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F1

La santé publique recommande d’annuler le Grand Prix

Publié | Mis à jour

Si la pluie parfois forte n’a pas empêché une poignée de cyclistes téméraires de parcourir le circuit Gilles-Villeneuve, le site du Grand Prix du Canada avait les allures d’une île déserte lors de la visite de notre photographe jeudi matin.

En temps normal, peu importe les caprices de la météo, l’endroit aurait pris les allures d’une véritable fourmilière à moins de deux mois de l’événement touristique le plus important au pays.

 

Mais, pour une deuxième année consécutive, le cirque de la Formule 1 n’effectuera pas sa halte habituelle à Montréal.

Des préparatifs, il n’y en aura pas. Les amateurs de F1 ne viendront pas célébrer le début de l’été à Montréal. La faute évidemment à la pandémie.

Une formalité

La tenue du Grand Prix du Canada, prévue du 11 au 13 juin, est compromise depuis des semaines. En fait, il ne restait qu’à savoir à quel moment exactement son annulation allait être confirmée. Or, si cette annonce tarde toujours à venir, ce n’est qu’une formalité.

Elle aura lieu vendredi ou, au plus tard, au début de la semaine prochaine.

Course au scoop

Récit d’une journée folle.

Radio-Canada annonce en grande pompe, en fin de matinée jeudi, que le Grand Prix est annulé. Cette manchette, reprise par tous ces concurrents, est basée sur un avis défavorable de la Santé publique de Montréal.

En réponse à notre premier message, le promoteur François Dumontier nous informe qu’il n’est pas au courant de la nouvelle et qu’il est prématuré, non sans raison, d’avancer que la course n’aura pas lieu à la date prévue.

Radio-Canada n’a eu d’autre choix que de modifier le titre et le contenu de son texte en cours de route.

La Santé publique de Montréal n’a effectivement pas recommandé la tenue du Grand Prix sur son territoire, mais il ne fallait pas interpréter cette position comme une annulation. Du moins, pas au moment présent.

Dans ce dossier chaud et épineux, les divers paliers de gouvernements et leur Santé publique respective sont d’accord sur le fait que l’événement ne devrait pas avoir lieu, même à huis clos et en respectant des règles sanitaires très strictes.

On se lance la balle

On a toutefois cette impression qu’aucun ne veut être tenu responsable de la perte du Grand Prix. Chacun se renvoie la balle.

Que la course ne soit pas présentée cette année est une chose. Que l’avenir du Grand Prix du Canada soit assuré jusqu’en 2029, comme le stipule le contrat, en est une autre.

Or, selon nos sources, il n’y a aucune inquiétude à avoir sur la pérennité de la compétition au-delà de 2021.

De quoi rassurer François Legault et ses ministres Pierre Fitzgibbon, à l’Économie, et Caroline Proulx, au Tourisme, qui n’ont pas caché leur préoccupation si l’escale annuelle de la F1 n’avait pas lieu à Montréal pour une deuxième année consécutive.

«On veut garder le Grand Prix, a relaté Fitzgibbon. Nous sommes en discussion présentement avec les autorités de la F1 en Europe. Ce que je peux dire, c’est que le désir du gouvernement est de maintenir le GP. Les retombées sont importantes pour le Québec.»

Pas de dédommagement

Quand la Santé publique canadienne annoncera sous peu ses intentions d’empêcher la présentation du Grand Prix cette année, puisque la décision finale lui revient, la F1 acceptera ce verdict et ne pénalisera pas Montréal pour les années suivantes.

Elle n’exigera pas un dédommagement si on évoque la pandémie comme raison logique. La question financière doit être évitée.

L’entreprise américaine Liberty Media, propriétaire de la F1, doit aussi reconnaître que c’est un non-sens de permettre le déplacement de quelque 1300 intervenants de la F1 (incluant pilotes, équipiers et officiels) de Bakou, en Azerbaïdjan, vers Montréal, en l’espace de moins d’une semaine.

*La deuxième épreuve de la saison de F1 aura lieu dimanche au circuit d’Imola, en Italie. Une course qui sera disputée à huis clos.