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Canadiens de Montréal

Joël Bouchard : le temps de passer au prochain défi?

Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

S’il se concentre d’abord et avant tout sur son travail au quotidien, l’entraîneur-chef du Rocket de Laval Joël Bouchard ne vit pas non plus dans une grotte. Il est conscient que son nom circule parmi ceux qui pourraient bientôt obtenir un poste derrière le banc d’une équipe dans la Ligue nationale de hockey.

Un texte publié jeudi sur le site web de la LNH mettait justement le Québécois en avant-plan parmi les entraîneurs de la Ligue américaine susceptibles d’être embauchés dans le circuit Bettman.

«Mes amis et mes proches me l’ont envoyé par message texte, je ne l’ai pas lu, mais j’ai vu le titre», a admis Bouchard, lorsque questionné à propos de ce texte, durant un point de presse tenu vendredi.

«Moi, mon but, c’est toujours de me dépasser, a-t-il ensuite affirmé. Je n’ai jamais vraiment reculé devant un défi et si jamais j’étais dans une position où je ne voulais plus de défis, je ne le ferais plus, je lâcherais le hockey. Si je ne suis pas prêt à faire face à un défi, je vais juste arrêter, je vais laisser la place à quelqu’un d’autre.»

En d’autres mots, Joël Bouchard est à l’écoute, mais il ne commettra pas l’impair de dire qu’il vise la LNH à court terme. Et surtout pas qu’il se voit remplacer un jour Dominique Ducharme à la barre du Canadien de Montréal.

«Je veux faire ma job et s’il y a un défi qui se pointe devant moi, je vais le prendre, a-t-il toutefois tranché. Je ne suis pas le genre de gars qui appelle à gauche et à droite pour dire: “hey, est-ce je peux avoir une job?”. Je n’ai jamais fait ça. Je fais ma job et si je suis bon, je vais avoir une job. Et si je ne suis pas bon, je ferai autre chose dans la vie.»

«Une affaire d’équipe»

Pour l’instant, Bouchard se plaît toujours avec le Rocket, qui affiche un dossier de 22-5-2. Devant l’intérêt qu’il suscite personnellement, l’entraîneur tient à souligner le travail de ses joueurs, mais aussi celui de ses adjoints Daniel Jacob et Marco Marciano.

«C’est une affaire d’équipe cette histoire-là, a exprimé l’entraîneur-chef. Je crois en ce que je fais avec le groupe présentement. Comme je l’ai dit dans le passé, je n’ai pas ce côté d’insécurité ou de doutes. Moi, je suis content pour mes chums quand ils ont du succès dans la Ligue nationale, je suis content pour tout le monde.»

Des joueurs du Rocket rappelés?

En attendant de faire lui-même le saut dans la LNH comme entraîneur un jour, Bouchard avance que certains joueurs du Rocket pourraient être rappelés par le CH quand la saison tirera à sa fin pour son club dans la Ligue américaine, le 17 mai.

«Pour l’équipe de la Ligue nationale, habituellement, il y a toujours le groupe qui va venir aider dans les séries éliminatoires, les “black aces”, a-t-il noté. Cette année, il y a quand même l’escouade de réserve en ce moment [avec le CH]. Maintenant, à savoir ce que le Canadien va décider, Marc [Bergevin] et Dominique [Ducharme] vont faire ce qu’ils ont à faire, mais on a quand même eu des gars qui ont eu des bonnes performances cette année.»

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Un trophée sans grande valeur

Sans présentation de séries éliminatoires dans la Ligue américaine de hockey, le Rocket de Laval n’aura pas l’occasion de se battre pour l’obtention de la coupe Calder. On remettra plutôt éventuellement à l’équipe le trophée Frank Mathers en raison de sa domination dans la division canadienne.

«Je n’étais même pas au courant», a avoué l’entraîneur-chef du Rocket Joël Bouchard, à propos de ce trophée.

En cette saison marquée par la COVID-19, Bouchard se console autrement, soit par le fait d’avoir vu bon nombre de ses joueurs progresser au cours de cette campagne écourtée.

«C’est sûr que nous, on se concentre à gagner tous les matchs», a-t-il par ailleurs affirmé, quant aux objectifs de l’équipe d’ici la fin de la saison, avec seulement sept rencontres à disputer.

Parmi les joueurs, l’attaquant Alex Belzile rejoignait les propos de l’entraîneur.

«C’est sûr que c’est décevant de ne pas avoir de séries, mais ce ne sera que partie remise, a-t-il noté, conscient que la Ligue américaine sert davantage au développement des joueurs. De la manière qu’on joue et avec l’équipe qu’on a, il y a un très beau potentiel.»

«Nous sommes tous des joueurs de hockey et on veut tous performer à notre maximum, a ajouté Belzile. Même si cette année, il n’y avait pas de partisans et qu’il n’y a pas de séries, ça reste qu’on a tous quelque chose à gagner à bien paraître.»