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Plaidoyer pour la fin du statut de joueur exceptionnel

Publié | Mis à jour

Devrait-on éliminer le statut de joueur exceptionnel qui permet à un hockeyeur d’évoluer à 15 ans dans le junior majeur canadien? 

Dans la foulée d’une conversation téléphonique avec Sean Day, le journaliste de TVA Sports Nicolas Cloutier en est venu à la conclusion qu’il faut bannir ce privilège. 

Censé devenir le prochain grand défenseur, Day avait 14 ans lorsque son agent lui a conseillé de devenir un joueur exceptionnel dans la Ligue junior de l’Ontario (OHL). Il constate aujourd’hui que cela lui a occasionné beaucoup de pression inutile

«Le statut de joueur exceptionnel, est-ce qu’on en a vraiment besoin, au péril de la santé mentale de nos jeunes? s’est interrogé Nicolas Cloutier. Parce qu’au final, ç'a apporté quoi à Sean Day? Avec le recul, il aurait voulu avoir le parcours normal. 

«Ce n’est pas parce que ça fonctionne pour Connor Bedard [que ça va fonctionner pour tout le monde].»

Bedard compose effectivement très bien avec la pression du statut d’exceptionnel. Dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL), l’attaquant de 15 ans est sensationnel jusqu’ici avec une récolte de 28 points en 15 matchs. Or, n’est pas Bedard ou Connor McDavid qui veut. 

«Je concède que ça peut sourire à un jeune joueur, mais est-ce que le risque en vaut la chandelle?», a soulevé Cloutier.

Nuance importante : il n’est pas question de trouver un coupable, qu’il s’agisse des agents, des commissaires ou des bonzes de Hockey Canada. 

«Je ne veux pas montrer du doigt qui que ce soit parce qu’il n’y a personne de malintentionné, même si j’aimerais que M. Courteau et les autorités de Hockey Canada remettent en question la pertinence du statut», a précisé le journaliste. 

L’animateur Jean-Charles Lajoie, lui, a sourcillé en réalisant que Sean Day a été repêché au 81e rang au total, au 3e tour, par les Rangers de New York. 

«Le terme exceptionnel devient puéril, il est galvaudé inutilement, a-t-il fait remarquer. C’est là où il faut faire attention. Mais j’ai l’impression que, plutôt de faire attention, on appuie sur l’accélérateur. On cherche le prochain Bon Dieu du hockey. Alors il y a une prise de conscience à avoir chez nos décideurs.»

«Pourquoi ce statut au final? a renchéri Nicolas Cloutier. Si on regarde le calcul bénéfices/inconvénients, penses-tu que Connor McDavid ne serait pas un joueur d’élite dans la Ligue nationale de hockey s’il n’avait pas obtenu le statut de joueur exceptionnel? Un exceptionnel va faire son chemin.»

Et si un Québécois dans la LHJMQ vivait une histoire semblable à celle de Day? Le scénario préoccupe notre intervenant. 

«Le risque de perdre un gars comme Sean Day [qui a toutefois fini par se ressaisir] ou un petit Québécois devrait être considéré au-delà de la possibilité de mousser la plus grande vedette, de mousser un joueur exceptionnel, a fait valoir Cloutier. Si on fait le calcul et on prend tous les facteurs en considération, je pense que la décision est évidente. Laissons un gamin s’amuser à jouer au hockey à 15 ans dans un contexte moins compétitif, il n’y a pas de scandale là!» 

Voyez la discussion complète dans la vidéo ci-dessus.