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«J'avais le goût de brailler avant chaque match» -Maxim Lapierre

Agence QMI

2021-04-17T11:53:01Z

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Maxim Lapierre ne s’est jamais habitué à porter les couleurs du Canadien de Montréal, remerciant Maurice Richard chaque jour de match avant de sauter sur la patinoire.

Le Québécois a disputé 293 parties en carrière avec le Tricolore, dont une bonne partie au Centre Bell. Mais la fierté de porter l’uniforme bleu, blanc et rouge ne s’est jamais estompée, si bien que les émotions étaient toujours bien présentes lorsque les portes du vestiaire s’ouvraient quelques instants avant la mise au jeu initiale. 

«Quand tu ouvres les portes, tu entends la foule, tu entends la musique. Tu te sens un peu comme un gladiateur; le spectacle s’en vient et c’est quelque chose de gros», s’est remémoré Lapierre lors d’une entrevue avec le balado «La dose de plus» produit par TVA Sports.

Lapierre a travaillé fort pour faire sa place dans la Ligue nationale de hockey (LNH), étant bien évidemment aidé par un talent au-dessus de la moyenne du commun des mortels. Il a toutefois révélé, pendant cette entrevue, qu’il a en quelque sorte été frappé du syndrome de l’imposteur.

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«J’ai toujours eu l’impression que j’avais gagné un concours. Chaque match venait me chercher profondément, comme si c’était garanti que c’était le dernier.»

Un devoir 

Reconnu pour son travail acharné et ses efforts constants, Lapierre n’aurait jamais été capable d’en faire moins. Le devoir avec lequel venait le droit de porter la Sainte-Flanelle était trop grand. Il est d’ailleurs immensément reconnaissant envers les Québécois, dont Maurice Richard, qui ont pavé la voie avant lui.

«Je vais raconter une anecdote bizarre un peu, mais je le faisais sans farce. Je regardais toujours la photo de Maurice Richard et je lui disais: "merci d’avoir fait ça pour moi et d’avoir ouvert les portes". Ça venait me chercher. Le "feeling" et la passion, d’avoir le goût de brailler, ça me faisait ça à chaque match. Je comprenais la passion et l'histoire du Canadien à ce point-là.» 

«C’est le Canadien de Montréal, tu fais partie de l’histoire même si c’est un match hors-concours. Il y a trop de belles choses qui se sont construites avant. Tu ne peux pas arriver là et faire dans la demi-mesure, ça n’a aucun sens.» 

La Ligue américaine, un passage formateur 

Ayant lui-même grandi dans l’organisation du Canadien de Montréal, Maxim Lapierre estime que le passage dans les ligues mineures avant de faire le saut dans la Ligue nationale de hockey (LNH) offre de nombreux avantages.

À un moment où les avis divergent quant au développement de l’espoir Cole Caufield, qui a amorcé son parcours professionnel avec deux matchs chez le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine (LAH), Lapierre est revenu sur sa propre expérience à l’occasion d’une entrevue au balado «La dose de plus», produit par le réseau TVA Sports.

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Lapierre, repêché au deuxième tour par le Tricolore en 2003, a disputé la saison 2005-2006 – sa première professionnelle – avec les Bulldogs de Hamilton. Il a également disputé un premier match avec le Bleu-Blanc-Rouge cette année-là.

«On faisait des allers-retours à Hamilton, a dit Lapierre. Je pense que c’est bon. On parle souvent des jeunes qui vont dans les ligues mineures. Tu apprends à te découvrir toi-même. Tu n’apprends pas à jouer au hockey; tu apprends à jouer comme un professionnel, à devenir un professionnel à l’extérieur aussi.»

L’année suivante, son emploi du temps était partagé entre le Canadien (46 matchs) et le club-école (37). Chaque rappel et chaque renvoi ont toutefois forgé le joueur qu’il est devenu.

«Honnêtement, quand je regarde en arrière, je trouve ça bien d’avoir fait [mes débuts dans la LNH] au compte-gouttes comme cela. Quand tu es [cédé] dans la LAH, tu es très confiant et tu as un plus gros rôle. Et quand tu remontes, tu es plus confiant parce que tu avais un plus gros rôle dans les mineures. C’est la bonne façon pour éduquer un jeune.»

Un sauveur 

Lapierre a également expliqué que plusieurs vétérans l’avaient très bien accueilli à ses premiers moments avec le Canadien. Il a mentionné Sheldon Souray, Mathieu Dandenault, Francis Bouillon, Steve Bégin et Patrice Brisebois parmi ceux qui lui ont permis de se sentir à l’aise et de gravir les échelons.

En 2006-2007, il a toutefois terminé la saison dans la LAH, puisque le CH ne s’est pas qualifié pour les éliminatoires. Les insuccès du grand club lui ont ainsi donné une opportunité en or: celle de remporter la coupe Calder avec les Bulldogs.

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«On a eu un sauveur qui est arrivé en séries, un dénommé Carey Price, a rigolé Lapierre. Moi, j’étais un jeune joueur, mais je regardais les vétérans autour dire : "voyons qu’il arrive du junior et que c’est notre gardien partant. Le gars devrait peut-être faire ses classes". Le discours a changé après le premier match!»

Marcel Cretain, Winnipeg Sun
Marcel Cretain, Winnipeg Sun

Lapierre a ainsi eu l’occasion de forger des liens solides avec Price, qui a longtemps été son voisin dans les vestiaires des Bulldogs et du Canadien. Ainsi, il a tenu à mettre les choses au point à propos de l’homme masqué.

«Je l’ai défendu beaucoup cette année quand ça allait mal et que les gens disaient qu’il ne voulait plus être à Montréal. Moi, je sais que c’est le contraire. Il a eu l’opportunité de partir souvent. Si ça ne lui tentait plus, on s’entend qu’il monterait et qu’il dirait: "je ne veux plus jouer ici". Mais il est très attaché à l’organisation.»

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