier qu’après discussions avec plusieurs recruteurs et avec son entraîneur de position (Chris Harris), il risque d’être déployé à différentes positions sur le terrain.

«Je pense qu’ils ont un plan spécifique pour moi et qu’ils voudront miser sur ma polyvalence. Il est possible que je ne joue pas seulement comme demi de coin. Ils vont peut-être me bouger partout. C’est ce que coach Rivera aime, des joueurs versatiles», a laissé entendre celui qui s’est aussi entraîné comme maraudeur lors de la semaine de Senior Bowl, en janvier.

«Ils ne m’ont pas encore parlé de leurs attentes depuis le repêchage, mais je vais devoir avoir un impact instantané. Ils vont vouloir que je joue immédiatement, donc je serai prêt», assure-t-il.

Un tourbillon

Après l’appel initial avec Ron Rivera, St-Juste n’a pas trop eu le temps de décompresser. En quelques secondes, quelque 1000 notifications faisaient surchauffer son téléphone.

Une conférence de presse virtuelle l’attendait avec les médias de Washington. Le directeur des opérations de l’équipe lui a ensuite parlé pour régler des détails techniques comme ses prochaines dates de déplacement.

Celui qui s’est illustré lors des deux dernières saisons à l’Université du Minnesota prendra la route de Washington quelques jours avant le début du camp des recrues, le 17 mai.

«Après tout ça, j’ai essayé de dormir un peu, mais la nuit a été courte. J’étais pas mal excité!» s’est exclamé St-Juste.

Les retrouvailles familiales devront donc attendre encore. Dans l’euphorie du moment, c’est justement à ses proches que le petit Benjamin devenu grand a fait une place dans sa tête et son cœur.

«Je ne pouvais pas être avec ma famille physiquement à cause des restrictions au Canada. J’ai pensé à tous les sacrifices que mon père a fait pour me mettre dans cette position-là. J’ai pensé à mon frère, qui était super ému parce qu’il a suivi mon cheminement. Il y avait ma mère, qui portait mon chandail du Senior Bowl pour la soirée. Ce sont eux qui ont occupé mes pensées.»